CHALEUR PERDUE.
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Une grande partie des carbonates calcaires tenusen dissolution dans les eaux par un excès d'acide car-bonique, est précipitée dans l'appareil mémo, au mo-ment où le gaz acide est chassé par réchauffement del'eau, et ces dépôts sont enlevés en boue par le ro-binet L. Quoique tous les sels calcaires ne soient pasentièrement éliminés dans cet appareil, les dépôts qu'onen retire avec des eaux fortement chargées, sont déjàconsidérables et très-importants pour la conservation«des générateurs. Avec quelques eaux de Paris, les dé-pôts sont si abondants dans le tuyau A, qu’il s’estquelquefois bouché et a amené des ruptures graves «lepièces dans la machine, en remplissant le cylindred'eau.
l/appareil donne de très-bons résultats et ne sedérange pas. L'eau y est évidemment très-bien chauf-fée ; seulement il ne faut pas pousser Réchauffementtrop loin, parce que l'on serait exposé à n'avoir plusque de la vapeur au lieu d'eau clans le cylindre, eoqui supprimerait de suite le travail de la pompe ali-mentaire et forcerait à arrêter la machine à vapeurpour pouvoir laisser refroidir l’appareil de chauffaged’eau.
M. Grouvelle indique encore une excellente utili-sation de la vapeur sortant d'une machine à hautepression, c’est de l’employer à chauffer l’eau d’une cir-culation d’eau par une disposition analogue à celle qu’ildonne pour la boulangerie des hôpitaux, par Remploi du système de chauffage par la combinaison de l’eauet de la vapeur, qu’il a employé à la prison Mazas, etqu’il a décrit en détail à l’article chauffage «le cetouvrage. C’est encore là une utile et heureuse appli-cation de cette ingénieuse combinaison.
Avec ce mode d’utilisation de la chaleur, commetoutes les fois qu’une usine emploie de grandesquantités d’eau chaude, on peut tirer parti de toutola chaleur per«lue à la sortie d’une machine à vapeur,tandis que les appareils limités à chauffer l’eau «l'ali-mentation n’en utilisent nécessairement qu’une partie.Ainsi la chaleur de la vapeur d’eau à o atmosphèresest de 650 calories, et par suite, si l’on alimente avecde l’eau à 10°, il faut que le foyer lui communique640 unités de chaleur; cette quantité est réduite à 550,si l’on alimente avec de l’eau à 100°. La limite del'économie que peuvent fournir ces appareils est doncde -JJ- = 16 | pour 100, quand on n’a pas d'autre em-ploi de l’eau chaude.
3 e section. — Eau chaude rejetée à une températureélevée.
Dans certaines industries, dans les teintureries no-tamment, on emploie des quantités considérables d’eauchaude, qu’il faut rejeter quand l’opération est ter-minée. Pendant longtemps on a ainsi laissé perdre desquantités de chaleur très-considérables, et ce n'est quedepuis quelques années que l’on s’est appliqué à lesutiliser.
Lorsqu’il s’agit d’eau pure, comme l’eau de coinlen-sation de machines à vapeur, le meilleur emploi estde 1 appliquer à des opérations pour lesquelles l’eaupure est constamment et partout employée, les bainset les lavoirs notamment. On peut encore faire cir-culer cette eau dans des tuyaux pour établir avec elleun chauffage de l’air par l'eau chaude. M. Grouvelle donne, dans son Guide du Chauffeur, le devis et lesconditions d’établissement d’un pareil chauffage, con-ditions qui sont celles indiquées à l’article chauf-fage, avec cette observation toutefois que, la tempé-rature de Rcau de condensation ne dépassant pas 4U W ,il faudrait doubler pour le moins l’étendue des surfacesmétalliques qui chauffent l'air.
Quand il s’agit de bains de teinture épuisés, d’éva-cuation d’eau saturée des chaudières à vapeur marinespour éviter les incrustations, il faut mettre en contact
CHALEURS SPECIFIQUES.
l’eau chaude expulsée avec l’eau froide destinée autravail ultérieur, de manière toutefois à éviter toutmélange, c’est-à-dire à travers des surfaces métalli-ques. Le mode d’opérer est indiqué à l’article dépla-cement, c’est-à-dire que Rcau chaude doit rencontrerl’eau de plus en plus froide. La disposition la plusnaturelle consiste à faire sortir l'eau chaude par untnvau enveloppé d’un autre de plus grand diamètre,que parcourt l’eau Jroi*^ entrant par l’extrémité op-posée. On peut arriver à un résultat complet en allon-geant les tuyaux, mais ces dispositions causent biensouvent des engorgements nuisibles.
M. Pimont («le Rouen ) a parfaitement résolu le pro-blème en multipliant les surfaces à l’aide «le caissessuccessives métalliques à douille fond et larges passagesdans ses appareils dits caloridores. Nous donnerons idéede l’importance des résultats qu’il obtient en disantqu’ayant établi à ses frais un appareil dans la blan-chisserie de MM. Dolfus, Mieg et (>, à Dernach, prèsMulhouse , à la condition de profiter des économies qu'ilprocurerait pendant trois années, ces messieurs ont euà lui solder une somme de 41,424 fr., correspondant à63,500 litres d'eau chauffée à 98 degrés centigrades,chaque jour de travail, pendant trois ans, sans dépensede combustible.
CHALLl RS SPECIFIQUES. On appelle chaleurspécifique d un corps ou capacité pour la chaleur dece corps, la quantité de chaleur, le nombre de caloriesqu’il faut communiquer au kilogramme de ce corpspour élever sa température de 1°.
La question des chaleurs spécifiques a toujours étéune des plus ardues de la physique. L’existence deplusieurs lois importantes entrevues expérimentale-ment et non expliquées, la nécessité de poser, dansquelques cas, des hypothèses peu justifiées pour ex-pliquer des résultats «1e l'analyse mathématique, fon-dés eux-mêmes sur des principes contestables, ont laitrégner une obscurité regrettable sur cette partie impor-tante de la physique. Je crois être parvenu à la fairedisparaître heureusement, par l’application à cette théo-vie de la notion d’équivalence du travail mécanique etde la chaleur, de leur métamorphose mutuelle lors dela production d’actions moléculaires , en tenant comptedes effets mécaniques produits en même temps que lesphénomènes calorifiques. Ce résultat est un des plusutiles que l’on puisse déduire de la nouvelle théorie,et je vais m’efforcer d’élucider autant que possible,avec son aide, la question des chaleurs spécifiques descorps.
Je passerai successivement en revue les liquides, lussolides, les vapeurs et enfin les gaz.
CHALEURS SPÉCIFIQUES DES LIQUIDES.
Les molécules des liquides pouvant être considérées ,comme n’exerçant pas d’actions mutuelles les unes surles autres, comme cela a lieu pour les solides, les cha-leurs spécifiques des liquides doivent être considéréescomme celles des molécules chimiques mêmes, aucunerésistance ne venant s’opposer aux effets de la chaleuremployée à échauffer les liquides. Aussi, lorsqu’on setient à une distance suffisamment grande du point devaporisation, et qu’il ne s’agit pas de liquides très-vola-tils pour lesquels seuls Reflet dû à la vaporisation quitend à se produire par Réchauffement n’est plus négli-geable, lachaleurspécifiquedes liquides est constante; iln’y a pas production de travail mécanique parla chaleurvenant détruire un travail antérieur ou surmonter unerésistance extérieure. C’est ce que prouve le tableausuivant d’expériences faites avec le plus grand soin parM. Ilegnault, parja méthode des mélanges, c’est-à-direen plongeant le <#rps chauffé à une température déter-minée dans de l'eau à une tempérât ire égalementdéterminée, dont Réchauffement après le mélange estol servé.
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