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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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98 HTAU'.URS SPECIFIQUES.

NOMS

CAPACITÉS

|

DES SUBSTANCES.

de 20à 15°

de 15 à 10°

de i 0 à 5° j

Eau distillée ....Essence de térébent.Dissolution de chlo-

i

0,4072

i

rurc de calcium. .

0,0402

0,0389

0,6423

Alcool ordinaire n° 1

0,6"

0,0001

0,6588

—plus étendu n° 2

0,8018

0,8429

0,8523

—encore plus ét. n ü 3

0,9752

0,9082

0,9770

Acide acétique . . .Acide acétique cris-

0,0089

0,0077

0,6609

tallisahle.

0,4018

0,4099

0,4587

Mercure .

0,0290

0,0283

0,0282

Térébènc.

0,4207

0,4150

0,4154

Essence de citron. .

0,4001

0,4424

0,4489

Pétrolènc.

0,4312

0,4325

0,4321

Benzine.

0,3932

0,3805

0,3999

Chlorure de silicium

0,1904

0,1904

0,1914

—de titane.

Proto-chlorure de

0,1828

0,1802

0,1810

phosphore.

0,1991

0,1987

0,2017

| Sulfure de carbone.

0,2200

0,2183

0,2179

Éther.

0,0157

0,5158

0,5207

Éther oxalique. . .

0,4054

0,4521

0,1029

—iodhydrique . ■ •

0,1009

0,1556

0,1574

—bromhydriquG . .

0,2103

0,2135

0,2164

Esprit de bois. . . .

0,0009

0,5868

0,5901

Chlorure de soufre

0,2038

0,2024

0,2048

Tout porte à croire que la liberté rlu mouvementdes molécules liquides permet à la chaleur d’y pro-duire des mouvements orbitaires emmagasinant unequantité de forces vives croissant avec la température.Nous allons voir comment l’absence d’attractions mo-léculaires est la cause de ce que la chaleur spécifiquedu liquide est plus grande que celle du solide qui lui adonné naissance par sa fusion.

CHALEURS SPÉCIFIQUES DES SOLIDES.

L’écliauffement des solides diffère de celui des li-quides en ce que, outre réchauffement propre à leursmolécules, la chaleur produit un travail mécanique quiles sépare, qui diminue les cohésions moléculaires.C’est là un principe fondamental qu’il importe de faireentrer dans la science.

Au reste, si j’y arrive par des déductions théoriques,M. Régnault y est arrivé d’une manière bien plusindiscutable par la voie expérimentale. Voici ses ex-pressions :

. « La capacité calorifique des corps, dit-il, se com-

pose de leur capacité calorifique proprement dite etde la chaleur que ces corps absorbent à l’état de cha-leur latente en augmentant de volume. Le résultatdonné par l’expérience est donc un résultat complexe,dans lequel, heureusement, la chaleur spécifique do-mine assez pour que la loi élémentaire ne soit pascomplètement voilée. »

Remarquons que cette chaleur latente dont parle iciM. Régnault, que l'on pourrait appeler, dit-il, chaleurlatente de dilatation, n’est pas celle constatée lors de lafusion, mais une partie qui correspond aux écartementsdes molécules et qui est absorbée lors de la dilatation.Sa valeur doit aller en croissant à mesure qu’elle s’ap-proche du point où elle devient, au degré de fusion, lachaleur latente ordinairement considérée, et dont lavaleur est considérable.

Pour voir comment les choses se passent, élevonssur une ligne droite, divisée en degrés, des lignes pro-portionnelles aux chaleurs spécifiques qui corrcspon-

CHÂLKimS SPÉCIFIQUES.

(lent aux diverses températures, et par leurs extrémitéfaisons passer une courbe.

Cette courbe atteindra son maximum pour le point A,correspondant à la température de la fusion du corps,car la chaleur latente n’est, en quelque sorte, que lachaleur spécifique du dernier degré qui correspond à lafusion, et comprend la destruction de la majeure partiedu travail des cohésions moléculaires. Pour les degrésqui le précèdent immédiatement, les chalcui's spécifi-ques sont également très-grandes, car on sait que ladésagrégation du corps ne se fait pas brusquement, qu’ilcommence par se ramollir, devenir pâteux. A causede la continuité évidente de ces effets, il n’est pas dou-teux que la courbe va en s’élevant vers le point A, sansque nous puissions déterminer sa forme, intimementliée à celle de la fonction inconnue qui représente lesvariations de l’attraction moléculaire en raison de ladistance qui sépare les molécules.

L’expérience nous montre que, pour des distancestrès-grandes du point de fusion des corps, la courbe abien l’inclinaison croissante que nous admettons, bienque celle-ci soit très-faible, que la longue branche serapproche beaucoup d’une ligne droite parallèle àl’axe des x. Voici d’abord des résultats obtenus parM. Pouillet pour le platine :

Températures .

Capacités movennes.

100°.

. 0,03350

300°.

. 0,03434

500°.

. 0,03518

700“.

. 0,03602

4000°.

. 0,03728

1200°.

. 0,03818

Voici une autre série d’expériences s’appliquant, àdes corps différents. Elle est duc à Dulong et Rôtit, eta été exécutée, comme la précédente, par la méthodedes mélanges :

N'oins Capacités moyennes Capacités moyennes

des substances. entre fl et 100°. entre 0 el 300°.

Platine. 0,0335 0,0355

Antimoine .... 6,0507 0,0517

Argent. 0,0557 OjCGM

Zinc. 0,0927 0,1015

Cuivre. 0,0940 0,1013

Fer. 0,1098 0,1218

Verre. 0,1770 0,1900 *

Les observations rapportées ci-dessus sont donc biend’accord avec ccs résultats ; toutefois elles sont incom-plètes^ en ce qu’elles ne mènent pas à la mesure desphénomènes qui accompagnent la désagrégation par-tielle du solide, ce qui est possible, au moins pour lamajeure partie, pour les actions moléculaires produi-sant un travail manifesté par les dilatations et dontl’étude des allongements élastiques des corps fournitl’expression, dans les limites considérées ici. On peuttenir compte par suite de la partie de cette chaleur la-tente qui produit un travail mécanique déterminé.

On doit donc considérer la chaleur spécifique d’uncorps solide comme composée de deux parties, l’une aqui est la chaleur spécifique propre à la molécule qui ne

T

se déplace pas d’une quantité finie, l’autre —, T étant

le travail mécanique qui serait nécessaire pour pro-duire le meme écartement des molécules que celui quirépond à un échauffement de 1 e , E l’équivalent mé-

T

canique de la chaleur; cette quantité — de chaleur est

donc celle qui répond à la partie de la chaleur qui pro-duit un effet mécanique et qui disparait par suite, entant que chaleur sensible.

Nous poserons donc, c (haut la chaleur spécifique