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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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CHAPEAUX.

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que nous indique. Toutefois il importerait aux pro-grès (le la science de déterminer, pour quelques gaz,les chaleurs spécifiques à pression constante, pour véri-fier notre manière de raisonner, et celles des gaz liqué-fiés pour prouver ou rectifier la valeur de l'équivalentmécanique de la chaleur, qui entre dans tous les cal-culs. M. Régnault a, dit-on, déjà trouvé valeur égalepour les deux chaleurs spécifiques c et c de Pair.

Conséquences (le cette détermination de la valeur de C.

On peut vérifier l'exactitude (l’une loi capitale etqui devient bien probable pour les composés normauxdont les molécules sont libres dans leurs mouvements :c’est que, pour ceux-ci, la chaleur spécifique est unepropriété physique qui dépend de la nature des molé-cules premières, et que, par suite, la chaleur spécifique(les composés doit se déduire de celles des composants,en partant de celles qui répondent à l’état liquide.

Prenons l’eau pour exemple, nous avons :

(1 Oxy) U,45 X 0,4052 +0,4768(2 HyJ X 6,4346= (1,4o-|-0,1768) oc.

Effectuant le calcul, on trouve x = C = 1,066, aulieu de 1, pour la chaleur spécifique de i’eau, c’est-à-dire une vérification satisfaisante.

On entrevoit donc la possibilité, M’aide des chalbursspécifiques, de distinguer les composés normaux descomposés anormaux, qui ne sauraient se comporter dememe sous l’action de la chaleur, résultat considérabledont nous expliquons le sens et l’immense intérêt pourl’étude d îs corps composés, à l’article production dela chaleur, mais je craindrais, en insistant sur ces con-séquences, d’encourir le reproche de vouloir tropprévoirles faits à l’aide du raisonnement, défaut blâmé biensouvent avec raison par les savants de notre époque,qui tombent peut-être dans le défaut opposé de ne pasutiliser suffisamment les recherches expérimentalespour leur faire produire tout le fruit qu’on en peut re-tirer.

CHAPEAUX. Dans l’article chapeau on a indiquéla révolution qu’allait apporter dans la fabrication deschapeaux une nouvelle machine d’invention améri-caine. L’Exposition de 1855 a permis d’apprécier cetteingénieuse machine, avec laquelle on réduit égalementdans une très-grande proportion la tnain-d’œuvre quisuccède au bastissage. Nous indiquerons ici les prin-cipes sur lesquels elle repose.

La suspension dans l’air est le moyen de séparer lespoils si légers et de les répartir convenablement; nousreprésentons (fig. 3 454) l’arçon, l’outil curieux employéseul jusqu’à ce jour, dont nous avons expliqué le ma-niement.

La machine américaine opère d’une manière sem-blable, seulement ce n’est plus à l’aide d’une cordeà boyau, mais par la ventilation, qui met les poilsen mouvement, qu’elle opère, et cela avec une rapi-dité (peut-être trop grande, car elle entraîne quelquesdéchets de duvets fins) telle, qu’elle donne en trois mi-nutes la galette ou le bastissage à une consistance très-convenable.

Voici en quoi elle consiste : un cône en cuivrerouge, percé de trous serrés et de très-petit diamètre,est mis, par sa base, en communication avec un ori-fice qui se relie lui-même au tube d’appel d’un aspi-rateur à force centrifuge. Le cône, animé d’un mou-vement de rotation assez lent, est placé en regardd’une trémie à section trapézoïdale; le poil est livrésur une toile sans fin qui, tournant autour de deuxensouples, forme un tablier mobile. Après avoir étécomme laminé d’abord, entraîné entre deux brossestournant en sens inverse l’une de l’autre, le poil estintroduit dans le corps de la trémie. Il obéit alors,en sc divisant, à l’appel produit sur la colonne (l’airqui remplit la trémie.

En effet, l’air extérieur appelé par l’action de l’as-pirateur se répand à travers le réseau des vides pra-tiqués sur le cône, et le poil vient sc précipiter surla paroi du cône, contre laquelle il est appliqué éner-giquement, en même temps que ses éléments s'enche-vêtrent mutuellement. Après trois minutes environ,la quantité de poil voulue pour une galette s’est dé-posée sur le cône, avec une épaisseur décroissante dusommet à la base; la régularisation, dans les propor-tions voulues pour obtenir cette épaisseur variée, estfacile à obtenir par la dimension des trous qui livrentpassage à l’air. Une toile imprégnée d’eau chaudeacidulée est jetée ensuite autour de la nappe conique,et après une immersion complète dans l’eau chaudedu cône, muni encore de la galette formée, il devientfacile d’enlever celle-ci afin de la porter au foulage.

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3454.

Pour opérer ce dernier travail mécaniquement, ré-gulièrement et rapidement, M. Laville, habile fabri-cant, a imaginé la machine qui figurait à l’Exposition.Elle repose en principe sur la combinaison d’une pres-sion et d’une friction simultanées , l’une et l'autrepouvant être réglées et variées à volonté. L’appareilou l’organe feutreur se compose de deux rangées derouleaux jointifs et superposés, chaque rouleau del’étage supérieur étant logé dans l’espèce de canal àparois cylindriques convexes,, formé par deux rouleauxcontigus de l’étage inférieur. Tous les rouleaux de cedeuxième étage, de même que ceux de la rangée su-périeure, sont animés d’un double mouvement de ro-tation et de translation longitudinale alternative, lesrouleaux de l’étage supérieur tournant, d’ailleurs, eusens inverse de ceux qui sont au-dessous. On com-prend que les galettes livrées à l’arrière cheminent debarrière à l’avant, soumises entre les deux rangéesde rouleaux à une pression longitudinale, aussi éner-gique qu’on la peut vouloir, et à des efforts de frictionlatérale double et inverse, chacun d’eux s’exerçant surune face de tissu. Une bassine supérieure, remplied’eau acidulée, est munie de robinets disposés pourverser l’eau en lame mince et large, pendant toute ladurée du travail ; une caisse placée au-dessous des rou-leaux et dans laquelle ceux-ci plongeraient au besoin,reçoit le liquide fourni par la bassine supérieure.

Il est à peine besoin de dire que l’eau acidulée,