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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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DÉCORATION CÉRAMIQUE .

très-difficilement pendant la cuisson, à cause de la ca-pillarité qui tend à faire remonter le corps en fusionaux parties les plus élevées du dessin. Les remèdes à cesdéfauts doivent être apportés dans les modèles plutôtque dans les moyens d’exécution. On évite, avec del’adresse et du soin, le désordre que produirait le man-que d’horizontalité dans le four. Enfin, lorsque le fourest établi dans de bonnes conditions, la réduction desoxydes colorants n’a lieu que dans des circonstancesexceptionnelles. La pureté du feu devient l’une despremières causes du succès de cette fabrication.

B. Occupons-nous actuellement des émaux durs pourfonds. Il convient de rapporter à ces sortes de composésun grand nombre de couleurs de grand feu, et nous neserons pas embarrassés de choisir nos exemples; nousciterons seulement les couleurs de Chine et le bleu deSèvres.

houge flammé de Chine . — C’est ici le lieu de faireconnaître le résultat de quelques expériences que j’aifaites à Sèvres pour reproduire le rouge au grand feudes Chinois. L’analyse m’avait donné, pour deux échan-tillons de rouge, l’un uni, l’autre flammé rouge et bleu,les compositions suivantes :

Silice .

Coi

(c>Qlle bien»'.

. *3,90

Flammé

(bien tt roogf).

69,04

Alumine.

. 6,00

4,00

Oxyde de fer.

. 2,10

3,04

Chaux .

. 7,30

12,00

Magnésie.

. traces

traces

Oxyde de cuivre. . .

. 4,60

0,24

Oxyde de cobalt. . . .

. 0,00

1,50

Oxyde de plomb. . . .

. traces

0,70

Oxyde de manganèse .

. traces

2,00

Potasse .

. 3,00

0,60

Soude .

. 3,10

9,40

100,00

Les émaux rouges et bleus analysés ont été soumisà quelques essais. La couverte bleue a conservé sa co-loration au chalumeau dans la flamme oxydante commodans la flamme réductive.

Pour l’émail rouge,

1° Un fragment de vase à couverte rouge a subi latempérature du grand feu des fours de Sèvres . L’émailrouge a présenté diverses altérations en rapport avecsa composition ; il a coulé; il s’est réuni dans les par-ties déclives en gouttes tressaillées ; il a perdu sa cou -leur rouge, totalement à la surface, qui est devenue lé-gèrement verdâtre et opaline, en partie seulement dansl’épaisseur qui est restée ça et la rosée dans tous lespoints que l’épaisseur de la couche avait préservés del’oxydation pendant la cuisson.

La pâte, qui était parfaitement blanche, a pris danstoute la surface exposée pendant la cuisson à l’in-fluence de l’atmosphère du four, une teinte brunâtre très-prononcée due au fer qu’elle contient. Les parties inté-rieures, mises à nu par une nouvelle cassure, avaientconservé leur blancheur primitive.

2P Un fragment du même vase a été cuit au moufleet porté au rouge; après le démouflement, il avait en-core toute sa coloration. Les arêtes s’étaient conservéesbien vives; il n’y avait pas eu de ramollissement aufeu de peinture.

3° L’essai fut répété surlemêfhe tesson, mais cuit à latempérature de l’or mat. Cette température fut suffisantealors pour i amollir un peu l’émail, émousser les bordsde la cassure, mais insuffisante toutefois, pour faireadhérer à la couverte le sable dans lequel le fragmentavait été placé pendant la cuisson. La porcelaine durede Sèvres , dans les mêmes conditions, ne subit aucunemodification, aucun ramollissement.

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On doit donc admettre, d’après l’analyse et les essaisqui précèdent, que la coloration de l’émail en rougedépend de la présence de l'oxydule de cuivre, répandudans la couverte ; que cette couverte cuit à une tem-pérature très-élevée, quoique cependant inférieure àcelle du grand feu de Sèvres , peut-être égale à celledu grand feu des fours chinois; que la fusibilité de cettecouverte est augmentée par la proportion de la chauxdont la quantité varie et dont nous avons constaté l’exis-tence, M. Ebelmen et moi, dans toutes les couvertesdes porcelaines de la Chine . Les tentatives que j’aifaites jusqu’à ce jour pour obtenir cette couleur ontd’ailleurs confirmé les données qui précèdent. J’ai re-produit cette couleur en faisant un mélange de :

Feldspath . 50,00

Craie. 12,00

Oxyde de cuivre. 6,00

Sable d’Aumont. 38,00

100,00

Ce qui correspond à :

Silice. 76,00

Alumine et oxyde de fer. . . . 7,75

Chaux et magnésie. 6,08

Potasse et soude. ........ 3,72

Oxyde de cuivre. 6,00

On est forcé, dans ce dosage, d’exagérer la quantitéd’oxyde de cuivre à cause de sa volatilité dans une at-mosphère réductive. Cet émail est aussi plus dur que lacouverte de Chine ; mais cette condition est indispen-sable pour ne pas s’exposer aux tressaillures ; on doitmême, pour éviter plus facilement ce défaut, com-poser différemment la pâte en la rendant plus fusible,c’est-à-dire en rapprochant sa composition de celle desporcelaines de la Chine . La pâte qui suit donne de bons

résultats :

Pâte de service définie. 80

Feldspath pour couverte. 20

100

La pâte de service définie ne peut convenir pour lespièces à couverte rouge ; les conditions d’enfumage pourdévelopper et maintenir la coloration du cuivre à l’étatd’oxydulc, s’opposent au tirage du four, et la pâte or-dinaire ne cuit que difficilement. Si l’on cherche à larendre transparente, il faut perdre la couleur rouge et,par l’excès du feu, la couverte même durcie commecelle que j’ai donnée, coule et se déplace.

J’ai pu, en rétrécissant simplement la cheminéed’un petit four, obtenir des pièces rouges faites avec lapâte attendrie; la couverte ne tressaille pas, ce qui estrare même sur des pièces de la fabrication chinoise.

Bleu pour porcelaine dure .—Le bleu de Sèvres est en-core un véritable émail qui exige plus de chaleur que lescouleurs que nous venons d’examiner. L’oxyde de co-balt est dissous.

Voici du reste le procédé le plus simple pour l’ob-tenir, c’est celui dont je fais usage dans mon servicede Sèvres . Depuis 1846, j’ai constamment fait cettecoloration avec l’oxyde de cobalt venant de Birmin-gham ; en raison de la pureté de cet oxyde et de sapuissance colorante, il a fallu modifier le dosage an-ciennement accepté. Je prends actuellement :

Oxyde de cobalt. 44

Couverte ou pegmatite.86

100

Le bleu, préparé comme il est dit plus haut, est très-fleuri, bien vitreux et n’a donné que très*rarement cesespèces de taches géodiques cristallisées et rosfrtres queprésentaient assez fréquemment les bleus provenantdes oxydes de cobalt préparés au laboratoire de Sç-