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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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DÉCORATION CÉRAMIQUE .

îuite ou sulfate de baryte, placées au putois ou bien aupinceau, sur la partie qu’il faut réserver, et qui tom-bent d’elles-mêmes par une cuisson convenable. Ces di-vers moyens sont plus expéditifs que le grattage ordi-naire.

On vient de faire récemment une application très-hcurcuse dey la chromolithographie au décor de la por-celaine. Nous ne craignons pas de donnai* inutilement àcet article une longueur démesurée par l’indication desprocédés spéciaux qui ont rendu possible sur poteriel’application de l’impression en couleur. Ces procédéssont à la veille de prendre une extension remarquable.Nous les donnons avec leurs derniers perfectionne-ments, d’après les brevets de MM. Darte , Chanou,Macé, Mangin, etc.

On choisit un papier collé assez résistant pour ne pass’étendre inégalement pendant le travail, ce qui ren-drait impossible toute exactitude dans les reports. On(•tend sur ce papier, au moyen d'une éponge, un muci-lage composé de jus d’ail cuit dans l’eau auquel onajoute son poids de tapioka, d’amidon ou de fécule depomme de terre. Ce mucilage dont on a fait une bouillieclaire est passé dans un linge et conservé dans desbouteilles : il communique au papier la propriété depouvoir se conserver convenablement pour l’impressionpendant plusieurs années. Les fouilles de papier sontséchées complètement par l'exposition à la chaleur del’atelier, suspendues sur des ficelles. Lorsque le papierest sec, on le fait satiner pour resserrer le grain et ren-dre l’impression plus nette.

L’impression se fait au moyen de pierres lithogra-phiques, combinée^ de telle sorte qu’elles rapportentsuccessivement sur la même feuille, au moyen de repè-res, une couleur juxtaposée ou superposée à celle oucelles déjà placées de façon à imiter le travail à lamain, qui procède toujours par juxtaposition ou super-position.

I/cncrage de la pierre se fait au moyen du rouleaude l’imprimeur lithographe. Chaque imprimeur a sonvernis particulier, et le travail est imité de l’impres-sion ordinaire en papier. On se sert de mélanges de ver-nis fort lithographique, de vernis copal et de suif 4smouton, le tout parfaitement mélangé. On peut se ser-vir simplement d'essence grasse de térébenthine.

Lorsque les épreuves ont été tirées au vernis, on pro-cède au saupoudrage de l’épreuve. Cette opération sefait sur le papier, et cette innovation est très-impor-tante ; elle a permis de supprimer le contact de la cou-leur avec la pierre, par conséquent d’en augmenter la 'durée; elle a permis en outre l’application de l’impres-sion polychrome, qui n’était pas possible lorsqu’on sau-poudrait la pièce ou lorsqu’on tirait directement surpapier, en reportant sur la pièce à surfaces courbeschaque firage successif.

Pour saupoudrer, on étend sur le papier imprimé,mais encore frais, la couleur en poudre sèche, soit avecla main, soit avec un blaireau, soit avec un morceau deouate.

Cette même marche est suivie autant de fois qu’on ade pierres qui doivent concourir à la reproduction dusujet ; mais avant de procéder au tirage suivant, on doitlaisser l’épreuve se sécher; on la passe sous le râteaude la presse pour faire contracter une adhérence suffi-sante à l’épreuve déjà fixée; le temps de la dessiccationest variable avec la nature de l’encrage dont on a faitusage.

Que les couleurs apportées par chaque pierre soientsuperposées ou juxtaposées, le rapport doit en être faitavec soin, exactitude, habileté. Le saupoudrage de lacouleur sur le papier, c’est-à-dire sur l’épreuve elle-même, surface unie, régulière, a rendu possible sur po-terie la reproduction chromolithographique. Pour l’obte-nir, ou procède de diverses manières équivalentes, soit

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en piquant L papier avec une aiguille san*s : ptfhftj ecrepérant l’épreuve avec de petits trous réservés dans lapierre, soit en découpant des échancrures qu’on rap-porte sur des traits en croix tracés sur la pierre.

On pratique ce travail aujourd’hui d’une manièrecourante, industrielle, pour la reproduction de sujetspeints qui n’exigent pas moins de douze tirages suc-cessifs. Le nombre des pierres qui forment un dessindonné est variable avec la couleur du sujet et le degréde perfection qu’on veut attcimlro ; quatre ou cinq plan-ches suffiraient pour des fleurs détachées. Trois con-duiraient à des ornements dans le genre de Pompéi .Deux planches permettraient de reproduire des sujetsétrusques.

On conçoit que, pour terminer le travail, il faillefransporter l’épreuve du papier sur la poterie; il estévident qu’un seul transport suffit. L’avantage de htpréparation du papier telle que nous l’avons donné--réside dans la propriété qu’acquièrent les épreuves ti-rées économiquement de pouvoir être conservées long-temps et transportées plus tard suivant les besoins. Làse trouve totit l’avenir de la chromolithographie surporcelaine. Les lithographes ordinaires pourront ven-dre les épreuves tivées, sur papiers préparés, en cou-leurs vitrifiables, et les décorateurs de porcelaine achè •teront ces épreuves pour les transporter, affranchis del'embarras de la presse, qu’ils no peuvent employeravec autant d’économie que les imprimeurs eux-mêmes.

Quoi qu’il en advienne, ce transport ne peut être fii tqu’autant qu’une substance adhesive existe sur la pièceou le dessin. On a donné, clés l’origine de l'applicationdes moyens mécaniques à la décoration des poteries, lenom de mixtion nage ou mixtion à ces compositions adhé-sives qu’on appliquait d’abord sur la pièce et qu’onadapte avec avantage sur l'épreuve elle-même. On peutmixtionner à la fois la pièce et l'épreuve.

L'application do la mixtion sc fait, soit à l’aide ditpinceau qu’on nomme q:u’.::e Je morue ; quand on la pra-tique sur l’épreuve, il y a tout avantage à l’obtenir aumoyen meme de l’impression, et c’est alors qu’on faitusage d’une pierre dite de silhouette. On nomme ainsidans les ateliers une pierre qui permet de coucher surtoute la surface du dessin un aplat uniforme, en réser-vant toutes les parties qui ne font pas partie du sujet.La supériorité de ce mode d’appliquer Immixtion ré-sulte de ce qu’elle n’est appliquée que sur les pointsqui doivent adhérer à la poterie, c’est-à-dire sur l’é-preuve proprement dite, tandis qu’au moyen de la queuede morue la mixtion est couchée même sur des partiesqu’il faudrait réserver et qui prennent, au moment dudécalcage des maculaturcs qu’on n’enlève avant la cuis-f son qu’avec beaucoup de soins et de temps.

La nature du mixtionnage est variable : tantôt on sesert d’essence grasse de térébenthine, tantôt on em-ploie le mélange à parties égales de poix de Bourgogne ou blanche et de térébenthine de Venise , dissoute dansde l'essence (le térébenthine ordinaire, à consistanceclaire ; tantôt enfin, le vernis copal étendu d’essencede térébenthine maigre sert de mixtion.

On peut, lorsqu’on fait usage de la pierre de sil-houette, pour coucher le mixtionnage, ajouter à lamixtion une certaine quantité de fondant, en assezfaible proportion toutefois pour ne pas enlever au mé-lange sa propriété d’être poissant. Ce fondant, en con-tact immédiat avec la porcelaine, ajoute à la fusibilitédes couleurs qui lui sont superposées par le fait du dé-calcage.

Lorsque le mixtionnage est terminé, soit sur la pièce,soit sur l'épreuve, soit sur les deux objets, l’épreuve estappliquée sur la poterie. A cet effet, elle est mise encontact avec une étoffe humide qui détrempelégèrementle papier sur l’envers de l’impression, puis elle est com-primée par le frottement de la roulette ou la paume do