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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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fis DÉCORATION CÉRAMIQUE.

la mnm sur les points qu'on veut faire adhérer. Il suf-fit, pour faire partir le papier, de plonger les piècesdans l’eau. L’épreuve parfaitement décalquée apparaîtsur la porcelaine. On lave à grande eau, sans tropfrotter ; on égoutte, on sèche, et on cuit dans les mou-fles comme à l'ordinaire.

Les pièces décorées, chargées de peintures sont por-tées dans des fourneaux de forme particulière, nommésmoufles; c’est là que, soumises à la température conve-nable, les couleurs se fondent et prennent de l'adhérenceavec les poteries sur la surface desquelles elles ont étédéposées. Ces moufles sont analogues aux fourneauxque nous avons décrits plus haut et qui servent à lacombustion des huiles employées dans l'impression sousglaçure des poteries de faïence façon anglaise. Untuyau d'appel réservé dans le milieu de la voûte dumoufle donne issue pendant la cuisson aux produits dela combustion des essences grasses et maigres qui ontservi de véhicules et de matières fixatives ; il est im-portant de les brûler facilement. La porte du moufle,porte une douille qui permet de quitter le feu; elles’ajuste, lorsque l’emmouflement est complet, dansune feuillure réservée pour ect usage. Il est con-venable, pour éviter les accidents de casse, de chauf-fer le moufle avant l’emmoullement. On évite lescourants d’air froid, qui pourraient briser les pièces,en mettant à l’extrémité de la douille un tuyau de tôledans lequel s’ajuste une petite trappe glissant dans unecoulisse ; des échancrures réservées dans la partie an-térieure du tuyau laissent toute liberté pour placer latringle à laquelle est attachée la montre.

Les moufles que nous venons de décrire sont géné-ralement accolés, c’est la disposition des moufles enFrance ; on les réunit sur la meme ligne disposés sousla meme cheminée, et les murs sont maintenus par lesmémos ferrements.

Un Allemagne , cette disposition n’est pas adoptéepartout, et souvent les foyers sont latéraux.

On nomme montres, à Sèvres , de petites plaques deporcelaine, sur lesquelles on a couché do l’or et ducarmin ; l’or indiquera, s’il commence à prendre del’adhérence, que l’on approche de la température ù la-quelle la peinture serait trop cuite, et le carmin donneune échcllc,thermométriquc assez exacte pour faire ap-précier les diverses températures qu’il convient d’at-teindre : de petites encoches servent à maintenir soli-dement les montres sur les tringles au moyen desquelleson les fait pénétrer dans les moufles.

Lorsque les pièces sont placées dans le moufle, onchaulio modérément d’abord pour éviter la casse desobjets ù cuire, s’ils sont épais ; on élève ensuite la tenv*pératurc progressivement, et l’on finit par un feu puret vif. Mais il faut être prêt à l’arrêter court pour qu’ilne dépasse pas le degré voulu par la nature des pro-duits : cette considération a la plus grande importancelorsqu'il s’agit de peintures sur porcelaine. Pour maî-triser le feu dans le cas où la température monteraittrop rapidement, on se réserve la facilité de retirerdeux ou trois briques qui composent la porte ; elles ontune poignée et s'engagent dans des ouvreaux carrés.Le feu dure un temps variable avec la dimension dumeufie, comme encore avec l’épaisseur et le volumedes pièces qu’il s’agit de cuire ; on laisse le refroidisse-ment s’opérer lentement ; on abat le mur, on enlève laporte, mais on ne doit retirer les pièces que lorsqu’onpeut y mettre la main sans éprouver une trop vive im-pression de chaleur ; on évite ainsi l’écaillage des cou-leurs. On n’a pas ce danger à redouter lorsqu’il s’agitde la cuisson des dorures ; lorsque les pièces démou-fiées doivent être terminées par l’application des do-rures, on les brunit comme nous allons le voir, et, s’ilJautajouter des peintures, on les porte dans les ate-liers spéciaux dans lesquels elles reçoivent la déeo-

DÈCORATIOX céramique.

ration qu’il faut cuire comme feu d’ébauche, et retou-cher ensuite pour les cuire de nouveau une ou deuxfois, suivant les circonstances et le nombre de retou-ches qu’on leur applique. Ces feux de retouche sontordinairement de plus en plus faibles.

On distingue, à Sèvres , la série suivante, disposéedu plus fort au plus faible :

1° Le feu d’or mat dépassant la fusion de l’ar-

gent . 1000

2° Le feu de couleurs dures. 950

Le feu de filets d’or. 900

4° Le premier feu de peinture ou feu d’ébau-che. 800

5° Le feu de première retouche. 700

6° Le feu de seconde retouche. 000

7 U Le feu d’or en coquille sur fonds demoufle. 500

Le carmin varie de nuances avec ces mêmes feux ;brun rouge sale au premier degré, il se développe petità petit en passant par le rouge brique, le rougepourpre, le rose violâtre, pour arriver au tou presqueentièrement violacé : ces différences sont surtout per-ceptibles dans les minces.

METAUX.

Nous avons dit quelles étaient les conditions géné-rales auxquelles les métaux devaient satisfaire dans ladécoration des poteries : ces conditions limitent à l’or yau platine, à l’argent les métaux qu’il est possibled’employer aujourd'hui. Nous rappellerons qu’ils doi-vent être malléables, brillants, inaltérables sous lesactions simultanées de l’air et du feu.

Il faut, pour que ces métaux soient applicables,qu’on sache les amener à l’état de poudres impalpa-bles, afin qu’on puisse les déposer sous formes de li-gnes ténues, représentant les objets variés que le dé-corateur veut apposer sur la pièce qu’il décore. 11 esturgent aussi que la poudre soit d’un emploi facile, quipermette de la coucher sous forme de lame mince, lors-qu'on veut faire un fond métallique ou de larges filets.

C'est au moyen des précipités obtenus par voie chi-mique qu’on réussit à préparer ces métaux en poudre.Les ouvrages de chimie font connaître les principes àl’aide desquels on prépare les poudres d’argent, d’or etde platine ; il suffit de les broyer ensuite pour obtenirdes poussières parfaitement ténues, propres ù la déco-ration des poteries et principalement des porcelaines ;mais comme, en général, les dosages employés à laprécipitation ont une certaine influence sur les pro-priétés physiques que présentent ces poudres, nouscroyons devoir entrer, au moins pour l*or dont l’usageest de beaucoup le plus important, dans des détailsplus circonstanciés.

Or métallique. — On sait qu’il y a deux méthodespour précipiter l’or a l’état de poudre de sa dissolutiondans l’eau régale : le sulfate de protoxyde de fer et lenitrate de mercure ; nous renverrons le lecteur ù l’ar-ticle dorure sur porcelaïxe, publié par M. Barrai,dans le •1 er volume du Dictionnaire des Arts et Manu-factures. Avant d’être employé, l’or doit être broyé fine-ment avec son fondant ; il faut en ajouter pour la do-rure sur toute sorte de poterie qui ne se ramollit pasau feu. C’est du nitrate de bismuth précipité par l’eaude sa dissolution dans l’acide azotique ; il est blanc,légèrement jaunâtre : il faut avoir le soin d’éviter l’ad-dition du carbonate de potasse qu’on ajoute quelque-fois, et qui précipiterait les oxydes de nickel et docuivre dont est souvent souillé le bismuth métallique ;la présence de quelques millièmes de cuivre empêche-rait l’or de donner un beau mat. On ajoute à l’oxydede bismuth de borax fondu, et on mêle, suivant cer-taines circonstances, ou -jU de fondant pour 1 par-tie d’or