DISTILLATION.
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cération des cossettcs de betteraves par la vinasseétaient de petite dimension ; on était obligé de les vidersouvent, d’employer de la vinasse très-chaude, qu’ilfallait meme réchauffer pendant la durée du lavagesystématique que l’on était obligé d’employer pour ar-river à un épuisement complet de la masse sucrée.M. Champonnois a reconnu depuis qu’il était beaucoupplus simple d’augmenter la capacité des cuviers, d’ac-croître, par conséquent, la durée du contact du liquideavec la betterave. On arrive ainsi à simplifier la main-d’œuvre et à réaliser des économies de combustible,en évitant des pertes de chaleur. Il serait inutile d’in-diquer, par conséquent, l’ancien système de macéra-tion avec les petits cuviers ; on se bornera à décrireles procédés les plus récents et les plus perfectionnés.
La vinasse, sortant à 100° de l’appareil distillatoire,traverse un appareil où sa température s’abaisse à 75°environ : la chaleur ainsi abandonnée sert à commen-cer réchauffement des liquides à distiller. En sortantde cet appareil, la vinasse est conduite à la surface d’undes cuviers de macération rempli des cossettes de bet-teraves, trempant depuis 3, 4 ou 6 heures, selon lamarche adoptée, dans le liquide d’une opération précé-dente. Ce liquide déplace, pour 100 parties de cossettes,125 à 150 parties de jus qui est conduit à la cuve à fer-mentation.
On soutire par un robinet de fond la vinasse dont onvient de parler, et on la remonte, à l’aide d’une pompe,dans un des autres cuviers que l’on vient de remplirde cossettes fraîches. La macération s’effectue danscette seconde cuve, d’où on extrait, quelques heuresplus tard, comme on vient de le dire, le jus qui estconduit à la cuve à fermentation.
Au commencement de la campagne, alors qu’on n’apas encore de vinasse, on effectue les premières macé-rations avec de l’eau chaude jusqu’à ce qu’on ait rem-pli une cuve de fermentation ; le roulement s’établitalors régulièrement et continue comme on vient del’expliquer.
Lorsque la vinasse a été écoulée d’une cuve à macé-ration dans la cuve à fermentation, on ouvre un largetrou d’homme, ménagé dans le bas de la cuve à macé-ration, et on en extrait immédiatement la pulpe, pourla mélanger avec les menues pailles ou autres matièresfourragères qu’il convient d’y ajouter, comme on l’ex-pliquera plus loin.
Le volume de vinasse à employer et la températureà laquelle on l’introduit dépendent de la tempéra-ture de l’atelier et de celle des betteraves ; il faut s’ar-ranger pour que le jus arrive à la cuve à fermentationentre I6 et 17° centigrades.
L’addition de l’acide sulfurique aux cossettes de bet-teraves a lieu au moment du remplissage de la cuve àmacération, en les arrosant couche par couche avec del’eaft contenant 1/10 ou 1/20 de son poids d’acide sul-furique. Quelquefois cet arrosage se fait sur le planchermeme ducoupe-racines avec une pomme d’arrosoir fixéeà l’extrémité d’un tube flexible communiquant avec unréservoir d’eau acidulée. La proportion d’acide sulfu-rique à employer par 100 kilogr. de betteraves dépendde la qualité des racines et de différentes autres cir-constances. On la détermine par expérience. Elle va-rie de 0,002 à 0,006 du poids des cossettes.
Fermentation. — Le jus sortant des cuviers macéra-tours est conduit, comme on l’a dit, aux cuves de fer-mentation C. La continuité de cette opération était in-dispensable à obtenir pour la rendre régulière et facileà conduire. Ces conditions, longtemps difficiles à réa-liser, s’obtiennent aujourd’hui avec une remarquablefacilité. Voici comment on procède. On détermine lafermentation dans la première cuve de jus sucré obtenuau commencement de la campagne à l’aide de la levurede bière. Quand la fermentation est bien établie, on
fait couler la moitié du liquide contenu dans la pre-mière cuve dans la deuxième, puis on fait arriver enfilet continu, dans chacune des cuves, les jus sucrésobtenus des macérations successives. La fermentations’entretient ainsi dans les deux cuves jusqu’àce qu’ellessoient remplies. On laisse alors refroidir la premièrependant douze ou vingt-quatre heures pour distiller laliqueur alcoolique qu’elle contient, puis on fait écoulerla moitié du contenu de la deuxième cuve dans la troi-sième et on fait arriver régulièment le jus sucré dansces deux cuves jusqu’à ce qu’elles soient remplies. Onlaisse refroidir la deuxième cuve et on partage en deuxle contenu de la troisième, et on continue ainsi indé-finiment.
La température des cuves en fermentation se main-tient entre 22 et 26°, le dégagement de l’acide carbo-nique est parfaitement régulier.
On trouve au fond de chaque cuve, quand on la vide,un dépôt boueux, riche en principes azotés, que l’onverse dans la chaudière de l’alambic, et dont les élé-ments se retrouvent, par conséquent, dans les vinassesqui servent à la macération et par suite dans la pulpeelle-même qui doit servir d’aliment au bétail.
On abat la mousse qui s’élève quelquefois sur lescuves avec trop d’abondance en agitant avec un ba-lai un peu de dégras à la surface; si la fermentationn’est pas régulière, on ajoute un peu d’aeide sulfurique.
Distillation. — Le liquide vineux, contenant 3 à5 pour 100 d’alcool, que renferme chaque cuve fer-mentée, est élevé, à l’aide d’une pompe, dans le réservoirde l’appareil de distillation. Cette dernière opération neprésente aucune particularité; on trouvera tous lesrenseignements relatifs à sa conduite et aux appareilsnécessaires à l’article alambic. On remarquera seule-ment que l’on peut employer des appareils de distilla-tion chauffés directement ou par la vapeur d’une chau-dière spéciale, servant en môme temps à l’alimentationde la machine motrice. Cette dernière disposition estgénéralement adoptée dans les établissements impor-tants. Dans les petites distilleries de ferme, dont lemoteur est un manège ou une locomobile, on adopteplus habituellement la première disposition.
On peut organiser le travail d’une distillerie d’unemanière continue, en ayant deux postes d’ouvriers, ouen travaillant le jour seulement. Dans tous les cas,les dimensions de l’alambic règlent celles des cuvesde fermentation, et celles-ci le volume des cuviers demacération. Avec le matériel de l’usine représenté parles figures 3482 et3483onpeut traiter 10,000 à 12,000kilog. do betteraves par vingt-quatre heures de travail.
Les renseignements qui précèdent suffiraient à larigueur pour établir le compte de la fabrication del’alcool de betterave dans une ferme. Cependant, pourfixer les idées, nous reproduisons dans le tableau ci-après le compte de la distillerie de Trappes , publiéd’une manière si complète par M^Dailly, dans son re-marquable rapport à la Société centrale d’agriculturesur les distilleries de betteraves.
L’alcool a été fabriqué et vendu à l’état de flegmesmarquant, en moyenne, 48°,50. Les dépenses demain-d’œuvre, pour chaque opération, étaient les sui-vantes :
Transport des betteraves des silos au laveur, 1 ou-
vrier à 1 fr. 50 c. 1 fr. 50 c.
Lavage, 1 enfant, à 1 fr. 25 c. 1 25
Découpage et aide au macérateur, 1 ouvr, 2 »
Macérations et soins aux fermentations,
1 ouvr. à 2 fr. 50 c. 2 50
Distillation, 1 ouvrier à 3 fr. 3 »
Nettoyages et travaux divers. 0 57
Total pour 3,840 kil. de betteraves. 10 fr. 82 c.
C.
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