Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
168
JPEG-Download
 

168

DYNAMOMETRE.

DYNAMOMETRE.

aucun effort n’était exercé sur le ressort : le mieux estd’en faire la vérification sur l’appareil au repos en fai-sant seulement avancer le papier; s’il arrivait que lacoïncidence ne fût pas parfaite, deux écrous, permet-tent de rappeler à la position convenable et d’y as-surer sans crainte de variation le pinceau fixe queporto la traverse. L’écritoire se compose d’un tube decuivre vissé dans un écrou que porte cette traverse enson milieu, de manière à pouvoir approcher à volontéla pointe du pinceau du papier sur lequel il doit faireun trait régulier et continu. Ce tube muni d’un bou-chon est rempli d’encre de Chine un peu épaisse, lepinceau est d’abord chargé d’encre, et la capillarité secharge ensuite de lui amener celle contenue dans le ré-servoir.

<« Nous voyons déjà, par cette description, que deuxtraits seront obtenus : l’un sera une ligne droite prove-nant du pinceau fixe, l’autre une courbe plus ou moinssinueuse due au pinceau du ressort. La figure 3489

3489.

est un calque de cette double trace. Les convexités dela courbe correspondent aux plus grandes flexions duressort, aux plus grands efforts par conséquent ; lespoints de plus grand rapprochement, au contraire, serapportent aux efforts les plus faibles.

<« Nous voyons qu’à chaque tour il existe un pointoù l'effort exercé dans le sens du ressort est de beau-coup le plus considérable. Il correspond à la positiondans laquelle le tourneur de roue donne son coup ,au point auquel il est le plus commodément placépour agir; on sait qu’il en est ainsi vers la portionsupérieure de la course de la manivelle, l’action dutourneur diminue ensuite ( la courbe se rapprochede la ligne droite) jusqu’au bas de cette course, l’ef-fort est là à son minimum, parce que le tourneur nepeut plus agir qu’en tirant, et il n’atteint sa plus grandevaleur qu’au haut du tour suivant.

« Tous les ressorts, dans certaines limites, prennentdes allongements ou des flexions proportionnelles auxefforts qui s’exercent sur eux; M. Morin a construitses lames de manière à obtenir la sensibilité la plusgrande, c’est-à-dire la plus grande déviation pour unmeme effort. Si, sous ce rapport, on compare deuxlames de même section au point d’encastrement, l'unerectangulaire dans toute sa longueur, l’autre, au con-traire, affectant la forme des solides d’égale résistance,on observe que la flexion est relativement double dansce dernier cas. Aussi M. Morin a-t-il choisi cette der-nière forme ; ses ressorts sont plus épais au point d’en-castrement, plus minces à leur extrémité, et cet amin-cissement suit une certaine courbure, celle d’une pa-rabole, sur les deux faces du ressort.

« Il faut, pour chaque ressort, déterminer expérimen-talement la flexion qui correspond à 1 kilog.; dans ledynamomètre à. manivelle du Conservatoire, chaqueécart de 1 millimètre I /10 correspond à 1 kilogr.,en telle sorte que pour avoir la valeur de l’effort exercélorsque le pinceau mobile a marqué le point M de lacourbe des efforts, il suffit de mesurer la longueur MNqui est de 9 millimètres; divisant cette longueur par1 millim. 1/10, nous trouvons pour quotient 8,18 quiest la valeur en kilogrammes de l’effort correspondant.

« Cette proportionnalité n’existe toutefois qu’autant

que le ressort n’est pas forcé , mais la disposition mêmedes bâtis ne lui permet jamais de prendre une courburetrop grande; lorsqu’un effort trop considérable estexercé, le bâti mobile trouve un point d’appui dans latraverse qui porte l’axe O sur lequel il tourne.

« Fourterminernotredescription,disonseneore com-ment la couronne dentée peut être à volonté rendue im-mobile pendant que la manivelle tourne ; une vis à têtesaillante B est fixée sur la couronne mobile, mais nepénètre pas jusqu’au fond de la gorge qui reçoit cettecouronne ; elle est destinée à former arrêt au momentoù une pièce mobile, convenablement coudée pour nepoint gêner la manœuvre, vient butter contre elle. Apartir de ce moment, la couronne ne peut plus se mou-voir et le papier se déroule comme nous l’avons in-diqué.

« On comprend qu’il n’est pas nécessaire d’avoir con-stamment une trace pendant toute la durée d’un longtravail qui exigerait un développement de papier beau-coup trop considérable; on se*contente, en général, d’ob-tenir la courbe des efforts au commencement, vers lemilieu et vers la fin d’une opération ; pour interromprele tracé, il suffit de rendre à la couronne sa liberté endégageant le buttoir coudé qui forme arrêt pour la vis ;aussitôt la couronne est entraînée par frottement dansle mouvement commun, le pignon C ne tourne plus surla denture de la couronne, et le papier n’est plus nienroulé ni déroulé. Il suffit ensuite de rapprocher lebuttoir pour rétablir à volonté le mouvement du papieret produire un nouveau tracé.

« Quant à la niasse, placée à gauche, à l’extrémité dudynamomètre, ce n’est qu’un contre-poids destiné à l’é-quilibrer par rapport à son axe. »>

Dynamomètre L. Palier (de Rouen ). — Le dynamo-mètre à poids, imaginé par Wliite, que nous avons re-présenté figure 681, article dynamomètre, a été ap-pliqué dans quelques filatures, malgré son imperfectionrésultant de ce que cette espèce de balance de force nopeut donner de mesure que dans l’état d’équilibre,qu’autant que rien ne varie dans le moteur ou dansl’opérateur, état qui, dans la pratique, ne saurait long-temps exister, et il fallait la nécessité d’un moyen docontrôler les résistances de machines analogues à l’aided’un moyen simple pouvant être mis entre les mains detous les ouvriers, pour qu’on ait appliqué assez sou-vent un appareil aussi imparfait.

M. Palier (de Rouen ) l’a perfectionné notablement,au point de vue des applications à en faire à la filaturequi en a grand besoin, par une disposition qui pro-longe beaucoup l’état d’équilibre* A cet effet, il rem-place l’espèce de bras de romaine par une came, enforme de spirale d’Archimède, * sur laquelle s’enrouleune bande de cuir supportant un plateau dans lequel onplace des poids. Le rayon de cette courbe, qui joint soncentre de rotation au'point où la bande de cuir s’endétache, étant variable en raison de la position desroues différentielles, le bras du levier variant, on voitque l’état d’équilibre sera permanent dans une grandeétendue.

M. Palier a joint à cet appareil un totalisateur à rou-lettes, genre de compteur qui ne convient pas pour lapratique des ateliers; fort peu exact d’ailleurs, commeil a été mainte fois constaté; mais, s’il n’a pas résolucomplètement le problème de la construction d’un dy-namomètre propre à la pratique des ateliers, moins dé-licat que les appareils traceurs à ressort, qui ne sontapplicables qu’aux recherches scientifiques, il a,nous pensons, beaucoup avancé la solution, qui noussemblerait complète en réunissant la disposition qu’il aimaginée à celle du compteur à engrenages, déjà don-née au premier article dynamomètre de cet ouvrage.Ce n’est pas un mince service rendu à l’industrie qui a