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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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KALIX.

K AUX.

l’air, sa teinte devient de plus en plus rougeâtre. Aprèsquelques heures, lorsque la couleur paraît ne plusvarier, si on introduit le dépôt dans un llacon remplid’eau et bien bouché, on voit la teinte rougeâtre re-passer peu à peu au brun foncé, presque noir. Aprèsquelques semaines, il suffît de jeter le produit sur unfiltre pour obtenir de nouveau un liquide clair, maisqui se trouble rapidement à l’air en laissant déposer leproduit ocrcux dont j’ai déjà parlé. Lu même temps, ledépôt, laissé sur le filtre, reprend la teinte rougeâtrequ’il présentait au moment où on l'a renfermé dans leflacon. La même série d’observations peut se repro-duire un certain nombre de fois sur le même échan-tillon. Le produit en question présente donc ce doublecaractère, de devenir insoluble par son oxydation et depouvoir se réduire quand on l'abandonne à lui-même,de manière à redevenir en partie soluble.

Si on introduit 3 ou 4 centimètres cubes du précipitéocreux, récemment recueilli et imbibé de l’eau au mi-lieu de laquelle il sc formait, dans une éprouvette rem-plie d’oygène, renversée sur la cuve à mercure, l’absorp-tion du gaz est d’abord très-rapide, puis se ralentit peuà peu, et finit par s’arrêter. Pendant les huit premiersjours de l’une de mes expériences, 14 centimètres cubesde gaz oxygène ont été absorbés, tandis que 13 centi-mètres cubes seulement ont disparu dans les treizejours suivants. La masse était alors complètementrougeâtre, et, jetée sur un filtre, donnait un liquideclair et ne renfermant en dissolution aucun produitremarquable.

Le liquide qui imprègne les précipités récents ren-ferme des proportions variables de substances précipi-tables par l’action de l’air. Nous en avons obtenu jus-qu’à 0 e ,80 par litre, bien que déjà l’action de l’oxvgèneen eut fait précipiter une partie. Ln général, on entrouve 0 f ,2b à 0*,50 par litre, ce qui suffit, en raisonde la légèreté du produit et de sa consistance géla-tineuse, pour produire rapidement l’obstruction destuyaux.

Des faits qui précèdent, et qu’il est inutile de décrireplus minutieusement, il résulte : que les eaux qui pro-duisent les obstructions dont il s’agit conservent leurlimpidité et ne donnent lieu à aucun dépôt quand ellessont mises à l’abri de l’action del'oxygèncderair; quele dépôt récemment formé peut exercer sur lui-nu*meune action réduisante qui le fait en grande partie repas-ser à l’état soluble.

Avant de distribuer les eaux de cette espèce, il fautdonc les exposer et les agiter au coutact de l’air, et sé-parer soigneusement le dépôt floconneux aussitôt qu’il». t formé, pour éviter qu’il ne se dissolve de nouveau.

Nous pourrions citer un cours d’eau du départementdo la Charente-Inférieure dont les eaux, dans un par-cours peu étendu, en passant, il est vrai, sur deuxroues de moulin, abandonnent par litre 0*,43 de ma-tières de cette nature.

Les eaux chargées des matières dont on vient de par-ler déterminent assez rapidement la pourriture des boisenfouis dans les terrains qui en sont imprégnés. Cefait explique l’altération assez rapide «les pieux de fon-dation de certains ouvrages importants.

La destruction des matières organiques contenuesdans les eaux, et qui les rendent impropres aux usagesdomestiques, est souvent impossible par les procédésde la pratique. Nous devons cependant indiquer la na-ture des moyens à employer pour remédier à ce genred’inconvénient.

La combustion lente de ces matières par l’oxvgène«le l’air, leur assimilation par certains végétaux aqua-tiques, et enfin leur fixation, par certains terrains, sontla base des procédés que la nature emploie pour puri-fier les eaux croupissantes, et que l’industrie de l’hommecherche à mettre en couvre dans le même but.

On le répète encore, la nature spéciale des diversproduits organiques que renferment les eaux naturellesn’est pas assez connue pour que l’on puisse toujoursindiquer à l’avance lc«jnel de ces trois moyens peutle mieux réussir. Mais soit isolément, soit réunis, ilspermettent presque toujours de ramener à un état «lepureté très-satisfaisant les eaux les plus chargées dematières organiques.

L’exposition à l’air et au soleil des filtrations répé-tées à travers du sable aéré suffisent souvent pour dé-truire assez vite la matière organique. Dans ce cas, l’eausc charge d’acide carbonique. Les parties vertes desvégétaux aquatiques accélèrent ou complètent cette ac-tion, pourvu, bien entendu, (jue le liquide se re-nouvelle; car, à l'état stagnant, il dissoudrait plustard les parties mortes des plantes, et redeviendraitinfect.

L’action des parties argileuses du sol exerce aussi,sur un assez grand nombre de matières organiques, uneaction des plus remavipuiMes. Certaines eaux sont en-tièrement dépouillées de leurs matières organiques nui-sibles par leur passage à travers une terre argileuse, ouune agitation de quelques minutes avec ces memesmatières. J’ai reconnu, par exemple, par des expé-riences directes, que des vinasses de distilleries très-cliargécs, agitées à la dose de 2 à 3 p. 0/0, avec desterres argileuses, ou filtrées sur ces terres, donnent desliquides complètement privés de matières organiques.Ce n’est pas ici le lieu de s’arrêter à l’importance de cerésultat, au point de vue de la théorie agricole ; il suf-fit de citer ce fait comme exemple de la purificationd’une eau fort riche en matières organiques stables parl’action des terres.

Les sels ammoniacaux et alcalins sont également en-levés en partie aux eaux par leur passage dans des solsargileux, ainsi que l’ont si bien démoutré les curieusesexpériences de M. Way. On comprend toutes les res-sources que peuvent donner à la pratique de la clarifica-tion des eaux ces réactions si singulières, sur lesquellesnous regrettons de ne pouvoir nous arrêter davan-tage.

Arrivons enfin à l’étude des gaz dissous dans leseaux. L’acide carbonique, dissousdans l’eau, même entrès-petite quantité, lui donne une saveur agréable etexerce sur les fonctions digestives une action favorable.C’est à l’absence seule de ce gaz que certaines eauxdoiveutleur fadeur. Tous les auteurs admettent égale-ment la nécessité de l’air, et surtout de l’oxygène endissolution dans l'eau. On attribue même à sou absence,dans quelques eaux provenant de la fonte des neiges,les maladies endémiques de certaines vallées monta-gneuses.

L’aération de l’eau est une qualité essentielle, surl’importance de laquelle on n’a pas assez générale-ment insisté, et dont les hommes de l’art se préoccu-pent beaucoup trop peu. Des faits très-nombreux d’ob-servation nous ont montré l’importance de cet élémentde la qualité des eaux, et nous ont fait chercher lemoyen de l’étudier plus attentivement qu’on ne le faiten général.

Tous les traités d’analyse chimique conseillent d’ex-traire les gaz de l’eau par l’ébullition pour les soumettreensuite à l’analyse eudiométriqne. Cette méthode neconvient que pour les eaux absolument privées demu-tièresorganiques, c’est-à-direqu’elle fournit presque tou-jours des résultats erronés. A la température de l’ébulli-tion, en effet, à laquelle se dégagent les dernières bullesd’oxvgène, ce gaz réagit sur les matières organiquesde diverses manières, selon leur composition ; de sorteque l’on en perd une partie qui reste en combinaisonou bien qui se transforme en acide carbonique quis’ajoute à celui du liquide. Il convient dune, pourles travaux de recherches délicates, de doser les