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EAUX.
EAUX.
compte (le toutes les anomalies observées. La natureet la variation des gaz dissous, et surtout de l’oxygène,me semble, au contraire, devoir exercer une actionénorme sur le développement et la santé des poissons.C’est leur atmosphère. Des essais assez nombreuxm’ont indiqué qu'il y aurait une voie de recherchesintéressantes à faire dans ce sens. Pour n’en citer qu'unexemple, je dirai que la diminution dans le volumed’oxygène dissous dans les eaux du lac du bois de Bou-logne citée ci-dessus a concordé avec une énormemortalité des poissons du lac.
Cette longue discussion montre nettement l’indispcn-nsable nécessité pour toute administration prudente defaire étudier très-attentivement les composés minéraux,les matières organiques et les gaz qu’une eau renfermeavant d’entreprendre les travaux toujours très-coûteux<le sa distribution. Les exemples d’analyses rapportésci-dessus, et d’autres au besoin, permettront toujoursde comparer une eau proposée pour une distribution àune eau de composition analogue, employée depuislongtemps et dont les propriétés sont dès lors connues.L’analyse permettra d’ailleurs de rejeter immédiate-ment pour une distribution les eaux mal aérées ou con-tenant en trop forte proportion certains composés dontles inconvénients sont bien constatés.
A une composition chimique satisfaisante les eauxdestinées aux distributions publiques doivent encorejoindre autant que possible deux qualités physiquesd’une grande importance, savoir : une limpidité par-faite et une température peu variable de 10° à 1 2 e , pourparaître fraîches en été et chaudes en hiver. Les eauxde source à cet égard ont une grande supériorité surles eaux de rivière ; mais cet avantage ne doit pasfaire oublier d’autres conditions souvent plus impor-tantes pour une ville.
§ II. QUANTITÉS D EAU A DISTUIHUER DANS DIVERSESCIRCONSTANCES.
Une distribution d’eau ne saurait, pour ainsi dire,Otre trop considérable; mais les frais d’établissementcroissant rapidement avec le volume, et les ressourcesdisponibles étant nécessairement limites, il convient derechercher les bornes dans lesquelles il faut se renfer-mer dans chaque cas particulier.
Nous donnerons d’abord, à titre de renseignements,quelques exemples de distributions d’eau dans diversesvilles, puis nous indiquerons les règles pratiques quel’on peut déduire de ces expériences.
Les eaux de Home antique, si justement célèbres, scprésentent naturellement les premières à l’esprit.
Jusqu’en l’an 4 i l, on ne sc servait à Rome que deseaux du Tibre , des puits et des fontaines de la ville etdu voisinage. On attribuait à ces dernières eaux lapropriété de guérir les malades. La première dériva-tion, celle de l’Appia, fut établie en 442. Depuis cetteépoque, les différentes autorités qui se succédèrent àRome travaillèrent à l’envi à augmenter le volume deseaux et à améliorer le système de leur distribution.
Voici quels étaient, à la fin du 1 er siècle de notreère, la longueur et le débit des aqueducs de dérivation
Longueur.
Débit en24 heures.
Aqueduc de l’eau Appia et Au-
mètre*.
met. cubes.
gusta.
2(i09l,45
109500
—Anio-Vieux.
63855,00
263880
—Marcia.
91640,09
281400
—Tepula et Julia.
22907,61
99060
—Vierge.
23032,35
150240
—Alsietina.
32925,42
J 23520
—Augusta.
1188,00
—Claudia.
68912,91
276420
—Nouvel-Anio. . •.
87169,50
417722,33
284280
TÏ88300
La population, à cette époque, était à peine de 1 million d’habitants. Le volume d’eau distribué était doncde 1500 litres par tète et par jour environ.
Les registres de distribution, qui ne comprenaientque 811,080 mètres cubes, établissent de la manièresuivante la distribution de ce volume d’eau :
mèt. cubes.
Distribution hors la ville.* 243780
—au nom de César, jardins, châteaux im-périaux, etc.... . 102420
—aux particuliers.230820
—à 19 camps., . . . . 10710
—à 93 établissements publics.144000
—à 39 spectacles. 2-1100
—h 591 pièces d’eau. 80100
841080
Les eaux étaient classées selon leur qualité. L’eauMarcia, la plus pure, était réservée pour les usages do-mestiques. Les autres eaux servaient à des usages moinsdélicats; l’eau Anio était exclusivement employée àl'arrosage des jardins et aux usages les plus grossiersde la ville.
Aujourd’hui, Rome , réduite à 170,000 habitants, noreçoit plus que 180,000 mètres cubes par 24 heures en-viron, volume encore très-considérable, puisqu’il donnepar tète plus de 1,000 litres d’eau pure par jour. L'eauVierge est de très-bonne qualité. L’eau Poala renfermepeu de matières salines, mais eile est souvent souilléede débris végétaux et de limon. L’eau Kelice est lamoins bonne ; elle est assez chargée de sels et contient0s,23 à OS,24 de carbonate de chaux par litre. Elle in-cruste à la longue les tuyaux secondaires éloignés dol’origine de la distribution.
On va voir combien les villes les plus favoriséessont loin d’atteindre ces chiffres élevés.
La distribution des eaux a lieu à Londres par neufcompagnies qui alimentent en grande partie leurs con-duites avec l’eau de la Tamise ; voici le résumé desopérations de ces compagnies en 1833, d’après un do-cument officiel.
NOMS
des
COMPAGNIES.
Nombre moyenHo litresdi'tnhucspar jour.
N’ombre
de
maisons
a'imenlees.
Nombre d'< lablissomouUet d*u«inesdc«servi*.
New-River. . .
79,680,418
90,510
414
East-London. .
54.480,554
63,143
463
West- Middles.
22,720,o43
24,376
51
Great-Junction
23,243,854
16,019
»>
Southwark etWauxhall. . .
33,018,786
40,046
634
Lambeth. . . .
24,456,994
25,583
524
Chclsea ....
25,ü88j7-)o
22,725
2,09 4
Kent.
8,364.213
14,57.3
70
flampstead . .
2,759,551
b, i54
»
274,313,168
302,429
Ce qui porte la distribution, par jour et par habitant,à un peu plus de 1U0 litres ; mais on doit déduire de ce
chiffre ;
Le service des usines s’élevant à. . . 7,71 p. 100.
Le lavage des rues. . 1,69
Les chasses dans les égouts.1,10
Le service des incendies.0,31
En tout.10,81 p. 100.