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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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EAUX.

eaux*

Le nombre des maisons de Paris étant do 32,250,on voit combien est faible la fraction des maisonsabonnées. Il est dès lors difficile de préciser avec cer-titude l’importance du volume d’eau employé auxusages domestiques ; mais on sera certainement au-dessus de la vérité si l’on réunit aux quantités dis-tribuées dans les maisons d’habitation, ou débitées parles fontaines marchandes, celles qui s’écoulent par lesfontaines affectées au puisage gratuit et le quart decelles que versent sur la voie publique les bornes-fon-,,taines où le puisage est toléré ; on trouve ainsi que cevolume est de 25,887 mètres cubes ainsi composé(1857).

Abonnement du service muni-

cipal.

12,365 mèt. cubes.

Fontaines marchandes.

1,472 —

Fontaines de puisage.

3,150 —

Un quart du produit des bor-

nes-fontaines.

8,900 —

Total.

25,887 met. cubes.

Soit20 à 25 litres par tète et par jour.

Les redevances payées à la ville, pour les concessionsen 1857 se décomposent de la manière suivante :

État, département, ville, assistance

publique. 4 20,716

Bains et lavoirs. 469,167

Industries. 360,377

Maisons particulières. . . .. 636,343

Fontaines particulières. 386,894

Total. 4,673,497

Cette somme ne représente que la moindre partiedc9 dépenses imposées au public pour sa consommationd’eau. Les 25,16i maisons qui n’ont pas de distributionsont ordinairement pourvues de puits et de pompes.Mais la mauvaise qualité des eaux de cette nature lesrend impropres à la cuisson des légumes, à la boisson,h l’emploi du savon; les habitants de la plupart desmaisons de Paris sont donc obligés de se fournir d’eaude meilleure qualité, en allant péniblement la puiseraux fontaines du voisinage, ou en l’achetant aux por-teurs d’eau.

Les porteurs d’eau vendent l’eau 10 c. la voie de 20litres, ou, par abonnement, 2 fr. ou 2 fr. 50 c. les 30 voiespar mois. D’après des recherches très-détaillées, il estdistribué ainsi, à peu près, 1,380,000 mètres cubesd’eau par an, représentant une dépense de 6,000,000 fr.pour les habitants ; c’est-à-dire que le mètre cube d’eau,qui coûte par abonnement pris à la ville, 0 f ,276 environ(100 fr. par an pour 1 mètre cube par jour), coûte 12à 19 fois autant par les porteurs d’eau.

On voit par ces chiffres combien il est nécessaired’améliorer le service des eaux de Paris , pour que lesdistributions particulières se multiplient, comme elles lesont à Londres et dans la plupart des villes bien appro-visionnées d’eau.

Les ingénieurs de Paris estiment, dans les grandsprojets qu’ils ont étudiés et dont on parlera un peu plusloin, que la consommation pour les usages domesti-ques doit être estimée à 50 litres, et qu’il faut égalementdoubler le volume des eaux consacrées aux usages pu-blics, ce qui porterait le volume total des eaux de Pa-ris , en prévision du chiffre prochain de sa population, à200,000 ou 210,000 mètres cubes par 24 heures.

Si l’on résume les conséquences à déduire des re-marques et des exemples qui précèdent, on sera con-duit à admettre, comme on l’a dit en commençant,qu’une distribution d’eau ne saurait être trop abon-dante, mais que la nécessité de réduire les dépensesobligé à tenir compte du volume strictement nécessaire.

Pour arriver à la détermination exacte do co volume,il convient de rappeler d’abord les principaux usages dol’eau dans les villes, en indiquant le volume nécessaireà chaque service, selon les circonstances.

Les principaux emplois de l’eau dans les villes sont :4° les usages domestiques, comprenant la boisson, lessoins de propreté, le lavage des cours, etc. ; 2° la con-sonsonnnation industrielle dans les manufactures ; 3° le»établissements de bains, les buanderies, les édificespublics; 4 U le nettoyage et l’arrosage des rues; 5° lafourniture des fontaines et des jardins publics ; 6“ laservice des incendies, heureusement bien peu impor-tant en général et toujours facile à satisfaire, par desemprunts aux eaux destinées aux usages 4° et 5°.

Los ingénieurs anglais estiment, en moyenne, queles articles 1°, 2° et 3° exigent 90 litres par jour et parhabitant; quant aux articles 4° et 5°, ilspensent qu’ilsuffît de leur consacrer une couche d’eau de 0 m ,65,supposée répartie uniformément à la surface de la villeentière, soit 6,500 mètres cubes par an et par hectare;de sorto que, clans la plupart des villes anglaises, la dis-tribution totale devrait être fixée de 4 40 à 160 litres parjour et par habitant.

Cette évaluation en bloc paraît s’appliquer assez bienà la France ; cependant je la regarde comme un peufaible en général, si l’on tient compte de l’accroisse-ment de consommation qui résulte toujours du dévelop-pement de la richesse publique. Quelques explicationssont encore nécessaires à ce sujet.

Le système des cabinets d’aisances influe beaucoupsur la dépense d’eau dans l’intérieur des maisons. Lesfosses exigent beaucoup moins d’eau que le coulagedirect à l’égout. Sous ce rapport, la consommation d’eauserait généralement moins forte en France qu’en Angle-terre; mais, d’un autre côté, le service public du net-toyage des rues et des fontaines monumentales est ha-bituellement plus considérable chez nous.

Voici, du reste, d’après M. Dupuit, les évaluationsadoptées, à Paris , pour les abonnements :

Par personne et par jour.20 litr.

Par cheval et par jour.75

Par voiture à deux roues et par jour. 40Par voiture à quatre roues et par jour. 75Par mètre carré de jardin, 500 litres

par an, par jour.4*,5

Par bain.300

Ces évaluations sont un peu faibles, il faut bien lareconnaître, et l’on prend toujours de plus larges basespour la rédaction des projets.

L’arrosement des voies publiques consomme, àParis,4 litre environ par mètre carré. On arrose l’été deuxou trois fois par jour.

Les bornes-fontaines, dans les villes convenablementarrosées, ne doivent pas servir au lavage de plus de300 mètres de ruisseaux. Elles doivent débiter 4 00 à440 litres par minute. A Paris , elles sont ouvertes, engénéral, trois heures par jour en trois fois et débitentchacune par conséquent 20 mètres cubes environ parvingt-quatre heures.

Le débit des fontaines monumentales varie naturel-lement avec leur importance. Nous réunissons, commeterme de comparaison, les chiffres suivants :

DÉBIT

Tarseconde Par heure.

23 l ,0 82 mc ,8

25,0 90 ,0

46 ,0 58 v 3

20,0 72 fi

Gerbe du Palais-Royal, à Paris . .Gerbe du rond-point des Champs-

Elysées, à Paris .

Gerbe du Boulingrin, à Toulouse .Gerbe de la porte Saint-Pierre, àDijon .«