EAUX.
EAUX,
187
DL1UT
Par seconde. Par heure.
Vasque de îa porte Guillaume, à
Fontaine de la Trinité, à Toulouse . 1,4 5 ,0
Fontaine de la place Bourbon, à
Fontaine de la place Saint-Georges. 1,0 3 ,6
Chaque fontaine de la place de la
Concorde, à Paris . 55 ,0 198 ,0
Fontaine de la place Richelieu, à
Les lavoirs consomment par journée de travail de2 à 4 mètres cubes d’eau par place. La consommationdes industries ne peut être connue que par une enquêtelaite dans chaque établissement.
L’ingénieur qui rédige un projet de distributiond’eau n’a pas seulement besoin de connaître le volumetotal qui lui est nécessaire, il faut encore qu’il calculela consommation de chaque artère de la canalisationsouterraine pour proportionner le diamètre des tuyauxau débit qu’ils doivent fournir et à la pression inté-rieure du liquide. Ce calcul sera facile à faire d’aprèsce qui précède ; il suffira d’évaluer îa population dechaque rue et d’ajouter au chiffre de la consommationdomestique le débit des bornes-fontaines placées tousles 200 ou 300 mètres, celui des fontaines monumen-tales et enfin celui des établissements publies ou indus-triels placés sur la même conduite. Nous recomman-derons seulement de faire un peu largement toutes cesévaluations pour parer à toutes les éventualités.
§ 111. MOYENS d’obtenir l’EAU POUR L* ALIMENTATIONDES VILLES.
Le» eaux destinées à l’alimentation des villes sontde diverses natures ; nous les indiquerons successive-ment.
Les ^oi/rce.ç naturelles fournissent les eaux les plusconvenables pour les distributions publiques ou privées,quand leur composition chimique est d’ailleurs satisfai-sante. Les eaux de source, en effet, sont limpides etleur température est ordinairement très-peu variable,condition d’une très-haute importance pour les usagesdomestiques et industriels.
La théorie des sources a fait de très-grands progrèsdepuis quelques années. Le développement pratique desétudes géologiques, les études spéciales d’un certainnombre de personnes sur les moyens de découvrir lessources, les grands travaux de drainage, ont dirigé l’at-tention sur ce point spécial de la physique du globe. Ceserait peut-être nous éearter de notre sujet que d’a-border cette question, qui exigerait d’assez longs dé-tails; nous nous bornerons, par conséquent, à indiquerles travaux nécessaires pour réunir et utiliser une sourceconnue.
Ces travaux sont généralement assez simples. Oncommence par curer à vif le bassin de la source. Onse rend bien compte des points où l’eau arrive le plusabondamment en jetant à la surface de l’eau des corpslégers, dont les mouvements indiquent la direction descourants. On dégage alors un peu ces issues, et, aubesoin, on abaisse, si on le peut, le niveau natureld’écoulement de l’eau du bassin de la source, pour aug-menter et régulariser son débit. On entoure alors lebassin de murs épais, établis en dehors de son péri-mètre, et on le recouvre d’une voûte en maçonnerie,pour mettre Veau à l’abri de la chute des corps étran-gers et de îa malveillance. L’aqueduc de la conduitedes eaux communique avec le bassin de la source ainsiprotégée.
Le tracé des fondations des murs d’enceinte exige
une certaine attention. Il faut les faire reposer sur unfond très-solide, et s’assurer, dans tous les cas, que leurpression ne peut pas modifier les fissures souterrainespar lesquelles les eaux affluent naturellement. Lorsquele pourtour du bassin de la source est eu rocher com-pacte, ce qui arrive souvent, le travail est fort simple.Dans le cas contraire, l’ingénieur doit procéder avecune extrême prudence, et souvent exécuter des tra-vaux de captation assez considérables, pour assurer lafixité du bassin de la source, par des procédés artifi-ciels imitant, autant que possible, les moyens employéspar la nature elle-même dans les sources qui sortentdes rochers plus ou moins fissurés.
L’enceinte couverte qui renferme la source, ou la têtede l’aqueduc d’écoulement, doit présenter divers ouvra-ges dont les dimensions varient avec l’importance duvolume d’eau, mais qui doivent assurer les moyens:1° d’entrer dans la chambre de la source pour la visi-ter ou la nettoyer an besoin ; 2 U d’assurer aux eauxun écoulement au dehors, quand on est obligé de lesempêcher d’entrer dans l’aqueduc pour le réparer; 3° dedonner issue au trop plein des eaux, en cas de crue oude diminution d’écoulement dans l’aqueduc, afin que,dans aucun cas, le niveau des eaux dans le bassin de lasource ne puisse s’élever au-dessus du niveau qui leur aété fixé. Un excès de pression sur la sortie d’une sourcepeut souvent déranger son régime, et quelquefois la per-dre entièrement, en l’obligeant à chercher une autreissue.
Les villes assez favorisées pour trouver dans leur voi-sinage des sources abondantes d’eau de bonne qualitésont malheureusement peu nombreuses. On est doncsouvent obligé de faire des recherches d’eaux souter-raines, ou de recueillir les eaux de pluie filtrées à tra-vers les couches perméables du sol, par de véritablesdrainages d’une importance plus ou moins considéra-ble. On parvient ainsi à créer de véritables sources «r-tificielles, dont les eaux sont ensuite conduites dans lesvilles. Des sources peu abondantes, ou d’un débit irré-gulier, servent souvent d’indice et de guide pour lesrecherches et les travaux de cette nature, et ajoutentleurs eaux à celles que l’art obtient en abondance. Onpasse ainsi, par transitions insensibles, des sourcesnaturelles, dont il suffit de conduiro les eaux, auxsources entièrement dues à la main de l'homme etcréées au sein de terrains à la surface desquels n’appa-raissait aucune eau. Les travaux analogues à ceux dontnous parlons maintenant sont extrêmement variés ; ilsexigent un grand esprit d’observation, et souvent deprofondes connaissances de géologie et d’hydrologie. 11serait difficile, par conséquent, de donner à cet égarddes règles pratiques et très-précises. Quelques exempleset quelques indications générales seront plus utiles quedes préceptes absolus.
L’art de rechercher les sources et de capter les eauxsouterraines par des procédés analogues à ceux du drai-nage est assurément très-ancien. Les caris de la Perse,beaucoup de travaux romains, l’attestent suffisamment.Mais il est certain que cette pratique, qui avait étéautrefois trè^-employée en France , si l’on en jugepar les nombreux exemples que l’on en rencontre, pa-raît avoir été, sinon complètement oubliée, au moinsassez négligée depuis un siècle, ou un siècle et demi,et on comprend très-bien que l’on ait pu, de très-bonnefoi, présenter comme des inventions nouvelles des mé-thodes dont les exemples se retrouvent dans presquetous les grands domaines seigneuriaux ou d’ordresreligieux. Les eaux de Gesvres, de Ris, des prés Saint-Gervais ne sont point obtenues autrement.
On a déjà expliqué, en parlant du drainage des sour-ces (Voy. art. Agriculture), le principe du plus grandnombre des recherches d’eau. C’est à la surface descouches imperméables, recouvertes de couches per-