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EAUX.
EAUX.
houille par heure et par force (le cheval, mesuré en eauélevée. Cette consommation, d’après le même au-teur, s’élèverait à 1 k ,5 pour une machine de 100 che-vaux, et à près de 2 kilog. pour une machine de 25 che-vaux.
En France , M. Farcot a construit plusieurs machinesqui réalisent et au delà ces conditions. La machineétablie aux ponts de Cé, pour l’alimentation de la villed’Angers , par exemple, est verticale, à rotation, com-mandant directement par la tige même du piston à va-peur une seule pompe aspirante et foulante placée au-dessous ducylindre. Sa puissance nominale est de -15 che-vaux pour une pression de 5 atmosphères dans leschaudières et la vitesse de 1G tours par minute. La con-sommation de houille garantie par le marché était de2 k ,2 par heure et par cheval utile mesuré en eau élevée.Chaque hectogramme dépensé en moins devant donnerlieu h. une prime, des expériences prolongées pendantdes mois entiers ont démontré que la consommation enhouille anglaise ordinaire do Sunderland, telle que lecommerce la fournit à Angers , était de I k ,228 à 1 k ,365,et en moyenne de un peu moins de 1 k ,3 par heure etpar cheval mesuré, on le répète, en eau élevée. L’effetutile de l’appareil élévatoire dansccttc machine est éva-lué de 0,83 à 0,86.
De semblables résultats sont bien dignes d’appelerl’attention et de faire comparer sérieusement les distri-butions par machines aux distributions par aqueducsde dérivation toutes les fois que les deux systèmes peu-vent être mis en présence. Aussi, M. Lechâtelier, ha-bile ingénieur des mines, a-t-il proposé d’alimenterParis à l’aide de l’eau de Seine puisée au pont d’Ivry ,filtrée et rafraîchie dans de vastes réservoirs souter-rains, puis élevée à l’aide de 10 machines de 100 che-vaux chacune. Il estime que les machines brûleraientpar heure et par force de cheval 1 k ,5 de houille à 28 fr.la tonne. Les chiffres qui précèdent montrent que lesdonnées de M. Lcchatolior sont loin d’être exagérées etque l’on peut dès lors admettre avec confiance le chiffrede 1,200,000 fr. auquel il arrive pour la dépense an-nuelle de ce vaste appareil. La dépense d’installation-serait de 8 millions environ.
Ce système éviterait toute incertitude sur la quantitéet la qualité des eaux destinées à l’approvisionnementde Paris ; il n’exposerait pas la capitale à manquer d’eaupar la rupture de l’aqueduc en cas de guerre ; enfin ildonnerait l’eau à 5 ou 6 centimes, et à moins encores’il ne fallait pas la filtrer; tandis que la dérivationdes eaux de la Champagne avec les énormes dépensesque nécessite son établissement ferait revenir le mètrecube d’eau h 9 centimes au moins.
S’il paraît réellement utile d’exclure l’eau de Seine comme boisson des Parisiens , que l’on réduise au moinsles travaux de dérivation des sources éloignées auxexigences du service des maisons particulières, eequi n’entraînerait qu’une dépense relativement modé-rée. Les machines à vapeur ou les moteurs hydrauli-ques fourniront l’eau nécessaire à l’ornement et aunettoyage de la ville h un prix moitié moins élevé quene pourrait le faire un aqueduc de dérivation.
§ V. DISTRIBUTION DANS L’INTERIEUR DES VILLES.
Les explications données dans les paragraphes pré-cédents ont montré comment il convient de choisir leseaux destinées aux divers usages de l’économie do-mestique ou industrielle, d’apprécier le volume néces-saire à une population donnée, d’obtenir ce volumed’eau et enfin comment on peut le conduire par unaqueduc ou l’élever par des machines aux points cul-minants de la ville. Il reste à indiquer, comment ondistribue et on conduit les eaux dans l’intérieur de laville sur tous les points où leur présence est nécessaire.
Un système de distribution d’eau constitue un appa-
reil compliqué dont les principaux éléments et les or-ganes essentiels doivent être indiqués successivement.
Réservoirs. — Les eaux élevées par des machines ouamenées par des aqueducs sont habituellement ver-sées dans des réservoirs situés au point le plus élevédu périmètre à desservir par la distribution, afin quelo liquide se rende, par l’action seule de la pesanteur,dans toutes les directions qu’il doit atteindre.
Les réservoirs servent à compenser les irrégularitésde l'approvisionnement et de la consommation ; ils ac-cumulent pendant la nuit ou pendant les interruptionsdu service les eaux amenées parles aqueducs ou élevéespar les machines. Ils fournissent au besoin en cas d’in-cendie un volume d’eau qui peut être supérieur à celuique fournissent régulièrement les machines ou la sourcede dérivation, etc. Leur capacité doit donc être déter-minée dans chaque cas particulier d’après les éventua-lités auxquelles ils ont à répondre et l’on ne sauraitdonner de règle fixe à cet égard.
Les réservoirs sont construits en tôle ou en maçon-nerie. Les premiers sont habituellement réservés pourles volumes peu considérables, à moins que des diffi-cultés particulières de fondation ne les rendent plus éco-nomiques que ceux en maçonnerie qui sont générale-ment employés dans les travaux un peu importants.
Les réservoirs en tôle sont ordinairement cylindrî-driques. On peut les exécuter en tôle assez mincequand leurs dimensions ne sont pas très-considérables.Un réservoir de 8 ou 10 mètres de circonférence et de3 ou-i mètres de hauteur peut se composer, par exem-ple, de tôle de 2 millimètres dans le premier tiers de sahauteur, de 2 millimètres et demi au milieu, et de3 millimètres dans sa partie inférieure. Le fond estordinairement plat. S’il reposait sur une surface planeet résistante, il pourrait être fort mince comme on lefait quelquefois par économie. Mais il vaut mieux luidonner une certaine épaisseur et le poser sur des pou-trelles ou sur des murs de refend présentant un écar-tement suffisant pour que l’on puisse visiter le dessousdu réservoir, vérifier et réparer les fuites, s’il s’en pro-duit, et entretenir la peinture pour empêcher la rouilled’attaquer le métal. Si le réservoir n’est pas placé dansune construction en maçonnerie, il faut le recouvrird’un toit et l'entourer d’une enveloppe en matières peuconductrices, afin de conserver à Veau une températureplus uniforme.
Les grands réservoirs sont ordinairement construitsen maçonnerie comme on l’a déjà dit. Il convient de lesrecouvrir d’une voûte ou au moins d’une toiture. Lesréservoirs établis à ciel ouvert gèlent en hiver, reçoiventles poussières et les impuretés que le vent entraîne tou-jours, et se remplissent en été de plantes et d’animauxaquatiques qui altèrent la qualité de Veau . La forme desréservoirs dépend essentiellement de l’emplacement donton dispose, mais les parties essentielles de leur con-struction sont toujours à peu près les mêmes. Les figu-res 3502, 3503 et 350-1 indiquent la disposition du ré-servoir d’Amiens , construit d’après les projets deM. Mary. Le fond elles paroisdes réservoirs sontordinai-rcment en béton, recouvert d’un enduit de ciment hy-draulique. Le fond a 0 m ,30 à 0 m ,70, selon la résistancedu sol et la hauteur de Veau qui varie habituellementde 2 à 5 mètres. L’épaisseur des murs d’enceinte secalcule suivant les règles habituelles de Fart de bâtir;elle est à peu près égale en moyenne aux 2 3 de la hau-teur d’eau à supporter, si les murs sont isolés et (l’unecertaine longueur. Quant au mode de recouvrement, lemeilleur est assurément l’emploi de petites voûtes cy-lindriques légères, supportées par des rangées d’arcadesreposant elles-mêmes sur de petits piliers isolés commel’indiquent les fig. 3503 et 3504.
L’un des réservoirs les plus remarquables que Vou