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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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EAUX.

EAUX,

veste, les anciens coefficients de Prony ou les coeffi-cients variables de M. Darcy, les tâtonnements que né -cessite l’application des formules précédentes seraienttoujours extrêmement longs. Pour les abréger, M. de

Prony a dressé des tables de la valeur de ^ DI pour les

différentes valeurs de v. Ces tables, déjà fort utiles,,sont cependant encore d’un usage assez pénible. Pourabréger davantage les calculs, plusieurs ingénieurs, etentre autres MM. Mary, Darcy, etc., ont remarqué qu’enpratique, dans une même ville, on n’employait qu’unnombre assez restreint de tuyaux, de sorte que 1)n’avait qu’un nombre déterminé de valeurs, et alors ilsont pu dresser des tables donnant pour chaque diamètrede tuyaux la vitesse par seconde et le volume débitécorrespondant à une perte de charge déterminée. Cestables, qui n’occuperaient pas moins d’unevingtaine depages, sont impossibles à reproduire ici ; mais il étaitnécessaire de signaler leur existence aux personnesqui pourraient avoir à se servir des formules qui pré-cèdent.

Ces indications générales sur la détermination dutracé et du diamètre des conduites suffisent pour indi-quer la marche à suivre dans cette partie du travailde distribution, et nous pouvons passer à la descrip-tion de ces ouvrages.

Les tuyaux ainsi disposés sont parfaitement résis-tants et peuvent éprouver sans altération les petitsmouvements d’allongement ou de raccourcissement queles variations de température tendent à leur faire éprou-ver. Mais le démontage d’une pareille conduite est àpeu près impossible. En chauffant le tuyau pour foudrele plomb, on le fait souvent éclater, et le plus simpleest presque toujours de couper au burin et de briserle tuyau que l’on veut enlever pour introduire dans laconduite un branchement à tubulure, un robinet outoute autre partie nouvelle. Pour éviter ces difficultés,il convient de mettre de place en place dans la conduiteun tuyau à bride (fig. 3508) entre un tuyau à bride et

Fig. 3508. — Tète de tuyau à bride en fonte.

Nature des tuyaux. — Les tuyaux employés pour lesdistributions d’eau sont de diverses espèces, que l’on vaénumérer rapidement.

Les tuyaux en fonte sont les plus employés dans lesvilles pour les conduites et branchements principaux.

Les figures 3500 et 3507 donnent les proportions des

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Fig. 3507. — Coupeen travers et vue dubouchon d’attente dutuyau fig. 200G.

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Fig. 350G. — Coupe d’un tuyau en fonte de 0 m ,03t de diamètreintérieur à cordon et emboîtement.

(Échelle de 0 ra ,010 pour l mètre.)tuyaux en fonte de 81 millimètres de diamètre adoptéspar le service municipal de Paris , et, à son exemple,par presque toutes les villes de France . La longueurde ces tuyaux varie de 2 mètres à 2 mètres 50. La posedes tuyaux à cordon et emboîtement est extrêmementsimple et donne auxjoints une étanchéité parfaite. Lestranchées qui doivent recevoir les tuyaux ont ordinai-rement 1 mètre 40 de profondeur. On les fait assezlarges pour que les ouvriers puissent y descendre. Lapetite extrémité de chaque tuyau est introduite dansremboîtement du tuyau précédent. On introduit alorsde force, avec un ciseau à matter, de la corde gou-dronnée dans l’espace annulaire qui existe Rentre lesdeux tuyaux jusqu’à 4 ou 5 centimètres de l’extrémité.

On pose alors un boudin d’argile sur l’ouverture de cetespace annulaire, et on y coule du plomb fondu bienchaud. Lorsque le plomb est figé, on le matte fortementpour compléter l’opération. La petite gorge que l’onvoit sur la figure à l’intérieur de l’emboîtement em-pêche cette bague de plomb de céder à la pression dePeau qui tendrait à la faire sortir.

On a figuré sur le tuyau, figures 3506 et 3507, un ta-raudage et un bouchon à vis en métal fusible, destiné às’enlever facilement au moment où l’on veut faire uneprise sur la conduite. Cette précaution évite de percerle tuyau en place, opération toujours un peu difficile,de faire un joint avec collier brisé, etc. Cependant,beaucoup de tuyaux n’offreutpas cette disposition par-ticulière.

cordon et un autre tuyau à bride et emboîtement. I.otuvau à deux brides est réuni aux tuyaux précédentspar des boulons, qu’il suffit de dévisser ou de couperquand on veut enlever cette partie de la conduite. Ilest prudent de placer de pareils tuyaux à la traverséedes rues et dans tous lespoints où l’on peut sup-poser qu’il sera nécessairede mettre plus tard denouvelles pièces de fontai •nerie. Ainsi que l’indiquela figure, les brides pré-sentent une surface unpeu conique; on interposeune rondelle de plomb en-tre les deux bouts dutuyau, et on la matte fortement lorsque les boulonssont serrés. Sans ki forme donnée aux brides, le mat-tage du plomb n’aurait d’autre effet que de le faire pé-nétrer dans l’intérieur du tuyau. Les anciennes con-duites en fonte étaient entièrement formées de tuyauxà brides. Ces lignes rigides ne pouvaient céder qu ense disloquant aux efforts de dilatation et de contrac-tion; aussi les fuites se produisaient-elles fréquem-ment. On n’emplote plus les tuyaux à brides que dansles cas exceptionnels dont nous parlons, où ils sontsans aucun inconvénient. • .

Pour raccorder deux parties de tuyau qui ont etocoupées, ou deux bouts de tuyaux de diamètres diffe-rents, on se sert de manchons. Ce sont de petits tuyauxprésentant la même disposition à leurs deux extrémi-tés que l’emboîtement des tuyaux ordinaires. Quelque-fois les manchons sont composés de deux parties, oucoquilles, qui se placent l’une au-dessus et l’autre au-dessous du tuyau à raccorder. On réunit les deux par-ties du manchon par des boulons, et on fait le jointcomme de coutume. Le raccordement de deux conduitesimportantes se fait avec un tuyau garni d’une tubulurelatérale, ou bien avec des tuyaux bifurqués dits dculotte.

Les courbes de grand rayon des conduites peuventse faire avec des tuyaux droits que l’on incline légère-ment les uns par rapport aux autres. Pour les courbesde petit rayon, on a des tuyaux courbes comprenantl’angle que l’on veut obtenir.