ÉCLAIRAGE.
ÉCLAIRAGE.
« Eu supposant, la tonne de bouille à 2ofi'., le prix<lu coke (qualité supérieure) à 38 fr., le bogliead can-nel-coal à 73 fr., le goudron et les eaux ammoniacalesne changeant pas, on a trouvé que le prix du métrécube de ce gaz était 0 f. 032. Du reste, on peut s’enassurer en luisant le calcul à l’aide des chiffres consi-gnés dans le tableau suivant, qui donne le résumé desdeux dernières opérations comparées aux six premièresqui ont été laites.
«( On remarquera que les eaux ammonicales n’ont pasété portées dans la 7 e opération; cela tient à ce que laquantité n’en a pas été connue exactement, par suited’infiltrations accidentelles dans la citerne.
« Le gaz reviendrait à un prix plus bas, si l’on rem-plaçait le bogliead par un schiste bitumineux analogue,ou par des produits accessoires d’autrés fabrications,dont la valeur serait moindre que celle que la commis-sion a. attribuée au bogliead d'Écosse . »
Becs pour la combustion du gaz. — La bonne dispo-sition des becs qui servent à la combustion du gaz estd’une grande importance. En produisant le maximum■de lumière pour une meme consommation de gaz, ilspeuvent être la source d’importantes économies. Ce ré-sultat sera surtout obtenu par les becs donnant uneflamme très-régulière, pas trop allongée, afin d’agircomme un point himineux, en permettant au besoinl’action d’un réflecteur.
Bec Chaussenot. — Nous donnerons d’abord le becChaussenot, inventé depuis plusieurs années, et nousemprunterons au Traité de l’éclairage au gaz de M. Pc-louze une étude intéressante faite sur ce bec :
« La Société d’encouragement avait offert un prixde deux mille francs pour les moyens les plus efficacesd’augmenter le pouvoir illuminant des flammes pro-duites par la combustion des gaz d’éclairage. Ce prix aété adjugé en 4836 à M. Chaussenot. Et cependant,malgré V immense avantage signalé en faveur de sonappareil parles rapporteurs du concours, jusqu’ici ladécouverte qu’ils ont fait couronner n’a donné, quenous sachions, aucun résultat pratique, quoique l’exé-cution de l’appareil soit facile et présente beaucoup desimplicité. Faut-il attribuer cette stérilité à l’apathiedu public qui repousse si souvent, pendant un tempsplus ou moins long, les découvertes les plus utiles, oubien y aurait-il eu quelque méprise ou du moins quel-que exagération dans le rapport si favorable qui a étéfait à la Société d’encouragement? C’est ce que nousne sommes pas à même de décider.
« Le programme de la Société, au surplus, rappelaitdans son ensemble des principes assez certains et quenous croyons devoir reproduire ici •
« 1 U Que la quantité de lumière est proportionnée àla température plus ou moins élevée des particulescharbonneuses et au nombre d’entre elles existant à lafois à l’état d’incandescence depuis le moment de leurprécipitation jusqu’à leur transformation en un gazinvisible ;
« 2° Que les courants d’air rapides, qui rendent lesflammes plus brillantes, plus blanches et moins volu-mineuses, diminuent la quantité totale de la lumièreémise par un bec ;
« 3° Que les courants, quand ils sont trop faibles,en donnant à la flamme moins d’éclat, une colorationplus rouge, un volume plus grand, à cause d’une com-bustion moins rapide, faisaient diminuer l’intensité lu-mineuse d’une égale section de la flamme, tout en ac-croissant en somme la quantité de lumière produite ;
« i° Enfin, que le maximum d’intensité lumineusetotale avait lieu au moment où des particules solidescharbonneuses étaient tout près d’échapper à la com-bustion, tant la proportion d’air ambiant s’approchaitde la limite strictement utile. Ou conçoit d’ailleurs la
nécessité où l'on est toujours de s’écarter d'une tellelimite, dans la crainte de la dépasser et d’occasionnerune déperdition do gaz et une production de fumée.
« Mais était-il impossible, se demandait la Société,de réunir les deux conditions d’une température plusélevée dans les particules charbonneuses et d’un assezgrand volume de la flamme?
« Les ingénieuses dispositions imaginées parM. Chaussenot, déclarent les rapporteurs, ont produitce résultat remarquable : quelques mots suffiront pourle prouver. L’appareil de M. Chaussenot sc composed’une double enveloppe de verre, disposée de telle sorteque l'air extérieur s’échauffe beaucoup avant d'arriverà la flamme dont il doit entretenir la combustion.Cette circonstance permet à la fois de mieux utiliserl’oxygène de l'air, d’employer moins d’excès de cedernier pour obtenir là précipitation du carbone et sacombustion; enfin, par cette raison même et par l’élé-vation de la température de l’air, de moins refroidir legaz qui bride, et par conséquent de lui conserver da-vantage de pouvoir illuminant.
* Les commissaires de la Société d’encouragementannoncent qu’avec l’appareil de M. Chaussenot, ils ontvarié et répété les expériences, et toujours avec unégal succès; enfin, ils concluent, ce qui semble un ré-sultat bien élevé, que l’augmentation totale de lumière,des quantités égales de gaz étant brûlées, est sensible-ment de 0,33, si on la compare à celle produite dansles becs ordinaires. Les commissaires font d’ailleursremarquer que le moindre afflux d’air dans le becChaussenot doit nécessairement donner une plus grandestabilité à la flamme, l'empêcher d’être vacillante, larendre moins fatigante pour les yeux, moins influencéepar les courants inconstants de l’air extérieur ; ils affir-ment que ce dernier fait a été dûment constaté; enexposant sous la galerie des Proues, au Palais-Royal,où 11 règne constamment des courants très-forts ettrès-variables, l’un des becs en expérience, on a obtenule résultat le plus décisif et le plus satisfaisant. »
C’est, nous pensons, le défaut de simplicité qui aempêché cet appareil de réussir. Les verres sont tou-jours dans la pratique des corps qui éteignent en partiela lumière et un double verre devait offrir des incon-vénients certains.
On a cherché par des dispositions plus simples àobtenir partie des avantages du bec Chaussenot. Nousavons déjà parlé (art. éclairage) de l’excellente dis-position imaginée par M. Macaud, pour éviter les brus-ques variations du courant d’air ; nous citerons encorela suivante, très-propre à assurer la régularité de lalumière.
Ber Parisot. — Le bec Parisot est formé de piècesqui s’emboîtent de manière à laisser une fente circu-laire pour la sortie du gaz, et de plus former à la par-tie inférieure du bec un petit réservoir qui forme ré-gulateur et empêche la flamme de rien ressentir desremous produits dans les conduites. Avec ce bec etune toile métallique sur le passage de l'air, la flammedu gaz courant est d’une parfaite stabilité, conditionnécessaire pour bien des travaux.
Gaz de tourbe. — Le gaz extrait de la tourbe jouitde propriétés éclairantes remarquables. Bien qu’on nepuisse, à notre avis, fonder sur l’exploitation de latourbe l’alimentation des vastes usines à gaz commecelles qui servent à l’éclairage des grandes villes, etqui reposent sur la richesse immense des mines dehouille, cependant ces résultats peuvent offrir des ap-plications intéressantes, et ont beaucoup d’intérêt aupoint de vue scientifique.
Lorsque la tourbe est introduite dans une cornue dofonte chauffée au rouge sombre, elle donne immédia-tement un mélange de gaz permanent et de vapeurs