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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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Eclairage

ÉCONOMIE AGRICOLE.

susceptibles Je se -condenser en un liquide oléagineux-. *i es deux .produits se séparent bientôt en vertu de lud.fférence des états physiques qu’ils affectent n la tem- jpéracure ordinaire : aussitôt refroidie, l’huile de tourbe |est rassemblée dans un vase spécial, tandis que le 'lluide permanent, continuant son trajet, va se rendre 'dans un .gazomètre.

Cet hydrogène carboné gazeux, l’un des produitsimmédiats de la distillation de la tourbe, est par luimeme tout à fait impropre à l’éclairage : il donne uneflamme très-petite, comparable pour l’éclat à uneflamme de punch, et qui, par conséquent, ne répandsur les objets environnants que fort peu de lumière.L’huile do tourbe est un liquide visqueux, noirâtre,fortement odorant et assurément très-complexe, qui,soumis à une nouvelle distillation, se résout tout entieren gaz permanent, en hydrogène très-richement car-boné. Le mélange gazeux, que j’appellerai gaz d’huile,contraste singulièrement par ses propriétés avec le gazobtenu dans la première opération. En brillant, il donneune 11 anime six ou huit fois plus étendue et douée duplus vif éclat. On mêle alors ces deux gaz ensemble, leriche et le pauvre , et l’on obtient un gaz moyen,propre à la consommation. Quand l’opération estbien conduite, une fournée de tourbe, traitée commeil vient d’être dit, donne successivement un gaz pau-vre et un gaz riche qui, versés dans la meme clo-che, forment un mélange capable de produire une belleflamme, et que j’appellerai mélange naturel. Onreconnaît aisément, à la vue simple, que ce derniermélange possède un pouvoir éclairant plus considérableque le gaz courant fourni par la distillation de lahouille. Cette supériorité est assez évidente pour quele gaz de tourbe paraisse pouvoir devenir l’objet d’uneexploitation sérieuse.

(•'est ce que prouvera bien un des tableaux photo-métriques que nous emprunterons encore à une intéres-sante brochure de M. foucault que nous mettrons en-core à contribution à l’article riiOTOMKTiUE, où sera

expliquée la méthodepar ce physicien :

employée dans

ces expériences

Comparaison des gaz avec un faisceau de sept bougies.Evaluation des intensités au moyen du photomètre àcompartiments. Becs »i° 2, pressions égales de 22 mm .

CARRÉS. RAPP.

Bougres. .....Tourbe.

. . . . 1 ,

. . . . 1,712

10000 1 , 0-4

29344 j

Bougies.

Tourbe.

.... 0,988

.... 1,85

9761 U m.34225 j ,J

. Roupies.

Tourbe.

. . . . 1,973

38927 p* 51

Bougies,.

Tourbe.

. . . . 1,156. . . . 2,11

13363 ( r.

44521 \ 6 ' 66

Bougies.

Tourbe.

. . . . 1,196. . . . 2,25

14304 1 ,50625 j' 5 ’ 0 *

Moyenne. .

3,32

Bougies.

Gaz de la ville. . .

. . . . 1,44. . . . 1,42

30736 i 0 9720161 )

Bougies.

Ville.

. . . . 1,59. - . . 1,573

25231 J q qg24743 j ’

Bougies.

Ville.

. . . . 1,455

-U 70 | q g,20592 P 1 "

Bougies.

Ville.

. . . . 1,64

28561 0 94

26896 j u,y *

Bougies.

Ville.

. . . . 1,547

24180 j a nq23932 p JJ

Moyenne. .

0,97

Comparaison des deux gaz.

Gaz de la ville. ....Tourbe ........

. . 1,238. . 2,276

15326i

51802]

| 3,38

Ville.

Tourbe.. .

. . 1,315. . 2,377

17292i56501]

3,27

Ville.

Tourbe .

184961

60516)

|V-7

Moyenne. . . .

3,31

Interversion des

gaz dans les becs.

Gaz de la ville.

Tourbe ........

. . 2,425

18909|58806 j

|3,11

Ville.

Tourbe.

. . 1,25. . 2,334

15625]54476 j

3,49

Ville.

Tourbe.

. . 1,207

. . 2,194

145681

48136)

| 3,30

Moyenne. . . .

3,30

Moyenne générale : 3,30.

On voit que le gaz de tourbe, le mélange des deuxgaz dont nous avons parlé, a une très-grande supé-riorité de pouvoir éclairant sur le gaz de houille fournipour l’éclairage de Paris . Le pouvoir éclairant de celui-ci étant exprimé par 100, celui du gaz de tourbe s’estmaintenu dans des limites comprises entre 150 et 300.

Carburation du gaz. — Des essais curieux pour ac-croître dans une forte proportion le pouvoir éclairantdu gaz, ont été faits par plusieurs inventeurs, en fai-sant passer le gaz ù travers des hydro-carbures. Lesystème le plus apprécié,-le carburateur I.acarrière,consiste en un appareil à niveau constant, qui fournitle liquide que le gaz vient traverser. Avec de la ben-zine, le pouvoir éclairant du gaz courant de Paris aaugmenté de 30 p. 100 pour une dépense correspon-dant au quart de ce qu’eut coûté le gaz qui eût donné,cette lumière. Malgré cela, la pratique n’a pas encoreconsacré l’emploi d’un système qui complique quelquepeu l’usage du gaz, dont l’extrême simplicité est sur-tout appréciée du consommateur.

ÉCONOMIE AGRICOLE. Jusqu’au milieu du siècledernier, dans la plus grande partie du monde civilisé,partout on peut dire, à l’exception de quelques contréesjouissant d’avantages naturels tout particuliers, la cul-ture de la terre ne se dirigeait guère que par les prin-cipes du vieux Caton , et nous doutons que l’on pûtétablir qu’elle possédât une supériorité positive surl’agriculture romaine. Aider faiblement, autant quecela était absolument nécessaire, le travail naturel dusol et de la végétation, dépenser le moins possible pourla terre comme pour celui qui la cultivait, telle était àpeu près toute la science économique du cultivateur,et, il faut le dire, ce n’est que grâce à de nombreusesexpériences, à des succès indiscutables, que nos paysanscommencent à ne plus se moquer de la création d’ex-ploitations créées à grands frais, dirigées dans des voiestoutes différentes de celles qu’ils étaient habitués à par-courir.

C’est surtout l’habitude de l’industrie manufacturièrequi, en Angleterre d’abord et enfin en France , achangé les idées relativement è l’agriculture, et a faitcomprendre que ce n’était pas une industrie différentedes autres, en ce sens que c’était en raisonnant de lamême manière qu’on devait parvenir aux mêmes suc-cès. Ce n’est peut-être qu’en Allemagne que l’agricul-ture, objet de la passion des populations intelligenteset laborieuses, s’est développée avant l’industrie ouconcurremment avec elle, et son expérience a été miseà profit par les autres nations pour réaliser les progrèsqui ont amené les agriculteurs avancés de toute l’Eu-

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C.