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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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ÉCONOMIE AGRICOLE.

Economie agricole.

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ropc ù peu près au même niveau, comme il arrive au-jourd’hui pour la plupart des fabricants.

L’exemple de l’industrie, avons-nous dit, a été favo-rable h l’agriculture sous bien des rapports, mais no-tamment en habituant les esprits à rechercher leproduit net le plus élevé possible en agriculture, c’est-à-dire non pas celui qui résulte du minimum absolude dépenses, comme on le croyait autrefois, mais celuique procurent les dépenses les plus profitables. Onvoit de suite que cette agriculture, qui réclame un largeemploi du capital , c>t l’agriculture des pays riches,mais doit rendre beaucoup plus à égalité de dépenses,et l'on comprend ce qu’est un progrès qui augmentedans une proportion notable les produits d’une indus-trie qui montent dans l’état actuel des choses à envi-ron G milliards de francs par an, en France .

Nous passerons rapidement en revue les principalespratiques agricoles, au point de vue économique, enles classant sous trois divisions :

1° Moyens d’accroître la fertilité ;

2° —d’obtenir les produits les plus avantageux ;

3° —de diminuer les dépenses.

Enfin nous terminerons par quelques mots sur lapetite culture.

I. Moyens d’acrroitre la fertilité. — Certains solsjouissent d’une réputation méritée de fécondité : leséléments les plus convenables pour la végétation s’ytrouvent dans les meilleures proportions. A la rigueuril ne paraît pas impossible de modifier artificielle -nient la plupart des sols de qualités inférieures, demanière an moins à les rendre tout à fait propres àcertaines cultures, par l'addition des éléments miné-raux qui leur manquent, et que, par quelques fouilles,on peut presque toujours trouver dans le voisinage.Quelques provinces doivent leur richesse et leur ferti-lité à ce mode d’opérer; c’est ainsi qu’à l’aide de lamarne on a transformé des pays sablonneux en paysriches et fertiles. La chaux, employée en quantitésconsidérables, est devenue le point de départ de plusd’une agriculture prospère, et si on doit surtout la con-sidérer comme un excitant, cependant, clans la pro-portion dans laquelle elle est employée fréquemment,il n’est pas douteux qu’elle n’agisse en transformant,en quelques années, la nature même de la surface dusol arable. L’emploi des phosphates fossiles va servirà accroître le rendement des céréales.

L’abondance d’engrais est la condition capitale del’abondance de la production, que l'on peut considé-rer, dans des limites assez étendues, comme propor-tionnelles à la quantité d’engrais employés ; la végé-tion étant surtout une réaction chimique produite sousl’influence des forces vitales, qui ne peut prendre nais-sance qu’ftutant que les éléments convenables sont enprésence. Les progrès des procédés de fabrication desengrais, indépendamment de celui produit dans laferme, base de la culture, dont nous parlons plus loin,l’utilisation de tous les déchets, de toutes les matièresanimales, et notamment la conversion des vidanges enengrais complets, sont tout à fait capitaux pour l’agricul-ture et fourniront le point de départ d’un grand accrois-sement de richesse agricole.

C’est surtout par l’aménagement des eaux, base fon*damentale de toute végétation, que l’agriculture estarrivée à de magnifiques résultats, qui la transformentradicalement, par des travaux qui, une fois faits, ac-croissent d’une manière permanente la fertilité, laquantité annuelle delà production.

Deux séries de travaux conduisent à ce résultat, ledrainage et l’irrigation.

Le drainage , pratique par excellence des pays duNord, des climats humides, a pour objet de débarrasserle sol d'un excès d’humidité toujours nuisible, d'aérer

les racines par l’infiltration de l’air qui accompagnel’eau. C’est grâce à cette pratique que l’agriculteuranglais n’a pas craint de continuer le payement de scsfermages, lorsque Kobert Peel supprima un énormedroit <Pentrée qui pesait sur les céréales qui venaientde l’étranger, et y arriva par une opération qui aug-mentait dans une proportion plus considérable le ren-dement des récoltes.

L’irnV/rtfion est la méthode par excellence des payschauds; non pas qu’au Nord elle ne soit d’une extrêmeutilité pour créer des prairies, pour faire naître des vé-gétaux au milieu des sables et les fertiliser, mais auMidi, avec un soleil brûlant, la végétation est en quel-que -sorte exclusivement proportionnelle à la quantitéd’eau, et les irrigations répandent la vie et la fertilité.La Lombardie, la province de Valence en Espagne peuvent être citées, entre autres contrées, comme despays qui doivent à des travaux d’irrigation une admi-rable fertilité ; aucun travail plus profitable, plus rému-nérateur ne peut être tenté aujourd’hui dans plus dopays.

En se plaçant à un point de vue plus élevé que celuide l’irrigation par la conduite de l’eau sur le sol, enconsidérant les contrées qui reçoivent de l’eau abon-damment par une cause quelconque, brouillards fré-quents dans la montagne comme eu Suisse , infiltra-tions d’eau plus élevées que le sol comme en Hollande,cours d’eau descendant abondamment de la montagneet des glaciers, on comprend comment ces pays setrouvent par ce seul fait naturellement couverts deprairies toujours vertes, qui, sans travail humain, four-nissent la nourriture à de nombreux troupeaux, dontla viande, le lait, la laine, etc., procurent naturelle-ment en quelque sorte d’abondantes richesses.

Étendre ou limiter par des travaux bien entendusla sphère d’action des eaux, est donc un des plus puis-sants moyens, en convertissant des pays pauvros enpays prospères, de multiplier la production spontanéedes richesses agricoles, le produit net.

IL Moyens d'obtenir les produits les plus avantageux..— C’est surtout en se portant vers la production desrécoltes les plus avantageuses, en cherchant à créer lesproduits qui se vendent au plus haut prix, que les agri-culteurs modernes ont imité les industriels; car malgrél’immensité du débouché des produits agricoles qui enrend toujours la vente facile, c’est souvent sur un bonchoix des cultures qui se vendent à un prix très-avan-tageux, que repose le succès agricole.

Les principaux produits de l’agriculture sont néces-sairement les céréales et le bétail, le pain et la viande,bases de l’alimentation humaine. Tant que ces pro-ductions sont restées presque complètement séparées,que certaines contrées paraissaient posséder seules leprivilège d’élever du bétail, et que d’autres, au contraire,semblaient ne pouvoir sortir de la culture exclusivedes céréales, l’agriculture en masse ne pouvait accom-plir de grands progrès. Comment accroître la produc-tion des céréales, lorsque l’engrais ne leur était fournique par quelques animaux nécessaires pour les labourset au plus par quelques vaches à l’étable? Combien cesressources étaient insuffisantes pour compenser La perted’éléments essentiels de la production du blé emportéschaque jour avec les récoltes ! Aussi, ce qui doit le plussurprendre, à notre avis, c’est qu’avec uno telle ma-nière d’opérer, une fertilité relative aussi grande aitpu persévérer dans les pays à blé, et ce fait montrebien combien nos efforts pour obtenir des productionsvégétales ne sont qu’une aide donnée aux grands phé-nomènes météorologiques et vitaux, et qu’il ne s’agitplus ici, comme dans l'industrie manufacturière, d’uneproduction dont nous manions à volonté tous les élé-ments. 11 ne faut jamais l’oublier : quand il s’agit d'a-