ECONOMIE AGRICOLE,
ECONOMIE AGRICOLE.
gixeulture, ni que des progrès très-réels nous fassenttrop exagérer notre pouvoir.
Cependant, tous les bons agriculteurs avaient reconnu, etdcs savants allemands tels que Thaér avaientformulé, en principe, la nécessité d’accroître le pluspossible le bétail des fermes, indépendamment de lavaleur propie du bétail, pour obtenir de belles récolterde céréales. C’est alors que les prairies artificiellesvinrent si heureusement transformer l'agriculture, eten faisant jouir tous les sols, en quelque sorte, de lamôme fertilité que les pays irrigués, permirent à toutcultivateur d’élever la quantité de bétail la plus con-venable pour son exploitation.
De ce jour fut créée l’industrie agricole moderne, quiosa se poser tous les problèmes et les résoudre de ma-nière à obtenir le maximum de produit. C’est à ce mo-ment que correspond l’enseignement agricole d’un deshommes qui furent le plus utiles à la France (qui, bienentendu, n’a su le récompenser que par une statue aprèssa mort), M. Mathieu de Dombasle , qui démontra àsatiété tous les avantages des nouvelles méthodes etentrevit clairement le dernier progrès dont il nous resteà parler, qui fournit, ce nous semble, la solution com-plète de la question économique.
Tandis que l’on préconisait en Angleterre la culturedes plantes sarclées, du turneps notamment, commemoyen de nettoyer parfaitement le sol, en récoltantdes quantités de fourrage très-considérables, on avaitreconnu en Allemagne que le bétail se trouvait fortbien des résidus de distilleries. Autrement dît, la dis-tillation des pommes de terre, par exemple, laisseaux herbivores une pulpe qui les nourrit autantque la pomme de terre, môme avant qu’on n’ait re-tiré l’alcool. D’ou cet immense résultat que la pro-duction du bétail, obtenue dans des fermes avec desprairies artificielles d’une manière plus coûteuse quedans les pays de prairies naturelles, ce qui limite laproduction ou, si l’on aime mieux, rend la culture descéréales plus coûteuse, reprend la supériorité, si l’onemploie une racine qui, avant de nourrir le bétail, adonné un produit industriel. C’est ainsi que la betteraveemployée à fabriquer le sucre a créé dans nos départe-ments du nord une incroyable richesse agricole, unaccroissement de bétail dont nous donnerons idée encitant l’arrondissement de Valenciennes, qui a aujour-d'hui cent fois le nombre de hôtes ù cornes qu’il pos-sédait auparavant. La distillation de l'alcool, qui semonte aujourd’hui dans les fermes où la betterave passeà la fermentation avant d’aller à l’étable, va ôtre la gé-néralisation de cette prospérité. (Voy. distillation.)
Ainsi, au point de vue des produits, une exploitationagricole produira aujourd’hui : céréales, produits indus-triels, tels qu’alcool, colza, bétail et scs produits, telsque laine, lait, etc. On voit comment l'agriculturepeut créer, l’abondance de l’engrais étant la cause del’accroissement de la production végétale et inverse-ment, des produits propres à assurer des rentrées con-sidérables.
III. Moyens de diminuer les dépenses. — Nous venonsde voir comment l’agriculture produisait des valeursconsidérables ; le moyen d’obtenir le produit net maxi-mum consiste donc à faire concorder cette abondancede produits recherchés avec un minimum de dépensesjournalières. Les efforts dirigés dans cette voie sonttrès-grands, et les résultats étaient d’autant plus assu-rés que la question était tout à fait industrielle, qu’ils’agissait de travaux mécaniques que l'industrie saitexécuter à bon marché par l’invention des machines.C’est ce qu’a parfaitement senti M. Barrai, rapporteur àl’Exposition de 1855, qui s’exprime ainsi ù propos dela machine à moissonner, une des nouvelles inventionsd’outils d’agriculture qui attirait ajuste titre l’atten-tion publique.
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« Le progrès dans la construction des machines agri-coles a pour résultat, non-seulement de mieux faire faireles différents travaux auxquels ces machines sont des-tinées, mais encore de les faire exécuter à meilleurmarché et en économisant la main-d’œuvre. Substitueraux bras do l’homme la force des animaux, et mieuxencore celle des moteurs inanimés, eau, vent ou va-peur; demander à l'homme l’intelligence et l’adresse,et multiplier par les machines la puissance de son ac-tion sur le sol et sur les produits de la terre, c’est leproblème que résout notre époque. Les peuples neufsentrent avec une ardeur victorieuse dans cette voiequ'ont ouverte leurs devanciers. Ainsi, l’Amérique rend tout d’un coup pratique la machine à moissonnerqu’avaient rêvée les Romains, que s’étaient ingéniés àébaucher les cultivateurs de presque toutes les partiesdu vieux continent. Les livres d'agricvdture de toutesles époques donnaient des descriptions d’engins impar-faits imaginés dans le but de dépouiller le sol de ses ri-ches récoltes assez vite pour que les intempéries nepussent pas toujours menacer de destruction les fruits'de la terre au moment où le cultivateur se dispose hles recueillir. Mais, il y a quelques mois encore, on re-gardait comme chimérique l'espoir de pouvoir obtenirune machine qui laisserait la faux inactive. Un desprincipaux résultats de l’Exposition universelle de Pa-ris aura été de montrer des machines à moissonner et àfaucher qui font mieux le travail de la coupe du blé oudu foin, que beaucoup de charrues ne labourent noschamps. L’Exposition universelle de Londres avait faitcroire que les agriculteurs américains trouvaient plusavantageux do couper imparfaitement tous les blés do-rant leurs vastes plaines, d’en abandonner une partie,que de s’efforcer de bien moissonner le reste à brasd’hommes. On disait : c’est une affaire de rareté demain-d’œuvre ; en Europe , où l’on a encore des braspour faire la moisson, les machines à moissonner nesauraient servir. On croyait d’autant plus que l’on étaitdans le vrai en raisonnant ainsi, que les essais de lamachine écossaise de Bell, qui, disait-on, était identi-que aux machines américaines, ne donnaient que des ré-sultats très-peu satisfaisants. L’Exposition universellede Paris a fait voir que les agriculteurs américains,certainement poussés par les intérêts de leurs condi-tions économiques, avaient assez bien résolu le pro-blème du moissonnage par les machines, pour pouvoirdoter le monde entier de leurs puissants appareil?. Lesmêmes circonstances qui ont conduit ù perfectionnerles moissonneuses ont dû aussi engendrer les perfec-tionnements à l’aide desquels les machines à battre sontdevenues si énergiques, si rapides, entre les mains desAméricains. Récolter vite les gerbes de blé et en obte-nir aussitôt du grain prêt à être vendu, c’est bien là lasolution du problème des subsistances pour des popu-lations essentiellement commerçantes.
« La vue simple dos machines à moissonner dans lagalerie de l’Exposition universelle ne pouvait donnerune juste idée de leur valeur. Lorsque leurs organesmultiples, qui exécutent tant de mouvements différentsempruntés à un seul principe d'activité, sont à l’état derepos, on est tenté de regarder ces engins comme lesproduits d’une imagination en délire. Si ces machines,qu’on nous passe l'expression, restent muettes, on estdisposé ù nier la possibilité de les employer dans lapratique. Mais la scène change, si de vigoureux che-vaux leur sont attelés; alors on est émerveillé de l’exac-titude et do la rapidité des mouvements parfaitementappropriés au travail qu’on leur demande; les tiges deblé tombent en gerbes pressées et complètement dispo-sées à etre liées, avec une telle vitesse que l’ouvriermoissonneur jette sa faux comme désormais inutile. »
Nous avons cité ce passage in extenso , non pource qui a rapport à une intéressante machine ( voyez