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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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concurrence, par leur bas prix, à tous les autres en-trais que Ton essayerait de leur substituer. Le perfec-tionnement des procédés d’assainissement de Paris aura«l’ailleurs pour efl'et naturel de diminuer, au profit desdeux autres natures de produits, la masse et lu richessecomme engrais de ces matières. Aussi n’a-t-il passemblé nécessaire d’étudier ici cette première classe dematières fertilisantes. On se bornera à l’examen desdeux autres classes de produits.

K’analyscdetousles échantillons examinés a été con-duite de la meme manière. On introduisait dans un ballonde verre pesé avec une balance à analyse, un litre ouun demi-litre du produit; ce ballon était placé dansun bain-marie d’eau salée bouillant à 108°. Un bou-chon adapté au col du ballon et garni de tubes de verreconvenablement disposés, permettait de recueillir lesproduits de la distillation dans un volume connud’acide sulfurique titré, et de faire passer un courantd’air sec sur le résidu solide pour en compléter la des-siccation. Lorsque le poids du ballon ne variait plus,on le pesait avec soin, et en retranchant du poids ob-tenu celui du ballon vide, on obtenait le poids du ré-sidu solide séché à 108° contenu dans le volume liquidesur lequel on avait opéré. L’ammoniaque recueilliedans l’acide sulfurique titré était dosée avec les précau-tions ordinaires, après avoir chassé l’acide carboniqueet l’acide sulfhydriqne condensés dans le liquide.

On brisait ensuite le ballon pour détacher le pro-duit solide et déterminer la proportion d’azote qu’ilrenfermait. Cette détermination a toujours été faitepar la chaux sodée et par l’oxyde de cuivre. Les deuxméthodes ont constamment donné des chiffres très-rapprochés, dont les différences n’ont point paru excé-der les limites que comportent des recherches exécu-tées sur des produits aussi complexes et aussi peuhomogènes.

Les opérations n'ont point porté sur les produitsd’une ou de plusieurs fosses, prises isolément, qui au-raient plus ou moins différé de la moyenne, mais surle mélange de tous ces produits tel qu’il sort de laconduite en fonte établie entre le dépotoir de la Yil-lette et les bassins de la voirie de Bondy. La com-position de ces mélanges varie .sans doute un peud’un jour à l’autre, et, pour arriver à une exactitudemathématique, il aurait fallu pouvoir multiplier lesessais beaucoup plus que les circonstances ne per-mettaient de le faire. Cependant les précautions prisesdans les expériences dont il s’agit permettent d’assurerque les chiffres obtenus sont très-voisins de la vérité,et qu’ils offrent un degré d’exactitude parfaitementsuffisant pour les besoins de la pratique.

Il serait inutile de reproduire ici les détails des diffé-rentes analyses; il suffira de dire que les liquides trou-bles chassés dans la conduite de Bondy renferment enmoyenne par litre :

4° Azote combiné :

Azote de l’ammoniaque extrait Grammes,

par distillation. 3,0691

Azote du produit solide.0,9470 0,9470

Azote total. 4,0164

2° .4/aitères organiques, «on compris l'azote :

Carbone . 9,5723

Hydrogène. 1,5895

Oxygène. 3,4580 44,6198

3° Matières minérales :

Acide sulfurique . 0,6161

Acide chlorhydrique. 2,4471

Acide phosphorique. 1,2212

A reporter. 15,5668

ÉGOUTS.

Report. . .

15,5008

Soude et potasse.

2,0814

Chaux.

1,0431

Magnésie.

0 0782

Alumine et peroxyde de fer . . .

1,0931

Silice et argile insolubles dans les

acides.

1,5907

Acide carbonique et matières non

dosées.

1,3771

11,5540

Total du résidu solide par litre. . .

27,1208

Il est maintenant facile d’évaluer la masse totale desmatières fertilisantes des produits des vidanges deParis .

On admettra, pour fixer les idées, que le produit dola voirie de Paris s’élève maintenant, par an,354,000 mètres cubes de substances d’une compositionmoyenne analogue h celle des matières soumises àl’analyse.

Cela posé, il suffira de multiplier par 354,000,000les différents chiffres donnés dans l’analyse ci-dessus,pour reconnaître que le produit annuel des vidanges deParis , pour une population d’un million d’habitantsenviron, renferme :

Azote combine:

Azote de l’ammoniaque Kiiog. i Ki '°s-

des liquides. 1,086,567.60 )1,421,805.60

Azote des produits solides 335,238,00 )

Matière organique non compris l'azote *

Carbone. 3,388,488.00 }

Hydrogène . 562,506.00 J 5,175,426.00

Oxygène. 1,224,132.00)

Produits minéraux :

Acide sulfurique ....Acide chlorhydrique . .Acide phosphorique. . .Soude et potasse ....Autres produits miné-raux.» .

218,099.40i866,273.40]432,304.80 |736,815.60/

4,836,622.80)

4,090,116.00

40,687,047.60

Total général. . . .ou plus simplement :

Azote de l’ammoniaque.. . 4,056,567)^ gç»

Azote des matières solides. 335,238 j ’ * ’Matières organiques, non

compris l’azote.5,175,126

Matières minérales . . . . 4,090,116

Les chiffres précédents permettent de calculer, parune simple proportion, la composition du produit desvidanges dans presque toutes les villes de France , qui,sous le rapport de ce service, sont à peu près dans lesmêmes conditions que Paris .

La quantité d’azote des vidanges de Paris est égaleix celle que contiendraient 355,451,250 Kilogrammesde fumier normal (dosant 0.4 pour 100 d’azote). Knadmettant que la fumure annuelle d’un hectare soit de20,000 kilogrammes de fumier, on trouverait que laquantité d’azote des vidanges suffirait pour fumer17,772 hectares par an. Mais on sait que les engraisde cette nature sont beaucoup plus actifs que le fumierordinaire et qu’ils renferment beaucoup plus de selsminéraux utiles. Pour établir une comparaison plus ri-goureuse, il convient de s’adresser à la pratique descultivateurs des environs de Lille , qui emploient les en-grais dont il s’agit. Or, chez les meilleurs fermiers doce pays, on emploie environ, pour une forte fumure,48 mètres cubes d’engrais flamand contenant 48 k .6 d’a-zote, d’après les analyses faites en même temps quecelles qui font l’objet de cet article. D’après cela, les