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produits des fosses de Paris pourraient servir à la fu-mure de 29,250 hectares par an, soit en nombre rondde 30,000 hectares. La valeur réelle de ces produitsest donc de 1,500,000 francs à 2 millions.
On sait d’ailleurs que cet engrais ne saurait être ex-clusivement employé, que son action doit être néces-sairement alternée avec celle des engrais plus richesen carbone et moins riches en sels minéraux. Si Tonvoulait employer en agriculture la totalité des vidangesde Paris , il faudrait les mettre à la disposition d’uneétendue de sol arable au moins triple de celle qu'ellespourraient féconder annuellement, 6oit en nombre rondde 00,000 à 100,000 hectares.
Quand on cherche à se rendre compte du prix detransport de ces matières dans des vases hermétique-ment clos, soit par chemins de fer, soit par voies navi-gables, on reconnaît bien vite qu’elles ont trop peu devaleur pour supporter des frais de transports aussi longsque ceux qui seraient nécessaires pour dépasser la zoneoù s’emploient les boues de ville, et atteindre les payssitués plus loin, qui pourraient seuls les utiliser avecéconomie.
Pour effectuer ces transports si utiles à l’assainisse-ment de la ville et à P agriculture, on ne peut donc re-courir qu’à l’emploi de tuyaux de conduites et de pom-pes foulantes à vapeur, comme l’a fait pour la premièrefois et avec tant de succès M. l’inspecteur général Marypour l’établissement du dépotoir. Dans ces conditions,les transports peuvent s’effectuer à des prix toutà fait en rapport avec la valeur des produits dont ils’agit.
On pourrait craindre que dans les premières annéesl’emploi de ces engrais ne fût pas accepté avec assezd’empressement dans les campagnes et qu’il n’en résul-tat quelques mécomptes. Mais l’exemple des avantagesobtenus convertirait promptement les incrédules, etd’ailleurs il suffirait, comme l’a indiqué M. Boussin-gault, d’autoriser la culture du tabac, plante si avidede ces engrais, dans les départements traversés par laconduite, pour assurer la consommation rapide de tousles liquides qui seraient envoyés.
Les renseignements si précis et si intéressants donnéspar M. ITussou dans son ouvrage sur les Consommationsde la ville de Paris , m’ont fourni récemment une vé-rification indirecte de ces résultats analytiques déjàanciens.
J’ai calculé la quantité d’azote et de matières miné-rales contenue dans la quantité de chaque alimentconsommé annuellement à Paris , et j’ai pu ainsi com-parer le poids de ces matières entrées à Paris , d’aprèsles chiffres de M.Husson (page 140), à ceux des mêmesmatières sorties, déduits de mes analyses. Sans repro-duire ces longs tableaux de chiffres qui occuperaienttrois ou quatre pages, je me bornerai aux observationssuivantes :
On retrouve dans les vidanges transportées à Bondy de la moitié aux deux tiers seulement des sels miné-raux introduits par les aliments consommés. Pourl’azote, la perte est plus considérable encore. La vidangene renferme pas plus du tiers de la quantité de ce corpsintroduit par les aliments.
Ces résultats s'expliquent facilement et confirmentles chiffres de l’analyse.
Une partie des fosses de Paris , malgré les règle-ments de police, ne sont point étanches ; dans beau-coup de quartiers, certaines fosses n’ont jamais étévidées. D’un autre côté, une grande partie des urinessont répandues sur la voie publique ; on comprenddonc qu’une très-notable partie des produits qui de-vraient être recueillis à Bondy se perdent de différentesmanières. Quant à la déperdition d’azote, beaucoupplus forte relativement que celle des autres produits,elle s’explique trop facilement par les exhalaisons in-
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fectes que l’on observe dans les rues et les maisons deParis .
Les chiffres qui précèdent ne justifient que trop lesplaintes générales que soulève le système vicieux quirégit les fosses et les vidanges de la capitale. Plus do3 millions et demi de kilogrammes d’azote sont perdu*chaque année à Paris pour l’agriculture, et sur cechiffre 2 millions de kilogrammes au moins sont en-traînés à l’état de miasmes infects, qui corrompentl’atmosphère, et concourent pour une large part à l’in-salubrité de la ville, dont l’air se rapproche ainsi, parsa composition, de celui de la surface d'un immensetas de fumier.
La composition des eaux des égouts, dont on vaparler, est beaucoup plus variable d’un jour à l’autreet d’un point à l'autre que celle des produits de lavoirie. Pour arriver à une évaluation à peu près exactede la valeur de ces liquides, il faudrait en faire puiser,d’heure en heure, dans les divers égouts de Paris , faireun mélange de ces différents échantillons, en quantitésproportionnelles au débit correspondant, çt analyserles mélanges ainsi formés chaque jour pendant uneassez longue période de temps. On ne pourrait entre-prendre une pareille étude sans le concours actif del’administration municipale. Dès lors, j’ai dû réduiremes analyses au petit nombre d’échantillons que jepouvais obtenir, sans abuser de l’obligeance de MM.les ingénieurs du service des égouts. Du reste, ceséchantillons ont été recueillis dans des conditions serapprochant autant que possible de la moyenne, desorte que les chiffres obtenus, qui concordent assez bienavec ceux résultant d’un antre ordre de considérations,ne doivent pas s’éloigner beaucoup de la réalité.
Voici quelques-uns des résultats obtenus.
1, Eau du grand è<jout. —Cette eau a laissé par litre95,187 de résidu solide, contenant :
Grammes.
Azote. 0,137
Matières organiques, non compris l’azote. . 2,849
Cendres. 6,201
Total. 9,187
Pendant la distillation, il se dégage une quantitéd’ammoniaque répondant à 05,03115 d’azote.
Cette eau renferme donc par litre 05.168 d’azotecombiné.
11 n’a pas semblé utile de pousser plus loin l’analysedu résidu solide, trop peu homogène pour fournir unrenseignement intéressant.
2. Eau de l’égout de Rivoli . — Cette eau a laissé parlitre 25,138 de résidu solide, contenant :
Grammes.
Azote. 0,00213
Matières organiques, non compris l’azote. 0,62987
Cendres. 1,50600
Total. 2,13800
Pendant la distillation, il se dégage une quantité
d’ammoniaque répondant à 05,04367 d’azote.
Cette eau renferme donc par litre 05,0458 d’azotecombiné.
Un autre échantillon d’eau puisée deux ans plus tarddans le même égout contenait par litre :
G ram mes.
Matières dissoutes. 4,242
Matières solides en suspension. 0,484
Total. 4,726
Ce résidu solide renfermait 05,0193 d’azote. Pen-dant la distillation, il se dégage une quantité d’ammo-niaaue répondant à 06,0389 d’azote, de .sorte que ce
C.
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