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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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ÉMAILLAGE.

ÉMAILLAGE,

223

1

| Tableau B.

4.

Si 0 3.

5.

1° ».

w* t.

n° ».

e.

Adhérence.

Aspectaprès fusion.Résistance.

médiocre,bien glacé,bonne.

moyenne,bien glacé,bonne.

moyenne.

"lacé.

bonne.

•»

complète,assez glacé,bonne.

complète.

glacé.

bonne.

moyenne,coque d’œuf,bonne.

moyenne,coque d’œuf,bonne.

Oxyde de plomb. .

‘

39,04

36,03

31,40

28,10

27,51

25,00

22,14

Acide borique . . .

3,06

4,63

4,33

5,49

41,04

4,62

3,12

Alcalis.

IG,03

14,94

12,72

17,21 j 16,14

i

16,63

17,04

Il résulte de ces tableaux que, quelle que soit la pro-venance de ces divers fondants, ils sont tous formésdes memes éléments : silice, acide borique, oxyde deplomb, alcalis, potasse et soude. Les nombres qui pré-cèdent font voir que les fondants de M. Paris n’ont pasoffert de régularité dans leur composition; que l’oxydede plomb y a varié de 28 à 39 centièmes ; que la silicea varié de 47 à 40 centièmes, le fondant qui adonnéles résultats les moins avantageux étant celui dans le-quel le plomb était en plus forte proportion. (On achoisi pour faire l’analyse des fragments bien exemptsde grenaille métallique.)

Les émaux pour fer envoyés par M. Japy sont beau-coup moins plombeux que ceux livrés à la manufac-ture de Sèvres par M. Paris. Le dernier fondant, dureste, se rapproche, sous le rapport de sa composition,du premier fondant livré par M. Paris, celui-ci sem-blant identique avec l’émail provenant des plaques deM. Jacquemin. L’acide borique varie d’un produit àl’autre. En représentant par 100 le nombre le plusélevé, qui indique la dose de cet acide, le poids du plusfaible devient 66. L’acide borique varie donc dans'lesproportions de 3 à 2.

Pour l’oxyde de plomb, en faisant une transformationanalogue, le chiffre le plus élevé étant 103, le plusfaible devient 57,5.

L'alcali varie dans des limites un peu moindres ; car100 étant la proportion la plus élevée de la potasse etde la soude réunies, la quantité la' plus faible de cesbases ne descend pas au-dessous de 74. Les proportionsde chaux ne m’ont pas paru devoir exercer une influencenotable sur les propriétés de ces fondants. Je les aiconsidérées comme accidentelles ; j’ai de meme, dansles synthèses, négligé d’introduire les oxydes de fer etde manganèse qu'on ne peut considérer que commeaccessoires etdont la proportion, dureste, n’est devenuenotable que dans les échantillons arrachés à la tôleémaillée et cuite; dans ce cas, le fondant enlève tou-jours au fer une portion d’oxyde qui le colore en noiret le métal dénudé paraît parfaitement décapé, bril-lant d’un vif'éclat.

Ces données sur la composition des divers fondantsont servi de base pour les reproduire par synthèse, afind’abord de vérifier expérimentalement l’analyse etpour étudier d’une manière comparative et raisonnéeleur résistance au choc et leur adhérence au métal.Los fondants préparés suivant les indications de l’ana-lyse ont tous présenté les caractères des émaux doM. Paris, avant comme après la cuisson.

Appliqués à une épaisseur très-faible, ils prennentsur le fer, comme ces derniers, un aspect noirâtre quipourrait faire croire que ce métal a été recouvert d’unecouche de noir. Sous une épaisseur plus considérable,

ils prennent un aspect opalin qui masque complètementla nature du métal et qu’on pourrait attribuer à la pré-sence dans la matière vitreuse, soit du phosphate dechaux, comme dans l’opale, soit du sulfate de potasse,comme dans le verre dit pâte de riz. Cette demi-opacitén’est due, comme l’analyse et la synthèse l’ont con-firmé, qu’à de petites bulles emprisonnées dans l’inté-rieur du cristal, assez nombreuses quand la couche estépaisse pour détruire complètement la limpidité del’enduit fondu; ces bulles sont d’ailleurs parfaitementvisibles dans les éclats qu’on peut détacher à coups demarteau des plaques de tôle émaillée. La partie mêmequi reste, dans certains cas, adhérente au métal, pré-sente alors l’aspect et la coloration de ce fondant ap-pliqué en couche mince.

J’ai réuni dans le tableau marqué 13 les résultats desdiverses expériences à l’aide desquelles j’ai tenté d’ap-précier la valeur industrielle des fondants analysésplus haut et reconstitués par synthèse ; c’est de l’exa-men de la cassure et de l’étendue de la surface métal-lique mise à nu que j’ai cru pouvoir déduire les qualitéscomparatives de ces fondants.

Lorsqu’on frappe à coups de marteau sur une petiteplaque recouverte de fondant, ce fondant s’étoffe d’abord,puis s’élève tantôt en mettant à nu le métal, tantôt ense séparant en couches distinctes, l’une qui se détache,l’autre qui reste adhérente au fer. Dans le premier casévidemment, l’adhérence est moindre que dans le se-cond cas. C’est cc dernier que j’ai désigné dans letableau qui précède par le terme adhérence complète.Le mot adhérence médiocre ne s’applique qu’auxfondants qui s’enlèvent en entier et facilement sousle choc du marteau; adhérence nulle veut dire quepar le refroidissement seul le fondant sc sépare sousforme d’éclats. Enfin j’ai réservé le mot adhérencemoyenne pour les fondants qui jouiront de proprié-tés intermédiaires; il qualifie des fondants n’ayantpris qu’une adhérence irrégulière, c’est-à-dire com-plète sur divers points, médiocre sur d’antres. Il estévident que le mot adhérence complète ne peutêtreprisdans un sens absolu ; car il n’y a pas de fondant qui ré-sisterait à l’exfoliation par des chocs répétés dont l’actionse rapprocherait de celle d’une lime ou d’un égrugeoir.

Pour éviter une dénomination difficile, explicativedes divers points de fusion comparée de ces différentsfondants, on a jugé plus simple de les classer par ordrede fusibilité eu commençant par le plus fusible. Cettefusibilité, quoique très-peu variable, d’un émail à unautre, est évidemment liée néanmoins à la propor-'tion de l’oxyde de plomb que l’analyse a décelée. Lesvariations présentées par les alcalis et l’acide boriqueparaissent perdre leur influence vis-à-vis de celles del’oxyde de plomb. Il serait, dureste, difficile de se pro-