ÉMAILLAGE.
chaux natif, sur lequel nous avons fixé l'attention à ,l’article acide borique. Nous n'avons pas essayé cettesubstitution dans les fondants pour fer; mais commeelle réussit très-bien pour les émaux préparés pour terrecuite, il y a tout lieu de penser qu’elle est possible etqu’elle serait avantageuse pour le cas qui nous occupe.{Voy. p. 134, émaux pour terre cuite.)
J’ai cherché, par l’introduction de quelques matièrescéramiques, k modifier l’adhérence et les rapports dedilatabilité du fondant et du métal.
On a successivement étudié sous ce rapport, tantpour diminuer la richesse en oxyde de plomb de lacoucbe en contact avec le fer métallique, que pour iso-ler ces deux matières :
4° Le kaolin.
5° Le talc.
1° Le biscuit de porcelainedure.
2° Le biscuit de porcelainetendre.
0° L
ocre jaune.
Pour chacune de ces matières, on a fait deux essaisen partant, comme élément invariable, du fondantdont la composition vient d’étre donnée.
a. Après avoir mis h un premier feu une couche defondant, on a mis une coucbe de la matière en essai ;enfin le tout a été recouvert d’une deuxième couche defondant cuit à un troisième feu.
b. On a mis à un premier feu une couche de fon-dant ; par-dessus une couche d’un mélange à partieségales-de fondant et de la matière en essai ; enfin à untroisième fou pour recouvrir le tout, une deuxièmecouche de fondant pur.
Biscuit de porcelaine dure.
a. La masse vitreuse ainsi formée n’a pas pris d’ad -hérence.
b. Le vernis est sorti du feu sans glaçure et fendillé.Le meme essai répété sur la porcelaine, h l’état dedégourdi, a donné le même résultat.
Kaolin argileux de Saint-Yrteix.
a. L’émail éclate tout seul après la cuisson.
b. L’émail se lève facilement par éclats. •
Terre de Dreux, argile réfractaire.
a . L’émail cuit ne prend aucune adhérence.
b. Dans les conditions de cet essai, l’émail ne tientpas.
Talc .
a. L’émail ne glace pas.
b. 11 y a de nombreux bouillons.
Ocre.
а. L’émail n’offre aucun glacé.
б. Dans les conditions de cet essai, il y a bouillon-nement considérable.
Dans ces diverses expériences, on a remarqué queles fondants paraissaient faire éclater la substance in-termédiaire lorsque cette matière ne prend pas avecle vernis plombeux une adhérence suffisante. En par-tant de ce fait connu, que les pâtes de faïence finedure comme celles de porcelaine tendre artificielle, soitfrançaise, soit anglaise pouvaient être facilement re-couvertes d’une glaçure plombifère bien ujiic , sanstressaillures ni bouillons, j’ai fait, dans les doublesconditions relatées plus haut, l’essai des pâtes de terrede pipe et de porcelaine tendre artificielle.
4° Le biscuit de la faïence fine dure de Creil .
2° Le biscuit de la porcelaine tendre de Sèvres .
Biscuit de faïence fine de Creil (porcelaine opaque).
a. Formé d’une couche de pâte emprisonnée pardeux couches de fondant, le vernis, dont le fer estcouvert, ne présente pas de solidité ; la pâte qui restesans cohésion permet l’exfoliation de la triple coucbedans son épaisseur.
b. En employant un mélange h parties égales de
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pâte et de fondant, on obtient toute l’adhérence dé-sirable.
Biscuit de porcelaine tendre de Sèvres .
a et b. Les essais faits avec la pâte de porcelainetendre nouvelle de Sèvres ont fourni les mêmes résul-tats que ceux obtenus avec les pâtes de faïence fine.11 en résulte que toutes les fois qu’on pourra se pro-curer des débris de porcelaine tendre, on pourra s’enservir pour opacifier le fondant dont on couvre lestôles ou les fontes de fer.
Cette composition figure actuellement dans le ser-vice de la manufacture de Sèvres , sous le nom depâte céramique pour fer.
Le fondant pour fer u° 1, dont j’ai donné la compo-sition plus haut et qui sert de glaçure à la pâte céra-mique dont je viens de parler, peut devenir la base defondants colorés qui pourront, par la suite, être utile-ment employés pour établir des peintures dans les-quelles un ton quelconque dominera. La plaque dofer, en effet, facilement préparée par du fondant duton dominant, reçoit le ton local qu’on choisit, et cetour de main permet de supprimer les deux premiersfeux de fondant. J’ai tenté quelques colorations.
La première couleur dont nous devons nous occu-per est le noir, d’un usage indispensable pour la pré-paration des grisailles. Je l’obtiens sans peine enajoutant aux matériaux qui donnent le fondant unequantité convenable de peroxyde de manganèse.Voici les doses que j’ai adoptées pour la préparationdes noirs que j’ai préparés jusqu’à ce jour.
Sable.720
Minium.450
Carbonate de soude.450
Acide borique. 150
Peroxyde de manganèse.150
On fond le tout ; on coule en galettes, mais seule-ment lorsque l’affinage est parfait; un seul feu suffit. Il
est inutile de colorer le fondant déjà fait et de refon-dre à un second feu.
Avec de l’oxyde de cobalt, on colore le fondant onbleu ; avec de l’oxyde de cuivre, on le colore en bleuturquoise; avec de l’oxyde d’urane, on obtient un fon-dant jaune. On met pour les proportions de silice,d’oxyde de plomb, de soude«et d'acide borique relatéesplus haut :
Pour le bleu, bleu au grand feu (Voy. decoilv-tion céramique), 30 gr. ;
Pour le turquoise, oxyde de cuivre, 20 gv. ;
Pour le jaune, oxyde d’uranc, 45 gr.
On peut essayer l’effet produit par d’autres oxydes,comme l’oxyde de chrome, l’oxyde de manganèse àpetite dose, l’oxyde d’étain, etc.
Les fondants bleus, jaunes et turquoise, d’aprèsles épreuves auxquelles on les a soumis dans l’atelierd'émaillage, peuvent être appliqués directement surle fer ou sur le fondant préalablement cuit ; ils pa-raissent conserver, dans tous les cas, les qualités quenous avons constatées dans le fondant incolore.
Afin de comparer la valeur de ce genre de peintures,deux pièces exécutées sur fer ont été faites par desmoyens différents pour être exposées aux conditionsles plus désavantageuses. L’une a été peinte sur lapâte céramique, recouverte d’une couche de fondant ;l’autre a été faite sur deux couches de fondant sansaddition de matière étrangère.
Il serait prématuré de conclure d’une manière po-sitive de ces premières expériences que le problèmeest entièrement résolu ; cependant il semble possiblede supposer que la composition, à laquelle nous noussommes arretés, n’est pas mauvaise. Il est indispen-sable de satisfaire aux conditions d’un refroidissementlent pour opérer une sorte de recuit de la peinture.
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