ÉMAILLAGE.
ÉMAILLAGE.
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On obtiendra certainement ce résultat en faisant pas-ser la pièce, après la cuisson, clans une sorte d'ap-pareil cpii rappelle l’arche des verriers. Dans tousles cas, il est évident que l’étendue seule de la sur-face émaillée doit avoir tendance à rompre l’adhé-rence du fondant au métal.
Lorsque la peinture qu’on veut produire est unegrisaille, on a tous les éléments pour obtenir le tra-vail complet. Après avoir couché le fondant noir ù deuxfois pour obtenir une surface unie et régulière, onmodèle le dessin avec du blanc parfaitement broyéqu'on emploie à l’eau à la spatule, en l’étendant avecune pointe d’aiguille. Ce travail très - pénible estaride ; on ajoute du blanc sur les lumières, et lesplus grandes épaisseurs correspondent aux pointsles plus lumineux. Elles font saillie. Les pénombressont fournies par le blanc qui, mis très-milice, n’a pasassez d’opacité pour couvrir complètement le fondnoir.
Le blanc qu'on préfère pour ce genre do pein-ture est le blanc qu’on rencontre à Paris sous lenom de Blanc Gincston, du nom du fabricant. M. Gi-neston fut pendant longtemps aide de travail à «Sè-vres , chez M. Lambert, auquel on a dû pétulant long-temps la reproduction des émaux à l’instar de Ve-nise . La fabrication de Lambert fut continuée parGineston, qui s’est acquis, dans cette industrie, unefortune considérable.
Lorsque la peinture doit être variée comme cou-leur et qu’elle doit être appliquée sur un fond blanc,deux méthodes s’offrent à l'artiste i après qu’il a cou-ché sur le fondant deux aplats de blanc et. qu’il afait cuire, ou bien on achève la décoration au moyend’émaux transparents et colorés qu’on étend en dé-gradant l’épaisseur pour obtenir un certain modelé,ou bien on peint avec des couleurs très-fermes etsolides, résistantes, qu’on fixe par un feu convenableet qu’on recouvre postérieurement d’une couche defondant. Il est évident qu’on peut, en dirigeant letravail d’une manière raisonnée, faire usage sur unemême pièce des deux méthodes que nous avons énon-cées. De plus encore, s’il y a quelques retouches ju-gées nécessaires, ou sur les émaux colorés, ou surla peinture passée sous fondant, de dernières retou-ches sont possibles h la condition de les faire avecdes couleurs fusibles et glaçant par elles-mêmes, cou-leurs que nons étudierons en parlant des peintures surpâte.
Composition des émaux transparents.
Nous ne pensons pas devoir donner ici tous les do-sages qui conduisent aux nuances en usage dans l’artde l’émaillage. 11 nous suffira d’en choisir au hasardquelques-unes qui mettront sur la voie pour obtenir lagrande variété que le commerce fournit à la consom-mation. Nous donnerons quelques exemples de bleu,de vert, de jaune et de rubis.
On fait fondre de l’oxyde de plomb, du sable et dela potasse avec du cobalt, ou du cobalt et du manga-nèse, pour obtenir des bleus violacés, savoir :
Bleu clair.
Bleu violel.
Bleu font
Sable.
823
S25
823
Minium.
300
500
500
Carbonate de potasse à50 p. 100 de potasse.
■500
400
400
Oxyde de cobalt ....
1,5
1,5
3
Oxyde de manganèse. .
3
3
Aux mêmes éléments ajoute-t-on du cuivre à laplace du cobalt et du manganèse, on obtient des tonsverts qu’on modifie en jaune par du ohromntc de po-tasse ou de l’oxyde de chrome. Ainsi on obtient :
Vert bleu. Vert blouAtre. Vu t jaiim'ilr.
Sable.
825
825
825
Minium.
500
500
500
Carbonate de potasse à
50 p. I00 .
400
400
400
Oxvde de cuivre. . . .
80
60
15
Oxyde de chrome. . . .
»
8
15
L’or à l’état do pourpre,
suivant la proportion qu’or
ajoute, conduit à des tons
très-vifs
et plus
ou moins
rosés, savoir :
Rubis clair. Rubis fonce
. Groseille.
Sable.
825
825
825
Minium.
500
500
500
Carbonate de potasse h50 p. 100.
400
400
Or û l’état de pourpre. . 0,5 0,7 1
On broie sur la glace le pourpre de Oassius avec lesable qui doit faire partie du fondant, puis on mélangeles autres éléments; on place le tout dans un creusetde terre, et l’on fond.
fottipo-stfton. des couleurs sous fondant.
Ces couleurs ont surtout pour objet de faire lesombres des émaux transparents qui précèdent.
Pour obtenir un bon assortiment, il suffira d’établir,ce qui est très-logique, savoir :
1° Que la couleur prise entre deux couches de ma-tières vitreuses, l’une inférieure, l’autre supérieure,doit être plus facilement altérée que dans le cas de lupeinture sur pâte , où l’on peut choisir le fondant leplus convenable h la couleur qu’on étend. Pour lacouleur sous fondant, le meme fondant doit nécessai-rement recouvrir toute la peinture et conséquemmentchacune des couleurs.
2° Que dans de telles conditions plusieurs oxydesemployâmes dans d’autres circonstances doivent êtrerejetés. L’expérience seule les a fait connaître. Lescouleurs sous fondant doivent donc être plus limitéesque celles sur pâte.
5° Qu’il faut une connexité convenable entre le fon-dant de la couleur et celui dont la peinture est recou-verte, afin que le dernier mouille facilement l’objetpeint, malgré la présence de la substance colorante.
Chercher A augmenter la persistance du principe co-lorant; je dis du principe colorant, qu’il soit oxydesimple, oxyde composé, sel indécomposable ; rappro-cher la composition du fondant de celle du composévitreux qui doit recouvrir et envelopper la peinture,tels sont donc les deux problèmes à résoudre.
Deux méthodes se présentent pour approcher du pre-mier but.
La première consiste à préparer les oxydes dontl’emploi reste possible avec la plus grande inaltérabi-lité, et, dans ce cas, autant qu’il se peut, on agit surdes matières cristallisées qui jouissent d’une granderésistance, par suite de l’état d’agrégation qu’elles pos-sèdent. Beaucoup d’oxydes composés, préparés par laméthode de M. Kbelmen (cristallisation à haute tem-pérature par voie de dissolution dans l’acide borique etvolatilisation subséquente des dissolvants sous l’in-fluence d’une chaleur prolongée) m’ont donné des ré-sultats très-avantageux. L’emploi de ces oxydes n’aque l’inconvénient d’être beaucoup trop coûteux, etn’est applicable que dans certaines limites.
La deuxième méthode porte sur le poids du fondant ;elle consiste à diminuer la quantité du fondant relati-vement à celle de l’oxyde employé. Le mieux serait den’en pas mettre du tout en se fondant sur la fusibilitédu blanc ou du fondant sur lequel on applique la cou-leur, si cette fusibilité pouvait être telle que la matièrecolorante pût suffisamment adhérer. Mais comme lefondant ne s’applique qu’avec la spatule sur la peiu-