EMAILLAGE.
turc déjà cuite, il faut que cette dernière pcésenteune irésistance assez considérable déjà. Un autre motif quis’oppose encore à ce qu’on soit par trop avare de lamatière vitriliable est le mode d’application des couchessuccessives après cuisson. On sait que les couleursbroyées finement sur une glace sont délayées dans del’essence de térébenthine. Or, avec ce- liquide, qui esttrès-lluide, on ne saurait peindre facilement sur unesurface poreuse absorbante, capable en conséquenced’absorber la retouche que le peintre voudrait étendre.
On a dû, dans la préparation des couleurs qui vontsuivre, tenir compte du parti qu’on pouvait tirer del’emploi des deux moyens d’éviter la fugacité des oxy-des. On a pu de la sorte se garantir avec assez de bon-heur des deux écueils que j’ai signalés : trop de fon-dant qui agirait avec trop d’intensité sur le principecolorant ; trop peu de fondant qui rendrait la peinturedifficilement exécutable ou facilement altérable pen-dant l’application des deux couches de fondant.
La composition dont il convient de rapprocher lefondant à mêler aux couleurs, pour qu’elles reçoiventde la part du fondant superposé le glacé si flatteur del i peinture sous fondant, résulte incontestablement dela composition de ce dernier fondant lui-même quin’est et ne peut être qu’un cristal attendri.
Ceci posé, voici les dosages auxquels on peut s’ar-rêter. On obtient par les méthodes suivantes les oxydesqu’on mêle avec ce qu’il faut de fondant pour faireadhérer.
Noir solide. — On fait calciner au rouge blanc :
Oxyde de chrome. 200
Oxyde de fer rouge. loÜ
Oxyde de cobalt. 100
On mêle avec son poids de fondant que nous nom-merons fondant n° 1, et qui contient :
Pable.300
Minium. G00
Borax fondu. 4 00
lirun de bois. — On prend le précipité quon obtienten traitant par le chromate de potasse, le protosulfate defer, on le mélange au fondant n° 4 et à l’oxyde à brunqu’on prépare en faisant dissoudre et précipitant par lecarbonate de soude :
Zinc métallique. 200
Fer métallique.200
Oxyde de cobalt. 40
On lave et on sèche quand le précipité perd sa cou-leur verte.
r.e mélange *e fait dans les doses suivantes :
Chromito de fer.250
Oxyde à brun de bois. . . . 250
Fondant n° 1. 4 25
Carmin. — Au pourpre de porcelaine, que nous avonsdéjà décrit page 411, on ajoute du rubis dont la prépa-ration précède, savoir :
Rubis clair. 300
Pourpre de porcelaine dure. 450
On triture sans fondre.
Pourpre. — Au pourpre de porcelaine on ajouteune moins forte proportion de rubis; cette couleurs’emploie comme- la précédente. On dose :
Rubis foncé. 450
Pourpre de porcelaine dure . 450
Oji pourra s’inspirer des dosages que nous donneronsplus loin pour préparer des nuances différentes. L’oxydede fer rouge auquel on ajoute le dixième de son poidsde fondant n° 1 conduit à du brun rouge de bonne qua-lité : cette couleur offre néanmoins le défaut de se fen-diller sous le fondant; on la rend plus solide en l’ad-
ÉMAILLAGE. 227-
ditionnant de jaune foncé dont nous donnerons plusloin la composition.
Fondant pour peintures.
Les couleurs qui précèdent ne glacent pas parelles-mêmes, ainsi que nous l’avons dit ; elles ne pren-nent le glacé qu’on recherche dans la peinture émail-lée que lorsqu’elles ont été passées sous fondant. Cofondant doit donc êtro très-limpide après sa fusion,bien étendu et bien égal, sans fissures ni bouillons; ildoit respecter les couleurs et les aviver plutôt que lesdétruire, il est convenable de le tenir un peu plusfusible que les émaux. Je le prépare en faisant fondre
On le pile après l’avoir parfaitement affiné, on lelave à l’eau bouillante et on l’étend à deux couchespour l’obtenir parfaitement uni.
Occupons-nous maintenant de la peinture que nousavons nommée peinture sur pàtc, du nom de la sub-stance qui sert d’excipient et de la position qu’occu-pent les couleurs par rapport à l’excipient ; il n’y a plusde superposition de fondant ; les couleurs ont par elles-mêmes la fusibilité voulue pour se parfondre complè-tement au feu de peinture.
La peinture sur pâte peut présenter deux aspectscomplètement différents, suivant qu’on l'aura faite àl’instar ou de l’aquarelle ou de la gouache : dans l’a-quarelle, le peintre procède méthodiquement en réser-vant la lumière donnée dès lors par le blanc de l’exci-pient; il finit son travail par les vigueurs. Dans lagouache, au contraire, comme dans lu .peinture àl'huile, les vigueurs et les demi-teintes étant en place,l’artiste étale les lumières, qui sont en quelque sorteempâtées et comme en relief. Le peintre en émail nedoit pas être exclusif ; il doit, selon les besoins de sonouvrage, adopter tel mode qui lui semble le plus con-venable, et souvent, dans une même pièce sur un mêmesujet, faire usage des deux méthodes ; c’est donc, àmon avis, ajouter aux connaissances des peintres enémail que de les mettre à même de faire usage à leurgré de deux palettes au lieu d’une seule.
La peinture par empâtement était très-anciennementemployée; c’est elle qui jouissait aussi de la plus grandevogue sur la porcelaine tendre de Sèvres .
Four peindre par empâtement, il suffit de choisirparmi les couleurs qu’on pourrait employer celles quisont opaques, afin de les faire entrer comme base danstoutes les autres couleurs; de ce nombre sont les jaunesclairs ou foncés qu’on peut colorer et modifier pard’autres couleurs transparantes, et les blancs qui peu-vent aussi recevoir en mélange tous les autres tons dela palette. Les mélanges ainsi formés conservent l’opa-cité nécessaire pour boucher complètement les fondssur lesquels on les applique. Nous n’aurons donc à nousoccuper ici que des couleurs propres à la peinture dansle genre de l’aquarelle.
Les procédés que je vais décrire, bien compris et misà profit, permettront, je l’espère, de faire entrer dansle domaine de la peinture sur émail, comme dans celuide la peinture sur porcelaine tendre, les ressourcesauxquelles ont conduit les progrès de la chimie pen-dant ces vingt dernières années. Le secret dont se sontentourés jusqu’à ce jour les peintres d’émail d’une part,et de l’autre les fabricants de couleurs vitrifiables, l’iso-lement dans lequel ils ont tous travaillé, enfin certainspréjugés, comme aussi peut-être quelques difficultés in-hérentes à la nature et à la composition même des ex-