ÉMAILLAGE.
ÉMAILLAGE.
ployée, qui terminera cet article, fait saisir la simpli-cité de nos formules qui acquièrent aussi la plus grandeprécision.
Fondants.
On sait que tous les oxydes qui peuvent être em-ployés à la décoration des porcelaines ne peuvent êtrefixés par un même fondant: on n’ignore pas qu’ilfaut les choisir d’une composition telle qu’ils soientsous action décomposante sur les différentes matièrescolorantes ; 01 ^ pouvait penser qu’il en serait exacte-ment de même pour les couleurs de pâte. Cependant,des essais répétés ont démontré d’abord :
Que la permanence du feu pendant l’élévation gra-duée de la température , comme pendant le refroi-dissement lent des peintures, permet une action des-tructrice à laquelle l’oxyde simple ou composé est enpartie soustrait quand on chauffe et refroidit brusque-ment, comme dans la cuisson des peintures sur pâte ;
Que la composition de l’excipient de la porcelainedure, c’est-à-dire la composition de la couverte, peut-être la présence de 1’ahimine, entraîne certaines al-térations qui ne se manifestent point sur d’autres ex-cipients, par exemple dans la peinture sur verre. Lesconsidérations qui précèdent, basées sur des faits que.l’expérience a nettement révélés et que la théorie nepouvait en quelque sorte prévoir, m’ont permis de ré-duire, d’une manière notable, lo nombre des fondantspropres à la peinture sur pâte. J’ai pu produire lesanalogues de tous les tons de la palette de Sèvres pour la porcelaine dure, en ne faisant usage que dedeux fondants que je désignerai sous les noms defondant n° I et fondant n° 2.
Voici leur composition :
Fondant n° 4. Ce fondant renferme :
Sable. 200
Minium. 500
Borax fondu. 75
On fond et on coule comme s’il s’agissait de fondantaux gris de porcelaine dure. Il est moins important icide n’opércr que sur de petites quantités, parce qu’onn’a pas à redouter l’écaillage. Ce fondant n’est autrechose que du fondant aux gris modifié, dans lequel ona diminué la proportion du borax et de l’oxyde deplomb ; on l’emploie pour la préparation des gris, desnoirs, des bleus et des verts, des jaunes, des rouges,des bruns et des violets de fer, enfin pour le violetd’or ; c’est, comme on voit, un fondant général. Il n’y ad’exception que pour les pourpres et le carmin qui exi-gent un fondant beaucoup moins plombcux.
Fondant n° 2. Le fondant n° 2, qui convient auxpourpres et au carmin, se compose de :
Sable. 400
Minium orange. 300
Borax. .. 600
On pile, on mélange, et on fond; on retire avec lespinces ; ce fondant est beaucoup plus pâteux que leprécédent. En le comparant au fondant de pourpre desporcelaines dures, il est facile de voir qu’il n’en diffèreque par un peu plus de plomb et un peu moins deborax.
Matières colorantes ,
Les matières colorantes employées dans la peinturevitrifiable ne peuvent être que des oxydes métalliquessimples ou composés, ou des sels indécomposables à lahaute température à laquelle ces couleurs doivent sefixer. Les oxydes simples et les composés d’oxydessont assez nombreux. Les sels employables ne figurentque pour un petit nombre. Les conditions auxquellesces matières doivent satisfaire sont trop connues pourqu’on ait à s’y arrêter ici.
Je rappelle qu'on peut regarder comme évident, au
moins pour la plupart des cas, que dans la couleur faiteet cuite, il n’y a qu’un simple mélange entre l’oxvdeet le fondant. Si, pour quelques-uns, le contraire peutêtre soutenu, la raison peut en être trouvée dans lacoloration différente de la couleur et de l’oxyde purqui sert à la former, et il faut admettre, dans ce cas,que la couleur doit sa nuance à un sel, ordinairement àdu silicate ou du borate de l’oxyde ; c’est ce qui arrivopour les oxydes de cuivre et de cobalt.
Les silicates, une fois formés, peuvent être directe-ment unis au fondant pour constituer la couleur.
Je dirai maintenant quelques mots de la nature desoxydes composés qui, dans ces dernières années, ontpermis d’enrichir la palette du peintre en couleurs vi-trifiables de nuances très vives et très-pures en offrantgrand nombre de ressources jusqu’alors inconnues. Jecrois pouvoir admettre qu’il y a combinaison entre lesdivers oxydes constituants, et que toutes les raisonsqu’on a fait valoir pour prouver que les alliages ou lesdifférents verres sont des combinaisons définies, ont au-tant d’autorité dans leur application au fait en ques-tion. Ce qui, dans le cas présent, semblerait donnergain de cause à l’hypothèse d’une combinaison réelleet non d’un mélange, c’est évidemment le changementdans la nuance de l’oxyde obtenue tantôt par voie-sèche, tantôt par voie humide, changement souventnotable quand on le compare à la teinte des oxydessimples mis en présence. La coloration de l’oxvdeformé peut, du reste, être reproduite avec une très-grande constance. On peut, il est vrai, combattre cettemême hypothèse par les variations dans les proportionsque présente souvent le composé, ce qui éloigne le ca-ractère d’une composition parfaitement définie ; maisn’est-il pas possible d’admettre que les composés decette nature jouissent comme les verres et les alliagesde la propriété de dissoudre en quelque sorte, sans al-tération apparente dans les propriétés physiques, unequantité variable qui peut être souvent assez considé-rable des éléments plus simples dont ils sont formés.
Considérés à ce point de vue, les oxydes conduisentà des remarques assez intéressantes qui rapprocherontassurément ceux formés par voie ignée des pierres pré-cieuses artificielles cristallisées, obtenues par M.Ébei-nien, et ceux produits par voie de précipitation au seinde liquides, du ferrite de chaux décrit par M. Pelouze.Si ce n’est pas ici lo lieu de discuter, à ce point de vuoentièrement nouveau, la nature des composés dont onpeut faire usage en peinture vitrifiable, je crois devoirme borner à donner une description très-rapide de lapréparation des oxydes simples ou composés dont j’aifait usage dans l’assortiment pour pâte qui fait l’objetde cet article. Je suivrai l’ordre fixé par les numérossous lesquels les couleurs d’émail pour pâte sont enre-gistrées, savoir :
Noirs et gris. — Le même oxyde sert pour faire lesnoirs et les gris : dans les noirs on met plus d’oxyde,dans les gris on met plus de fondant; l’oxyde à noir sefait de la manière suivante.
On prend :
Oxyde de cobalt.50 gr.
Fer métallique. 50
On fait dissoudre séparément l’oxyde de cobalt àchaud, le fer métallique à froid, l’un et l’autre dansl’acide hydrochlorique ; les deux solutions sont éten-dues d’eau, filtrées et réunies; on précipite lo mélangepar le carbonate de soude; on lave à grande eau jusqu'à