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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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ÉMAILLAGE.

ÉMAILLAGE.

po.ulrc blanchâtre anhydre qui peut être immédiate-ment employée pour lu préparation de toutes les cou-rleurs dites rouges de fer, qu’elle qu’en soit du vesteïa nuance. A cet effet, on dispose le sulfate anhydresur des capsules de porcelaine dure, sous une faibleépaisseur, et on remplit le moufle de capsules ainsichargées, maintenues les unes au-dessus des autres. Onmet la porte en place et on chauffe doucement d’abord,puis à un degré convenu suivant le ton auquel on dé-sire arriver. Quand le feu a été jugé prolongé suffi-samment en temps et en intensité, on laisse refroidiret on lave à l’eau bouillante la poudre de coleotharqui occupe le fond de chaque capsule. La poudrebien lavée présente alors, suivant le coup de feuqu’elle a reçu, la coloration suivante dégradée ensérie en commençant par le plus rouge correspondantau coup do feu le plus faible.

Rouge orangé ou capucine.Rouge sanguin.

Rouge de chair.

Rouge carminé.

Rouge laqucux.Rouge violâtre pâle.Rouge violâtre.Rouge violâtre foncé.

Ces trois dernières teintes correspondent aux tonsauxquels on a donné dans le commerce le nom géné-rique de violets de fer.

Ces oxydes mêlés au même fondant conservent leton qu’ils ont reçu de la calcination et donnent desnuances qu’on ne pourrait obtenir autrement. Ellessont très-pures, si l’on n’a pas mélangé des oxydesayant reçu des coups de feu trop différents en inten-sité.

Bruns différents. —Ces oxydes sont des mélangesvariables.

Brun rouge. On fait dissoudre du perchlorure de ferou mieux la partie chargée encore du sulfate de per-oxyde de fer provenant de la calcination du sul-fate de fer pour rouge orangé, puis on la précipite parde l’ammoniaque. Le résidu lavé est additionné dodeux fois son poids de sel marin décrépité et chaufféau rouge sombre dans un têt à rôtir. On le lave denouveau, puis ou le fait sécher. Ce rouge est brun-rouge vif.

Brun rougeâtre. On fait dissoudre séparément dansl’aeidc chlorhydrique, pour les réunir ensuite après

filtration, les dissolutions suivantes :

Fer métallique.200

Zinc métallique. 200

Oxyde de cobalt anglais . 40

On traite exactement comme il a été dit plus haut,pour le noir et pour l’ocre. L’oxyde lavé et séchéest une poudre d’un beau brun roussâtre.

Brun de bois. Même méthode de préparation, mais les

dosages sont changés. On prendra :

Fer métallique.200

Zinc métallique.200

Oxyde de cobalt anglais. 40

On traite comme il a,été dit plus haut. L’oxyde ainsipréparé est d’un beau ton brun assez foncé.

Brun sépia. — Même méthode do préparation ; maisles doses sont encore changées. L’oxyde de cobalt estencore augmenté. On prend :

Fer métallique.200

Zinc métallique.200

Oxyde de cobalt. 60

On précipite et on lave comme il a été dit plus haut.Le précipité passé au sel et relavé offre l’aspect d’unepoudre d’un brun sépia très-prononcé.

Brun mordoré. — Le brun mordoré est une couleurtrès-riche qu’on prépare facilement en utilisant le pré-cipité qu’on obtient en traitant à froid une dissolution

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de chromate neutre de potasse par une dissolution lim-pide do protosulfate de fer. On verse la deuxième dis-solution dans la première; on lave le précipité à l’eaubouillante; puis on le fait sécher, et on le calcine àune température modérée (feu de peinture forte dansun moufle à porcelaine dure).

Brun noirâtre. — On précipite simultanément par lecarbonate de potasse les dissolutions dans l'acide chlor-hydrique, de parties égales en poids de fer métallique,de zinc métallique et d'oxyde de cobalt brut. On lave,on calcine enfin à une température très-élevée dans uncreuset qu’on fuit fortement rougir. On triture, et onobtient une poudre noirâtre avec une teinte de rouxqui persiste malgré l’addition du fondant et l’influencede l’excipient. L’oxyde de zinc, dans ces circonstances,fait toujours passer au roux les oxydes composésd’oxyde de fer et d’oxyde de cobalt.

Couleurs d’or. — Le précipité pourpre de Oassiussert k obtenir, tout comme dans la fabrication des cou-leurs de porcelaine dure, les trois nuances tirées del’or, le pourpre, le carmin et le violet.

Le procédé qui suit conduit à des résultats certains.

Je fais une eau régale composée de 144 grammesacide hvdrochlorique et 72 gramme^ acide nitrique ducommerce. Je fais 8 pesées de 2 grammes d’étain,8 pesées de 0,32 d’or pur ; on met chacune de ces pe-sées dans une petite fiole, et je verse sur l’or 1 ü p ,dd’acide (eaurégale, ci-dessus), pour l’étain ll ? ,5 delàmême eau régale ; on ajoute à chaque fiole qui ren-ferme l'étain 2 grammes d’eau distillée, puis on agite;l’étain qui, est eu feuilles très-minces se met par pe-tites portions dans la fiole entourée d’eau fraîche ; latempérature ne s’élève pas trop, c’est une conditionindispensable pour que la dissolution stannîquc con-tienne simultanément les deux chlorures d’étain. L’orest mis tout à la fois dans l’eau régale ; quand la dis-solution de l’étain est complète, on verse le chlorured’or dans 14 litres d’eau claire, et on ajoute goutte àgoutte les dissolutions de l’étain, jusqu’à ce que l’ad-dition d’une nouvelle affusion de sel d’étain donne unnuage blanchâtre ; alors on arrête.

L’addition de l’étain se fait tout en agitant avec unebaguette de verre; on lave à l’eau bouillante, et onconserve humide le pourpre de Cassius pour s’en servirau besoin ; à cet effet, on le réunit d’abord sur un fil-tre ; puis, lorsqu’il est suffisamment ressuyé, on étendle filtre sur une glace, et on relève le pourpre pour leconserver sous l’eau dans un bocal bien bouché.

Dans cet état, le pourpre de Cassius est prêt adon-ner du pourpre, du carmin ou du violet, suivant lefondant avec lequel on le mélange et suivant la dosede chlorure d’argent qu’on y incorpore.

11 faut seulement avoir soin de réserver pour duviolet les précipités qui présentent à l'œil un aspectviolacé ; on met do côté, pour faire le pourpre ou lecarmin, ceux qui font de la couleur dite pelure d’oignon.

Bleus. — L’oxyde de cobalt ne développe de colo-ration bleue que lorsqu’il est en dissolution dans unflux vitreux ou lorsqu’il est en combinaison avec l'alu-mine; lorsqu’il est à l'état de silicate ou de borosili •cate de cobalt, il devient bleu, et la nuance est d'au-tant plus intense qu*il y a plus d’oxyde ; quelquesmillièmes suffisent pour colorer en bleu sensible lesverres à base de chaux, dont la densité n’est cependantpas considérable. Le silicate de cobalt que je préparepour faire les bleus dits bleus d'azur contient de l’oxydede zinc qui empêche l’oxyde de cobalt de donner du

noir. Je fonds à un fort feu :

Fleurs de zinc. 8

Oxyde de cobalt brut. 4

Fondant aux gris.20

La masse pilée est d’un bleu noirâtre, mat quand il a