ESSENCES ARTIFICIELLES.
ESSENCES ARTIFICIELLES.
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positions de mécanismes que l’on peut varier à l’infini,sans utilité réelle.
ESSENCES ARTIFICIELLES. L’étude de la chi-mio organique, et principalement des éthers de la sérieumylique, a produit, dans ces dernières années, un ré*sultut curieux, et que l’on ne peut envisager sans éton-nement, dit M. Girard, dans une intéressante notice in-sérée dans le Bulletin de la Société d’encouragement, au-quel nous empruntons ce qui suit.
On a vu des corps, qui le plus souvent trouvaientleur origine dans des matières d’une odeur infecte,donner naissance à des composés nouveaux doués desodeurs les plus suaves, et rappelant, sans aucune diffé-rence, les parfums les plus délicats employés jusqu’icidans l’industrie. De là une source toute nouvelle d’ap-plications. Frappés de l’odeur de fruit qu’exhalent cer-tains éthers, les chimistes ont cherché non-seulementà démontrer l’identité de ces derniers avec les essencesde fruits, mais encore ils se sont efforcés de les fairepénétrer dans l’industrie du parfumeur et du distilla-teur, et ils y sont parvenus. C’est ainsi que nous voyonsemployer journellement les essences artificielles d’ana-nas, de poires, de cognac, etc. La plupart de celles-cifiguraient déjà à l’exposition de Londres , où elles ontété avantageusement remarquées.
L’emploi de ces essences présente, au point de vueéconomique, un grand intérêt; aussi allons-nous étu-dier successivement les modes de préparation de ceuxde ces produits qui présentent le plus d’intérêt.
Essence d’ananas. — L’essence d’ananas est une solu-tion alcoolique d’éther butyrique; on l’obtient aisémenten distillant un mélange d'acide butyrique, d’alcoolfort et d’acide sulfurique concentré.
L’acide butyrique que l’on doit employer se prépareaisément en grande quantité, en soumettant le sucre àla fermentation en présence de matières azotées. Ceprocédé, dû à MM. Pelouzc et Gelis, est très-simple:c'est celui que tout le monde suit aujourd’hui. On faitune dissolution de sucre (la mélasse est très-bonnepour cette préparation), qu’on amène à peser 10° aupèse-ôirop; on mélange avec cette solution une cer-taine quantité de fromage blanc, environ 100 grammespar kilogramme de sucre, et, lorsque la matière estbien délayée, on ajoute une quantité de craie corres-pondant à 300 grammes par kilogramme de sucre.Lorsque la masse est parfaitement mélangée, on l’aban-donne à une température constante de 25 à 30° centi-grades. La fermentation s’établit doucement dansl’intérieur, et lorsque, au bout de six semaines environ,tout dégagement de gaz a cessé, elle est terminée :le laetate de chaux formé d’abord a été entièrementdécomposé. On opère alors l’extraction de l’acide buty-rique. Pour cela, on emploie le procédé suivant proposépar M. Beutch. On ajoute au liquide son volume d’eaufroide, plus une solution de carbonate de soude cristal-lisé, contenant de ce dernier une quantité égale à unefois et un tiers de poids du sucre. On filtre alors pourséparer le carbonate de chaux formé; on évapore laliqueur filtrée au sixième de son volume, et on yajoute peu a peu de l’acide sulfurique étendu de sonpoids d’eau. {Il faut 5 parties 1 /2 d’acide sulfuriquepour 8 de carbonate de soude. )
L’addition de l’acide sulfurique détermine la sépara-tion de l’acide butyrique : il monte à la surface duliquide sous la forme d’une huile; on l’enlève au moyend’un siphon; mais, cpmmc la liqueur en contient en-core une certaine quantité, on la distille jusqu’à cequ’un quart environ ait passé à la distillation. En ajou-tant à la liqueur distillée du chlorure de calcium fondu,on obtient une nouvelle quantité d’acide butyrique,qu’on joint à la première. Ces deux quantités réuniescont saturées par du carbonate do coude ; on décompose
encore par l’acide sulfurique, et l’acide butyrique ainsiobtenu, après avoir été mis en contact avec du chlorurede calcium, est soumis à la distillation. Six parties desucre donnent do 1 1 2 à 2 parties d’acide butyriquepur.
Pour préparer avec ce corps l’éther butyrique ouessence d’ananas, on mélange parties égales d’alcoolabsolu et d’aèide butyrique, auxquelles on ajoute unepetite quantité d’acide sulfurique. On peut opérer sur500 grammes d’alcool, 500 grammes d’acide bntyriqueet 15 grammes d’acide sulfurique. Le mélange estchauffé pendant quelques minutes, et l’on voit l’étherbutyrique venir former une couche à la surface duliquide. On ajoute alors un volume égal d’eau, on en-lève la couche supérieure, on distille la liqueur res-tante, ce qui fournit une nouvelle quantité d’éther,que l’on joint à la première. L'étlicr butyrique estalors agité avec une solution alcaline étendue, pour en-lever l’acide libre. Il faut être réservé dans les lavages,parce que l’éther est sensiblement soluble dans l’eau.
L’essence d’ananas commerciale se prépare endissolvant 1 litre d’éther butyrique dans 8 à 10 litresd’esprit-de-vin pur; quelquefois aussi, on le dissoutdans de l’eau-de-viô ordinaire.
Cette essence ainsi préparée a des usages assez va-riés; on l’emploie dans la parfumerie, dans la confi-serie ; elle sert à aromatiser le rhum de mauvaise qua-lité. Les Anglais se servent de l’essence d’ananas pourpréparer une limonade agréable, qu’ils désignent sousle non de pine-apple-ale. Vingt à vingt-cinq gouttessuffisent pour donner une forte odeur d’ananas à unesolution de 500 grammes de sucre additionnée d’acidetartrique.
Essence de p'oires. — Cette essence s’obtient en dissol-vant dans l’alcool l’acétate d’amylène (éther acétiquede l’huile de pommes de terre
L’huile de pommes de terre brute n’est pas propre àla préparation de cet étlicr; il faut la purifier : pourcela, on l’agite avec une solution alcaline étendue, et,après l’avoir séparée, on la distille an thermomètre;on recueille les portions qui passent entre 100 et 112°.
Lorsqu’on veut préparer l’éther acétique, on prend1 partie d’huile de pommes de terre, 1 1/2 d’acétate desoude fondu, et 1 à 1 1/2 d’acide sulfurique. Le tout,bien mélangé, est maintenu à une douce chaleur pen-dant quelques heures. En ajoutant de l’eau, l’étheracétique se sépare ; on le recueille, on distille la liqueurrestante, ce qui fournit une nouvelle quantité d’éther ;puis on agite avec de l’eau et une solution de soude.
Si l’on mêle 15 parties d’éther acétique de l’huile depommes de terre, 1 1 /2 d’éther acétique de l’alcool et100 à 120 parties d’esprit-de-vin, on obtient une es-sence parfaite, qui donne aux substances auxquelleson la mélange le parfum de la poire de bergamote.
Essence de pommes. — Sous le nom d’essence depommes, on désigne une solution alcoolique d’éthervnlérianique de l’huile de pommes de terre. On l’ob-tient, comme produit secondaire, lorsqu’on préparel’acide valérianique, en distillant l’huile de pommes deterre avec l’acide sulfurique et*le bichromate de po-tasse; mais, pour en prépare^, une quantité notable, ilest nécessaire d’éthérifier l’acide valérianique.
Pour préparer l’acide valérianiqnc; 1 partie d’huilede pommes de terre est mélangée avec 3 parties d’acidesulfurique, avec précaution et petit à petit; on ajouteensuite 2 parties d’eau. On chauffe en même temps,dans une cornue tubulée, une solution de 2 parties 1/4de bichromate de potasse dans 4 1/2 d’eau; on intro-duit alors, tout doucement et par petites portions, lepremier liquide, de manière à maintenir une douceébullition dans la cornue Le liquide distillé est saturéavec du carbonate de soude, et évaporé à siccité pour