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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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ri:n.

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Soient cinq chaudières renfermant toutes 1,000 kil.<le claircc, et disposées de telle sorte que la premièresoit chauffée par la vapeur sortant (runc chaudière àvapeur, recevant la cinquième partie de la vapeur cal-culée dans l’exemple ci-dessus ; que la vapeur produitepar l’évaporation serve à échauffer la seconde chau-dière et à y produire l’évaporation, et ainsi de suite jus-qu’à la dernière, dont la vapeur se rend dans un con-denseur. Il est clair que si la cuite s’opérait commenous le supposons ici, elle serait obtenue par un peuplus du cinquième de la vapeur qui serait nécessaireavec des appareils à feu nu, puisque toute le chaleuremployée à évaporer aura successivement servi à cuireles quatre autres cinquièmes de la liqueur sucrée. Ilimporte de remarquer qu’une quantité de chaleur sup-plémentaire pour chaque chaudière, ou, ce qui est !amême chose, mie quantité de travail employé à mou-voir les pompes à air, est nécessaire pour que, dansla pratique, les choses se passent ainsi que nous l’avonssupposé. Autrement l’opération ne peut s’effectuer qu’a-vec une extrême lenteur, car la seule cause du passagede la chaleur par condensation de la vapeur de la chau-dière qui précède celle que l’on considère, n’a lieu qu’àcause du degré moins élevé qu’exige l’évaporation dechacune dalles à mesure qu’on se rapproche dé la der-nière, qui cuit dans le vide, ce qui ne correspond qu’àune faible différence de température, par suite à unecondensation très-lente.

M. Cail, l’habile constructeur, n’admet guère qu’unnombre de chaudières supérieur à trois soit avanta-geux, bien que l’inventeur en ait souvent employécinqenAmérique; et encore en augmentant considéra-blement les surfaces de chauffe, et surtout celle de ladernière chaudière, pour compenser la différence du de-gré d’évaporation de chaque chaudière, enfm.cn partant

FER.

d'une pression élevée et en faisant faire un notable tra-\ ail aux pompes à air.

La première ayant une surface de chauffe égale à 1,la deuxième a une surface égale à 5, et le vide est de70 centimètres; la troisième a une surface égale à 20,et le vide de 60 centimètres, tant par Faction d’un con-denseur à eau que d'une puissante pompe à air.

I.a quantité de vapeur condensée est toujours égaleà celle qui a été envoyée de la* chaudière à vapeur,mais cette vapeur a indirectement produit trois éva-porations au lieu d’une.

Nous avons insisté sur ees considérations parce quoles avantages do cette nouvelle disposition ne sont pastrès-faciles à apercevoir, que cet emploi multiple de lamême chaleur parait à priori avoir quelque chose d’a-na'ogne avec le mouvement perpétuel; mais en réalitéon voit qu'on ne fait qu’utiliser la chaleur dégagée parla vapeur chassée de la dissolution sucrée, qu’employerla conductibilité do la chaleur à travers les solutions,avec l’interposition la plus convenable de séparationsmétalliques. Théoriquement, l'utilisation de la chaleurcontenue dan* la vapeur dégagée d’une chaudière nepeut aller au delà d6 réchauffement vers 100° du liquidecontenu dans les chaudières suivantes, qui par suitede la diminution de la pression produit l’effet d’évapo-ration cherché, c’cst-à-direvaporiser une quantité d’eauégale à cinq à six fois son poids ; mais c’est bien là l’u-tilisation la plus complète qu’il soit possible d’obtenirdans cc genre de travail. Pratiquement, il faut sctenir au-dessus do cette limite pour obtenir une rapiditéde travail avantageuse ; mais les résultats sont encoreconsidérable^, puisque MM. Cail annoncent des écono-mies de 40 à 60 °/« pour des appareils à triple et qua-druple effet, comparés aux appareils imparfaits géué-, râlement adoptés.

F

FEU. I.cs progrès de la métalîuvgie de fer depuisle commencement du siècle, ont presque exclusivementconsisté à organiser sa production à l’aide du combus-tible minéral. Ce grand progrès de la civilisation mo-derne, qui a permis d’abaisser considérablement le prixdu fer, et d’appliquer les bois à d’autres usages qu’àlaire du charbon, ne devait pas faire renoncer à la fa-brication à l’aide du combustible végétal dans quel-ques contrées où il no saurait avoir d’autre emploiprofitable, et où la qualité des minerais permet d’obte-nir des fers d'une qualité supérieure. Certains paysmême, où la diminution du prix du fer menaçait uneancienne industrie, ont pu, grâce à d’heureux progrèsdans la fabrication et l’organisation des usines, retrou-ver une véritable prospérité.

On comprendra tout l’intérêt de ccttc question si l’onréfléchit qu’aujouvd’hui encore, dans la plus grandepartie de la France et dans tout l’ouest de l’Europe , enRussie, en Suède , etc., la fabrication du fer se faitau moyen du charbon de bois, c’est-à-dire que la fonteobtenue dans un liant fourneau au charbon de bois, estaffinée dans un foyer à tuyère avec le même combus-tible. Cc mode d'affinage, dafis lequel on opère sur dopetites masses, exclut presque forcément l’emploi desgrandes machines à cingler et* à laminer, et entraînecelui du marteau. L’opération métallurgique d’abord,puis l’élaboration mécanique absorbent ainsi une quan-tité considérable de main-d’œuvre, triple environ decelle que demandent les élaborations analogues dans

les usines dites à l’anglaise ; la consommation de com-bustible est en outre fort considérable.

Par un progrès économique important, depuis unequinzaine d’années, il s’est établi dans le centre et lenord de l’Europe (en Autriche, en Suède et en Russie ),de grandes usines où le travail est organisé au moyendu bois sur les mêmes bases adoptées dans les forges àbouille de l’occident, c’est-à-dire au moyen des fours àréverbère et des laminoirs. Cc système, applicable pourtoutes les usines qui peuvent recevoir, par flottage oupar quelquo autre mode économique de transport, degrands approvisionnements de bois, a eu pour consé-quence immédiate une grande réduction de main-d’œuvre, fort appréciée dans les pays où la populationfait souvent défaut au milieu d’immenses ressourcesen matières premières. Toutefois, il restait encore beau-coup à faire. L’emploi du bois à son état ordinaire,pour des opérations demandant des températures très-élevées, donnait lieu à des consommations considé-rables et à des produits irréguliers et de qualité infé-rieure. Ces imperfections ont été évitées dans lesétablissements de M. le comte Egger, dont les pro-duits ont été admis à l’Exposition universelle , et cela aumoyen des dispositions suivantes :

1° Remplacement du bois ordinaire par du ligneux,ou bois débarrassé, au moyen d'une dessiccation arti-ficielle faite à l’usine même, des 30 ou 40 p. 400 d’eauhygrométrique qu’il contient habituellement. Cottedessiccation préalable permet de réaliser, d’une ma-