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FONDATION? TUBULAIRES.
FONDATIONS TUBULAIRES.
Le diamètre d’un puits est généralement de 7 pieds6 pouces (2"',29) à l’extérieur et de 3 pieds 6 poucesh l’intérieur. On enlève la terre d’abord avecun outil qui ressemble à une houe. Quand la profon-deur de l’eau est de 4 à 5 pieds (1»»,23 à 1 n ‘,54), onemploie le jham : c’est une drague à manche très-court,fixée à l’extrémité d’une corde qui passe sur une poulieplacée au-dessus du puits. Un ouvrier plonge avec cetoutil et creuse la terre; quand le jham est chargé, onle hisse par la cordc.
Les puisatiers travaillent ainsi sous l’eau, revenantà chaque instant à la surface pour prendre haleine ; ilscxcftvent d’abord au centre du puits, ensuite près dumur et quelquefois sous la couronne, de manière àmaintenir le mouvement bien vertical; ils sc relayentd’heure en heure, sans interruption, pour que les ma-çonneries descendent d’une manière continue, etqu’elles ne puissent pas adhérer fortement aux terres.
Les Anglais ont conservé ce procédé, en remplaçantla poulie par un treuil ; cependant, quand il faut creu-ser à plus de 20 pieds (6 m , 10) sous l’eau, ils pvéforentgénéralement se servir de machines à draguer. Le jhama été employé quelquefois jusqu’à des profondeurs de40 et 50 pieds ( 12 m f 19 et 15™,24), mais avec des fa-tigues inouïes.
Aux fondations du pont-aqueduc de Roorkec, sirProby Cautlcy s’est servi de jbams, que l’on manœu-vrait sans plonger, à l’aide d’un long bâton formantrepoussoir et d’un treuil élévateur.
On établit généralement les puits par files, avec desintervalles d’un pied (0 m ,30). Quand ils sont parvenusau terrain solide, on les remplit de béton et on lescouvre séparément de voûtes.
Ce mode de fondation est employé pour les ouvrageson lit de rivière. Si la profondeur de l’eau est un peugrande au moment où l’on commence le travail, onétablit un batardeau.
Les puits cylindriques laissent forcément un espaceassez considérable entre eux. Lorsqu'il est nécessaired’avoir un massif de fondation, les Indiens emploientdes puits carrés qu’ils appellent kothis. Leurs assisessont généralement formées de pierres plates réuniespar des queues d'arondo en bois.
Des ouvrages importants ont été fondés sur deskhotis; nous pouvons citer comme exemple le pontconstruit àNobatpûr, sur le Caramnassa, pour la routede Calcutta à Bénarès . Il fut commencé à la fin dudix-huitième siècle par Nana Farnavîz, ministre de l’Étatde Pounah. Sa mort arrêta les travaux avant F achève-ment des fondations.
En 1829, Patni Mal, riche habitant de Bénarès , cé-lèbre dans les Indes pour les temples et les ghats qu’ila fait construire, entreprit de compléter à ses fraisl’œujre de Nana l'arnaviz; il fit enlever les sables dela rivière, qui recouvraient les anciens ouvrages. Ontrouva un massif général de fondation de 60 pieds(18 m ,29) de* largeur, allant d’une berge à l’autre; ilétait formé de kothis de 15 pieds (4 m ,47) de coté,descendus à travers le sable jusqu’à un banc d’argile,à une profondeur de 20 pieds (G m ,10). On dragua lessables qui se trouvaient dans les puits, et on rencontraà diverses hauteurs des massifs de remplissage en ma-çonnerie. On les compléta par du béton. L’édifice futensuite construit sans difficulté, d’nprès-un projet deM. James Princep : 3 arches en plein cintre, de53 pieds (I6 n, ,85) d’ouverture; piles de 13 pieds(3 m ,G9) d’épaisseur; largeur do la voie, 25 pieds<7« l ,62).
Dans les localités où le bois est à bas prix, les In ■dons emploient des kothis en madriers. Enfin, dansquelques circonstances, ils sc servent seulement de.caisses sans fond, qu’ils appellent sunJoaks.
Los puits ne peuvent pas être jointifs, ce qui e.-.-t un
grand inconvénient dans certains ouvrages. Le colo-nel Oolvin, avant à construire un barrage sur le So-moé, afin de faire une prise d’eau pour le canal deDelhi , imagina de réunir deux puits sur le même necm-chuck : c’est ainsi qu’on appelle la plate-forme infé -rieure en charpente qui, pour les simples tubes, a laforme d’une couronne. Il établit deux lignes contiguësdo ces massifs doubles, en ayant soin de croiser lesjoints. Le travail a été facile, et le succès du barragecomplet.
Cette disposition a été imitée. On a multiplié lesmassifs ayant plusieurs puits sur un même neemclmck;c’est ce qui constitue la méthode eolvinienne, que l’onappelle aussi méthode des blocs. Elle doit à sir Proby(’autley de grands développements. Au canal de Delhi on a descendu d'une seule pièce des fondations de culéeavec leurs murs en aile. Au canal du Gange , on a em-ployé des blocs qui présentent en plan un carré de32 pieds (9 m ,7o) de côté. Les massifs colviniens sontplus faciles à conduire que les puits isolés, mais il nefaut pas que les vides soient trop écartés ; une distancede 3 pieds {0 ,n ,9t) de l’un à l’autre est considéréecomme un maximum.
Au pont-aqueduc de Roorkee , une pile est fondéesur huit massifs, contenant chacun quatre puits octo-gonaux. Le diamètre du cylindre inscrit est de o pieds6 pouces (l m ,67). Les puits sont à 8 pieds 6 pouces(2 ,a ,59) d’axe en axe. Les blocs sont espacés de 3 pieds(Ü m ,91): ils présentent en plan un carré de 20 pieds(6 m , 10) de côté. Un massif à deux puits est placé enprolongement pour chaque arrière-bec ou avant-bec.Les blocs de culée ont 26 pieds (7 ra ,92) de côté.Enfin, pour empêcher les affouillcments, deux lignesde massifs à deax puits, aussi rapprochés que possible,comprennent entre elles les empierrements du ra-dier.
Tous les massifs, au nombre de 288, ont été des-cendus à 20 pieds (6 n ‘, 10) de profondeur sous le lit dela rivière. Pour faciliter l’abaissement, on recouvraitchacun d’eux d’une plate-forme à contre-fiches, quel’on chargeait do sable.
Le neemclmck de l'un des blocs à quatre puits secompose de six forts racinaux croisés pur sept tra-verses. Des madriers placés entre elles, sur les raci-naux, composent le plancher.
La descente des maçonneries n’est pas un mode deconstruction nouveau en Europo pour les puits de vil-lage. Nous tenons de M. Le Masson, inspecteur géné-ral des ponts et chaussées, que cette méthode est sui-vie depuis longtemps en Alsace ; on l’emploie aussidans le nord dû la France , et probablement ailleurs.Les travaux sont faits dans les sécheresses à l’aide depetits épuisements.
En 1825, Brunei , pour établir à Rotlierhite le puitsqui donne accès au tunnel sous la Tamise , descenditen terre une tour de 42 pieds de hauteur et de 50 piedsde diamètre (12 m ,80 et 1o m ,2i), portant une machineà vapeur. Tout le monde connaît les détails de cettebelle construction ; nous rappellerons seulement quela maçonnerie était fortement serrée par des boulonsentre deux préceintes, Tune supérieure, l’autre infé-rieure, et qu’au-dessous de cette dernière était unecouronne en fonte armée d’un tranchant. Plus tard,Brunei descendit jusqu'à 80 pieds (24 m ,38) de profon-deur les maçonneries du puits du tunnel sur la rive,gauche de la Tamise à AVapping. (Voir le Mémoire deM Henry Law, Quarterly papers of engineering, 1845.)
Depuis les travaux de Brunei , on a employé des puitsen maçonnerie pour diverses constructions ; plus tard,on s’est servi de tubes métalliques.
L’embarcadère de Milton-on-Thamcs est le premierouvrage que l’on cite comme ayant été fondé au moyende tubes en métal employés comme batardeaux. Les