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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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FONDATIONS TUBULAIRES.

FONDATIONS TUBULAIRES.

fondations du pont de C'hepstow sont l’une des plusbelles applications de ce système.

Le docteur Potts a proposé d’enfoncer les tubes eny faisant le vide. Son brevet est daté de décembre 1843,et la spécification, de juin 4 84-4. L’eau qui afflue dansle tube sous l’aspirntion produite y soulève le sable oula vase, et la pression atmosphérique agissant à sa par-tie supérieure le fait graduellement descendre. Detemps en temps il faut enlever la calotte du tube, etdraguer les parties soulevées du sol.

Quand le terrain est compacte et qu’à une certaineprofondeur l’aspiration reste sans effet, Potts proposed’employer de larges tubes ouverts par le liant, danslesquels on entretiendrait de l’eau. On y descendraitun tuyau d’aspiration ou trompe (an éléphant). Dansle brevet qu’il a pris en France , Potts parle de faire desdragages dans les rivières par des trompes.

L’emploi du vide dans les tubes a donné des résul-tats. On a souvent cité cette méthode avec éloge ; ce-pendant le succès n’a jamais été complet. Nous necroyons pas que l’on ait employé des trompes. Lesprocédés de Potts paraissent abandonnés aujourd’hui.Nous devons remarquer que, quand on emploie destubes avec épuisement, l'eau désagrège le sol en le tra-versant, comme dans la méthode de Potts.

M. Triger a fait connaître à l’Académie des sciencesde Paris, dès 1841, les résultats avantageux qu’il avaitobtenus de l’emploi de l'air comprimé pour ouvrir unpuits de mine dans un terrain où pénétraient lescanxde la Loire. 11 avait employé un tube en tôle, et l’avaitfait descendre à coups de ,mouton. En juin 184b, ren-dant compte à l’Àeadémic de nouveaux travaux de cegenre, M. Triger proposa l’emploi de tubes avec aircomprimé, pour fonder des piles de pont.

Le procédé de M. Triger a été employé plusieursfois dans les mines. Nous citerons les travaux deStrépy-Bracquegnies , où M. do la Roche épuisait enpartie les eaux, et les refoulait en partie par la com-pression de l’air à 3,70 atmosphères.

En 1851, MM. Fox et llenderson essayèrent d’éta-blir, par la méthode de Potts, les fondations du pontde Rochester dont ils avaient l’entreprise. Ils trouvè-rent, sous les vases de la rivière, de fortes pièces decharpente que l’on suppose être les débris d’un ancienpont. Le vide ne pouvait être d’aucun avantage; il fal-lait repousser l’eau des tubes pour couper les bois.M. Hughes, qui dirigeait les travaux, proposa de re-courir au système de M. Triger : on le fit avec unplein succès. Chaque pile a été fondée sur 14 pieux eufonte de 6 pieds 0 pouces (1 m ,98) do diamètre. La seuledifficulté fut dans la sous-pression, qui ne put êtrovaincue que par des poids considérables, dont l’appli-cation donna quelque embarras.

Les travaux du pont de Rochester ont eu un grandretentissement, et la méthode tubulaire avec pressionpneumatique est maintenant tout «à fait entrée dans lapratique. Sa plus belle application est la fondation dela pile centrale du pont de lloyal-Albcrt.

A l’endroit où elle est construite, la profondeur del’eau à mer haute dépasse 70 pieds (21 m ,.‘4 ). Lefond est une couche de vase de 13 pieds (3 m ,9(>) d’é-paisseur, au-dessous de laquelle on trouve le rocher.

M. Brunei employa un tube de 35 pieds (10 m ,67) dediamètre, avec pression pneumatique; mais, pour di-minuer la sous-pression, il a placé un deuxième tubede 27 pieds (8 m ,23) de diamètre dans l’intérieur dupremier, et il ne comprime l'air que dans -la jaquette :c’est le nom que les ouvriers donnent à l’espace annu-laire compris entre les tubes. On a construit ainsi unpuits en maçonnerie parfaitement enraciné dans le ro-cher ; on épuise à la manière ordinaire dans le cylindreintérieur, et on y drague la vase.

M. Brunei a augmenté le diamètre du grand tube

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de 2 pieds (O^GI), à une hauteur de 40 pieds (I2 m ,19)environ, afin qu’on pût désassembler ses diflerente.sparties de l’intérieur, après l’achèvement des maçon-neries, et pour qu’une petite déviation dans la verti-calité ne gênât pas la construction de la pile.

Nous ajouterons quelques mots à cette intéressantenotice sur les ponts tubulaires, que nous empruntonsà M. de la Goumerio, savant ingénieur des ponts etchaussées.

Le système du pont de Rochester a été employé avecsuccès dans plusieurs travaux récemment exécutés enFrance, au pont de la Mulatièrc à Lyon , aux fondationsdes piles du viaduc do Nogent , sur la ligne de l’Est.En principe, un tube en tôle est un- admirable moyende former un batardeau, et il suffit, par l'effet de lapression de l’air, de luter on quelque sorte le bas del’enveloppe en tOle , pour pouvoir faire avec une granderapidité des travaux du genre le plus difficile qui sc ren-contrent dans l’art des constructions. On peut dire quec’est aujourd’hui le moyen par excellence (l’effectuerles fondations des ponts de premier ordre. On l’emploieaujourd’hui pour construire les piles du pont sur leRhin à Strasbourg qui doit réunir les chemins de ferde France et d’Allemagne .

M. Pcrdonnet, administrateur du chemin de fer del’Est pour lequel s’exécute ce grand travail, et par con-séquent bien au courant des détails de l’opération, euparle ainsi dans son livre intitulé : Notions générales surles chemins de fer.

Lorsqu’il s’agit de fonder les piles du pont du Rhin ,à construire vis-à-vis de Kehl , dans un fond de gravierd’une profondeur indéfinie, on songea à employer lesystème adopté pour le pont de Rochester, mais il futjugé long et coûteux. L’extraction des déblais, surtoutau travers des écluses d’air, est très-lente et fort dis-pendieuse. M. Fleur Saint -Denis, ingénieur des pontset chaussées, modifia ainsi le système.

Au lieu de cylindres en fonte, il emploie d’énormescaissons rectangulaires en tôle, longs de 7 mètres etlarges de 3 m ,80, fermés dans le haut et ouverts dansle bas comme les cylindres en fonte. Le caisson étantmoins haut que le cylindre, est, une fois posé sur lesol, entièrement plongé dans l’eau ; dans la paroi supé-rieure formant couvercle sont percés trois trous cylin-driques : deux trous latéraux, chacun de 1 mètrede diamètre, et un trou central de 1 m ,30. Deux tuyauxou cheminées cylindriques en tôle sont fixées au borddes trous latéraux et s’élèvent jusqu’au-dessus de l’eau.Elles sont surmontées chacune d'une chambre à air.Le trou du milieu donne passage à un troisième tuyauou cheminée centrale qui est ouverte aux deux boutset descend à travers le caisson jusqu’au fond de la ri-vière.

Lorsqu’on vient à refouler de l’air comprimé dans lesdeux cheminées latéx*ales, l’eau se retire de celles-ci etdu caisson, mais non du tube du milieu. Les ouvrierssont introduits dans le caisson ou en sortent par les che-minées latérales et au moyen des écluses d’air. Quantaux déblais, ils sont extraits au moyen d’iuie noria logéedans la cheminée centrale en traversant une colonneliquide. Les godets se chargent à la partie inférieure dugravier que les ouvriers enlèvent avec leurs outils toutautour de la caisse et repoussent en bas de la cheminéecentrale, et sc vident à la partie supérieure sur un planincliné qui conduit le gravier dans un bateau où on ierecueille.

Sur les parois latérales du caisson en tôle s’élèventau-dessus de l’eau les parois d’une caisse en bois dont*les joints sont calfatés et qui est recouverte d’une enve-loppe de tôle. C^tte caisse imperméable sert en mêmetemps à contenir l’eau et le sable au-dessus de la caisseeu tôle. Des ouvriers placés à l’intérieur sur la caissocoulent du béton, qui sert en meme temps à charger la