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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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FONDERIE EN CARACTÈRES.

FONDERIE EN CARACTÈRES.

caisse et à former le corps île la pile autour des che-minées. Les caisses en tôle sont suspendues à des treuilsau moyen desquels on en modère et règle la descento.

Le caisson étant arrivé à la profondeur voulue, on leremplit de béton et de maçonnerie. On achève égale-ment de combler l’espace entre les cheminées et lesparois du caisson en bois, et on peut meme enleverles cheminées en remplissant le vide qu’elles occupaient.

Au moment où nous écrivons, ce grand travail n’estpas terminé, mais l’excavation poussée sans encombrejusqu’au terrain solide, après avoir enlevé le sable surune profondeur de près de 20 mètres, prouve que lesuccès est parfaitement assuré, car le travail le pluslong et le plus difficile est heureusement terminé pourla première pile.

FONDERIE. M. Karmarsch, technologue allemand justement estimé, a donné une table utile que nouscroyons devoir reproduire. Elle permet de calculer ap-proximativement le poids qu’aura une pièce fonduequand on connaît celui de son modèle. Les cliifiresportés dans les c'olônncs expriment les coefficients parlesquels il faùt multiplier ce dernier poids.

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MODELE.

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Zinc. /

Pin ou sapin

14

13,8

16,7

16,3

17,1

13,5

Chêne . . .

9,0

10,1

10,4

10,3

10,9

8,6

Hêtre. . . .

9,7

10,9

11,4

11,3

11,9

9,1

Tilleul. . .

13,4

15,1

15,7

13,5

16,3

12,9

Poirier. . .

10,2

11,5

11,9

11,8

12,4

9,8

Bouleau . .

10,6

11,3

12,3

12,2

12,9

10,2

Aune. . . .

12,8

14,3

14.9

14,7

15,5

12,2

Acajou. . .

11,7

13,2

13,7

13,5

14,2

11,2

Laiton . . .

0,84

0,95

0,99

0,98

1,00

0,81

Étain avec■1,4 ou 1/3de plomb. .

0,89

1,00

1,03

1,03

1.12

0,85

Plomb . . .

0,64

0,72

0,74

0,74

0-78

0,61

Il va sans dire que ce tableau ne peut servir lorsquele modèle contient des pièces qui ne doivent pas êtrereproduites dans l’objet fondu, ainsi que cela arrivesouvent dans les ouvrages creux.

FONDERIE EN CARACTÈRES. La transforma-tion générale de cette industrie que nous faisions pres-sentir à la fin de notre article fonderie, est aujour-d’hui accomplie dans plusieurs pays et le sera bientôtpartout, par l’adoption de la machine américaine àfondre les caractères, au moyeu de systèmes qui sontdes variations et modifications diverses de la machineà pompe d’injection. Quoique nous ayons déjà donnédes développements peut-être exagérés à la descriptionde cette industrie curieuse, mais peu importante aupoint de vue du chiffre de sa production, puisqu’ellecrée seulement les outils de l’imprimerie et que cesoutils sent de longue durée, nous devons la compléterpar la description de cette curieuse machine et relateren quelque sorte l’histoire de l’invention première,avant que ses nombreuses modifications causent bien-tôt, comme il arrive d’habitude, une confusion surl’origine de l’invention qui la fasse réclamer par plu-sieurs pays.

Vers 1815, M. Didot-Saint-Léger, l’inventeur, pourune bonne part au moins, de la machine à papier con-tinu, vint expérimenter chez ses parents, MM. FirminDidot , la première machine qui ait été tentée pour imi-

ter le travail de l’ouvrier fondeur en caractères. Ondoit considérer cette machine comme la première danslaquelle on se soit posé le problème dont on voit au-jourd’hui la solution se compléter. En effet, au milieude la complication de cette machine dont on peutjuger par un petit modèle qui se voit au Conservatoiredes Arts et Métiers , où il a été déposé par l’inventeur, onreeonnaîtles organes essentiels de ce genre de machines.Le principal et le plus difficile à imaginer, la pompeplongée dans la matière, s’y trouve pour la premièreibis ; mais comme elle n’était pas réglée de manière àpouvoir lancer une quantité de métal proportionnelleà la lettre à fondre, que les leviers portant les piècesdu moule étaient très-longs et replaçaient mal le mouleà la place convenable, cette machine ne put fonction-ner, et projetait de tous côtés le métal fondu. On secontenta en France de la condamner comme impropreà un bon service, et on n’en parla plus.

En Amérique, au contraire, M. White,- de Boston ,attaqua le même problème, et, après bien des modifi-cations à la machine primitive, en transformant, dimi-nuant la grandeur des pièces, réglant par un ressortet un arrêt à vis le mouvement de la pompe à clapetmétallique mieux établie, arriva à construire une ma-chine à fondre qui lui donna do bons résultats vers4835 ou 1836.

Exploitée en secret et sur une grande échelle, cetteinvention procura de' grands bénéfices à l’inventeur, etelle était tellement peu connue qu’en Europe , lorsqueles premières machines à fondre, plus ou moins ana-logues, furent importées d’Amérique , personne nopensa qu*U s’agit d’une invention ancienne et expé-rimentée, et l’on crut n'avoir à juger que des essaisdont le succès était douteux; D’ailleurs, les modèlesimportés n’étaient pas celui perfectionné par M. White,mais des appareils construits par des imitateurs quiavaient eu plus ou moins connaissance de l’inventionpremière et qui avaient, soit par ignorance des moyensemployés, soit pour faire des machines différentes decelle brevetée, changé les dispositions des pièces etles communications de mouvement.

La première machine qui arriva en Europe fut cellede M. Brnndt, qui importa de Philadelphie la machinequi a été adoptée et construite un très-grand nombrede fois en Allemagne . Son fonctionnement simple enfit le succès, malgré la qualité assez médiocre des pro-duits fabriqués; le métal, obligé de remonter un assezlong conduit incliné à 45°, sort en pluie et donne, pourpeu que le métal soit peu fusible, renferme peu d’étain,des caractères poreux, à cavités intérieures, globu-bulaires et peu résistants.

En France , une autre machine importée par M. Ste-wart, qui avait eu une communication plus incomplètede la machine de White, fonctionnait avec un mouleplacé horizontalement, et la matière, arrivant en lignedroite et parcourant peu de chemin, conservait sa qua-lité en arrivant dans le moule ; malheureusement, lefonctionnement était peu assuré, les causes d’arrêtnombreuses, par l’effet des grains de métal qui s’in-terposaient entre le moule et l’extrémité du conduit,et qui ne pouvait plus être essuyé après la fonte de cha-que lettre, comme dans le cas précédent^ ce qui faisaitmaître des crachements fréquents. Aussi, acquéreurde ce brevet, lorsque j’exerçais la profession de fondeuren caractères,jereconnusbientôt la nécessité de placerobliquementle moule, employantune disposition prévuepar le breveté (par connaissance incomplète des autresinventions), ce qui conduisait à construire la machineallemande. Aussi l’introduction en France , faite à cetteépoque, de la machine allemande nous sembla-t-elle im-possible en présence du brevet dont nous étions acqué-reur ; néanmoins nous succombâmes dans une action encontrefaçon que nous dûmes intenter pour la conserva-