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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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FONDERIE EN CARACTERES.

FONDERIE EN CARACTERES.

duit jamais de lettres imparfaites. Nous avons dit com-ment étaient produites les opérations i et 5, eu imitantla solution du moule à main américain . Par l’écarte-ment du bras en fonte qui porte le moule, du four-neau, la tringle écartant la pièce a ouvre le moule etfait tomber la lettre fondue. Cet effet est produit parl’ouverture même du moule à l’aide d’un petit artificequi consiste à placer dans le blanc de la pièce de des-sus une petite saillie (obtenue en passant dans un petittrou une petite broche, du diamètre d’une aiguille àcoudre), qui n’altère en rien la lettre et qui lu force Aadhérer à la pièce du dessus. Il s’ensuit que lorsquele moule s’ouvre en décrivant un arc de cercle parl’effet de la charnière qui le réunit au bras en foute,un crochet en tôle d’acier adapté à la pièce du dessousaccroche la lettre, pousse le côté de l’œil formé dansla matrice et ln détachant la fait tomber. Les opérations6 et 7 sont donc ainsi effectuées simultanément. En-fin les opérations 8 et 9 sont produites simultanémentpar la continuation de la rotation de la manivelle quireplace tout dans l’état initial.

Cette machine simple, légère A manier, débarrasséedes chances de crachement de matières, parce que l’é-cartement du moule de l'orifice de sortie de la ma-tière permet à l’ouvrier d’essuyer celui-ci chaque foisavec un bâton entouré d’un linge huilé qu’il tient dela main droite, et cela sans ralentir le mouvement derotation produit à l’aide de la main gauche, est unesolution complète du problème de la fonte de3 carac-tères à la mécanique. Elle permet de faire, avec uneéconomie de 7b p. -100 sur la main-d’œuvre, 20,000bonnes lettres par jour au moins, à l’aide d’un seul ou-vrier, et en Allemagne seulement on compte aujour-d’hui une centaine au moins de machines semblables.

De ce que nous disons que le problème est résolu, onaurait tort de conclure que nous prétendons que cettemachine est parfaite, sans aucun défaut ; nous voulonsdire seulement que des perfectionnements seulementsont encore à obtenir pour que le mode de fabricationse modifie complètement, qu’ils rendront seulement larévolution plus rapide et plus complète. Voyons cequi a déjà été fait dans cette voie.

Les défauts de cette fabrication sont : 1 W que leslettres sont creuses, les tiges sans grande résistance ;2° que la régularité des pentes et de l’alignement deslettres fondues est inférieure à celle de. la bonne fabri-cation à la main.

1° Pour ce qui est du premier inconvénient, la pra-tique indique bientôt que les produits tout à fait dé-fectueux résultent surtout de l’irrégularité du chauf-fage. Si le feu tombe, la section du long conduit quiamène la matière dans le moule se réduit par le métalqui se solidifie le long des parois, et la petite quantitéqui passe sort froide et en pluie ; elle se fige donc enlaissant des vides nombreux. Le remède partiel setrouve dans le soin de l’ouvrier à régulariser son feu ;le remède radical, c’est le chauffage au gaz avec insuf-flation d’air au milieu du bec pour produire un chalu-meau qui, agissant sur la pompe et le conduit, assurele bon passage du métal, sans échauffer le moule, c’est-à-dire dans des conditions excellentes pour lin bon tra-vail. Toutefois la longueur du conduit et l'ascension dela matière empêchent d’obtenir d’aussi parfaits résul-tats qu’avec un conduit horizontal de peu de longueur.Mais avec un bon chauffage et une addition de 8 à 10p. 100 d’étain au métal ordinaire, ce qui le rend plusfusible, lui donne un grain fin, on obtient de très-bons produits. L’accroissement du prix du kilogrammede caractère qui résulte de la cherté de l’étain et de safaible densité est un inconvénient pour le fondeur encaractères, insensible pour l’imprimeur qui fond sestypes lui-même et emploie le métal de ceux qui sonthors de service pour en fabriquer de nouveaux.

2° Les irrégularités de la fonte proviennent princi-palement du système employé pour maintenir la ma-trice. Un ressort très-fort pour résister convenablementà la chasse du métal, un choc brusque pour souleverla matrice, les efforts considérables mis en jeu pourfermer le moule, toutes ces causes amènent des tor-sions, des placements défectueux de la matrice, et nerépondent pas bien aux conditions de régularité si bienréalisées sur le moule à main. Aussi faut-il beaucoupde soins pour obtenir de bons produits. Sur des ma-chines différentes de celle que nous venons de décrireon a cherché à diminuer ces inconvénients.

Ces machines, dont nous voulons dire quelques mots,ont été disposées pour remédier à ces défauts et doplus à un autre inhérent évidemment aux machinesallemandes, nous voulons parler de l’action destruc-tive du choc qui résulte de leur disposition, qui enlimite la vitesse et est pour le moule une cause dedérangements très-nuisibles à la perfection de la pro-duction. Les diverses pièces qui le composent finissentbientôt par sc déplacer sous l’influence de ces chocsrépétés entre des corps métalliques.

Un inventeur anglais , M. Johnson, a combiné unemachine qui supprime la plupart de toutes ces imper-fections par une disposition toute nouvelle. Le mouleest fixe et consiste en une simple fente dans une piècemétallique, dont les deux faces intérieures sont distantesexactement de la grandeur de la force de corps du ca-ractère à fondre. Dans cette entaille glisse une plaqued’acier qui la fermerait exactement si elle n’était arrê-tée en arrière, de manière à laisser entre son champet la surface supérieure de la grosse pièce métalliqueune épaisseur égale à celle de la lettre à fondre. Le jetétant fait par le prolongement de la même pièce glis-sante, on voit que si le métal fondu est lancé par unepompe dans un petit conduit horizontal, dont l’orificedébouche au milieu du jet, une lettre sera formée parchaque coup de piston, une matrice étant placée à l’ex-trémité du vide rectangulaire, et se reculant après lafonte, le porte-matrice ayant un mouvement rectiligne,étant guidé dans des coulisses.

Dans ce système, l’espèce de moule où sc forme lalettre n’a pas à s’éloigner du fourneau, parce que l’in-venteur sc contente de couper le jet et d’enlever lalettre par le mouvement de la plaque glissante sur la-quelle la lettre s’est formée. Celle-ci est trop bien sou-tenue sur toute sa longueur pour qu’elle puisse en souf-frir, et elle devient libre sans être faussée comme celaarrive trop souvent avec le système employé pour fairetomber la lettre dans la précédente ; enfin, à cause dela chaleur de l’orifice, le métal ne peut avoir de résis-tance près de l’extrémité du jet.

Cette ingénieuse machine peut fonctionner avecgrande vitesse et donner de très-bons produits ; seule-ment réchauffement devient bientôt trop considérableet il faut laisser refroidir le moule, et pour cela reculerle fourneau qui est disposé à cet effet. Cet inconvé-nient est moindre avec un chauffage au gaz, disposépour chauffer par un dard la partie du fourneau où estplacée la pompe, et si l’on fond du petit caractère quine dégage qu’une quantité de chaleur modérée par sasolidification. Mais rien ne remédie au plus grave; inconvénient de ce système, l’usure de la plaque glis-sante, qui ne peut se réparer facilement, et qui bientôt,la chaleur aidant, laisse passer de petites feuilles demétal qui empêchent le mouvement de se produire avecla précision voulue

Aussi les recherches .nouvelles ont-elles porté sur lemoyen de modifier la partie do la machine où se formela lettre, en conservant l’ensemble des dispositions dela machine. On y est assez bien arrivé en reconstrui •sant à peu près les deux pièces du moule ordinaire, celledu dessous ayant un blanc mobile qui pousse la lettre