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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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GALVANOPLASTIE.

le bain de sulfate de cuivre ne devienne pas trop acide,ce à quoi on parvient en ajoutant un peu de craie, quiprécipite l’excès d’acide sulfurique à l'état de sulfate dechaux.

Creux en cuivre. — L’emploi de la galvanoplastiepour obtenir des matrices d’objets gravés en relief,afin de les reproduire par les procédés de la fonderie encaractères, est devenu général. Malheureusement leprogrès qui on est résulté a un immense inconvénient,je veux parler de la facilité qu’y a trouvée la contre-façon. Du moment qu’on a pu à l’aide d’un plomb ob-tenir une matrice en cuivre, on ne s’est pas fait fautede conquérir à peu de frais les richesses de ses confrères,et on cite en Allemagne des fonderies qui possèdent lapresque totalité des produits précieux des autres fonde-ries de l’Europe . Il faut dire que ces produits sont sou-vent défectueux, à cause des petites imperfections dumodèle et du surmoulage qui s’ajoutent les unes auxautres ; mais dans beaucoup de cas et avec des soins suf-fisants, ils sont bien assez parfaits pour que le créateurdu type original soit entièrement dépouillé de sa pro-priété. C’est là un déni de justice regrettable non-seu-lement au point de vue moral, mais encore au point devue industriel, en ce qu’un graveur ne peut plus accu-muler sur un produit une grande quantité de travail etde soins, lorsque le surmoulage doit venir le priver desbénéfices de l’exploitation, l’empêcher de retrouver larémunération de son travail. Il faut espérer que les trai-tés internationaux qui s’appliquent à la piraterie artis-tique comme à la contrefaçon littéraire, permettrontd’arrêter les progrès d’une aussi déloyale industrie.

Une observation importante à faire au point de vuetechnique, c’est qu’il est erroné de croire, comme colaparaît généralement reçu, que la galvanoplastie permetde graver sur les substances les moins résistantes lesobjets qu’il s’agit de reproduire en cuivre. La reproduc-tion peut sans doute avoir toujours lieu, mais non lagravure en relief, dont les finesses sont nécessairementen raison de la résistance que le corps travaillé offre àl’action du burin. C'est pour cela que l’emploi d’un sa-von dur de résine au lieu de bois, de bois au lieu d’a-cier, n’ont pas réussi au grand étonnement d’inventeursqui, préoccupés de la reproduction, avaient tout à faitnégligé les conditions nécessaires pour la création, dansun degré de perfection convenable, du type primitif.

Planches plates. — On a tenté de nombreusesapplications de la galvanoplastie aux planches platesqui sont employées pour l'impression en taille-douce,surtout pour reproduire et multiplier ces planches quisont mises hors de service par le tirage d’un nombred’exemplaires très-limité, qui n’atteint pas en général3,000, nombre bien insuffisant quand les planches fontpartie d’une publication de librairie, et doivent fairerecourir souvent à la gravure sur planche d’acier quiest plus coûteuse.

La difficulté de cette reproduction consiste dansl’adhérence que contracte le dépôt sur la planche decuivre. Elle est telle que l’on en a fait la base d’unprocédé pour corriger les planches, en faisant déposerun peu de cuivre sur une partie soigneusement décapée.

Le procédé qui a le mieux réussi pour obvier à cetteadhérence, consiste à ioder et à exposer ensuite à lalumière la planche à reproduire. L’exposition à la lu-mière est si utile, qu’en l’absence du soleil, l’expositionà l'air ne suffit pas, tandis qu’apvès l’action solaire,l’adhérence ne se produit jamais.

Au lieu de reproduire la planche-type, on vient d’in-venter avec succès un moyen de lui donner à peu prèsla résistance au tirage de la planche d’acier. Ce moyen,inventé par MM. Salmon et Garnier, consiste à la cou-vrir d’un vernis de fer, d’un dépôt très-fin et très-ad-hérent de ce métal. Les finesses des traits ne sont nul-lement altérées,' et le long service de ce vernis métallique

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qui peut être renouvelé, assure un tirage pour ainsidire indéfini.

Galvanoplastie renforcée. —Chacun sait que lesornements des pièces d’orfèvrerie doivent être d’unegrande perfection de détails, comme tout détail quidoit être vu de près. Aussi est-ce le plus souvent parle travail direct de l’artiste, par le repoussé que ccsornements sont produits dans les pièces capitales j maisil faut remarquer qu’alors la reproduction de l’œuvren’étant plus en question, c’est de Part que l’on fait etnullement de l’industrie. Lorsqu’il s’agit de ce derniercas, ou lorsqu’on veut multiplier l’œuvre du maître,c’est à la gravure sur acier, extrêmement dispendieuse,qu’il faut avoir recours si l’on veut éviter la fonte qui,à cause du haut point de fusibilité des métaux em-ployés, ne pouvant être obtenue qu’à l’aide d’un mou-lage en sable, est nécessairement imparfaite. Il en ré-sulte la nécessité d’un travail considérable de ciselure,qui augmente énormément, quand il est bien fait, leprix des pièces.

Tout ceci est évité par la galvanoplastie. L’empreintedu modèle est d’une exactitude absolue, étant prise àl’aide de gutta-perclia un peu chauffée et pressée sur lemodèle; elle vient recevoir à son tour, par la galvano-plastie, un dépôt de cuivre ou d’argent qui peut avoirtelle épaisseur que l’on désire, en prolongeant suffi-samment l’opération. Ce relief est la reproductionexacte du modèle, toutes les vivacités, toutes les finessess’y reproduisent, et il n’y a plus à s’occuper de cise-lure ni de rien de semblable.

Toutefois à ces avantages de perfection, de bonmarché dans la reproduction de belles pièces, il y eutd’abord quelques compensations. Souvent la pièce sor-tait du bain peu épaisse en quelques parties ; en généralle dépôt est moins fort dans les parties qui paraissenten creux dans le moule; l’assemblage do cette espècede tôle de cuivre offrait quelques difficultés; elle pos-sédait une sonorité désagréable. Tous ces inconvénientsont disparu par l’emploi d’un tour de main qu’ont ac-quis les bons ouvriers qui se sont livrés à ce travail, etqui consiste à remplir avec de la soudure forte toutesles cavités intérieures de lu pièce, de manière à luidonner toutes les qualités désirables comme poids,comme résistance, en faire en un mot des pièces com-parables de tout point aux pièces fondues, tout enleur conservant leurs qualités de perfection absolue quidispensent de retouche, de ciselure coûteuse et biensouvent imparfaite.

Les maisons Christofie, Odiot et les principaux orfè-vres sont entrés avec succès dans unu voie qui nousparait devoir conduire à des résultats extrêmement fé-conds pour la perfection et surtout la vulgarisation desbelles pièces d’orfèvrerie.

Tel est le but que s’est proposé d’atteindre et qu’aatteint effectivement un des premiers M. H. Bouillet,ingénieur de la maison Ch. Christofie et C**, et qui peutse résumer ainsi :

Supprimer dans sa fabrication courante l’emploi desmatrices en acier toujours très-couteuses, et dont lesrésultats comme perfection de travail laissent souventà désirer.

Économiser la main-d’œuvre, surtout pour les œu-vres d’art qui eussent exigé l’emploi de la fonte et deciselure ;

Exécuter avec précision et facilité des pièces dont larichesse d’ornementation, sans augmentation de dé-pense, n’a pas de limites ;

Substituer aux pièces creuses des pièces massives,dont les avantages pour l’ameublement et l’orfévreriodestinée aux usages de la table sont évidents.

Voici maintenantle mode d’opérer, supposant obtenu,en opérant comme nous l’avons indiqué plus haut, lecreux en cuivre d’épaisseur assez grande, et surtout for-