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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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GRAISSAGE.

Nous donnons, dans le tableau suivant, les résultatsd’essais de diverses huiles obtenues par l'éprouvette deMac-Naught, à la même température et après dix mi-nutes de marche.

IIi-ji.es.

Norab.e

propoi lioiiii.-l au

Valeur

compar.ili>r di

Spermaceti (! re qualité). . .

frulluicent.

18 à 19

fiut lenunl.

1,00

Spermaceti impur. . * . . .

30

1.66

Huile de pieds de bœuf. . . .

34

1,89

— pavots.

34

1,89

— olive lampante . . .

38

2,11

— colza pelé de Stras-bourg .

39 à 40

2,22

lentisque.

42

2,34

— graisse (lard oil) . .

45

2,50

— coco .

46 à 47

2,61

colza épurée.

66

3,05

Par une marche prolongée, les huiles s’épaississent,s’acidifient à l'air, et les frottements augmentent. C'estun élément important dont il faut tenir compte dans lapratique. M. Dollfus a trouvé les variations suivantes :

En 8 jours.— Spermaceti. 29 p. 100

En 5 jours. — Huile d’olive lam-pante.22 1/2 —

En. 4 jours. — Huile de lentisque. 38 —

En 3 jours. — Huile de graisse. . 23 —

En 7 jours. — Huile de coco. . . 40,07 —

En 4 jours. — Iiuile de colza épu-rée.25,50 —

En comparant le frottement et la densité d'une huile,on trouve :

Densité. FroUcnicul. Rapport,

Spermaceti.8840 19 46,60

Huile animale. 9380 45 20,80

— de colza.9147 40 22,80

— d’olive. 9170 38 24,00

Le rapport entre les densités et le frottement n’étantpas constant, on ne peut donc se servir d’un aréomètrepour déterminer la propriété lubrifiante d’une huile.

Tous les essais d huile doivent être faits sensible-ment à la température où elles doivent être employées,car on sait qu’une diminution apparente du frottementse produit par l’élévation des températures. Nous reve-nons plus loin sur cette question spécialement étudiéepar M. Ilirn, mais nous pouvons toujours de ce fait in-contestable tirer cette conséquence que pour les cous-sinets qui chauffent, il ne faut pas employer de l’huiletrop fluide, l.a chaleur rend ces huiles d’une fluiditételle, qu’elles ne lubrifient plus, qu’elles sont chassées.Il convient, dans ce cas, d’employer une huile degraisse, ou un mélange d’huile et de saindoux.

Expériences de M. Hirn. — Nous avons déjà vu{équivalent i>e la chaleur) l’appareil dit balancede frottement que M. Hirn a combiné pour ces expé-riences, en rapportant les résultats qu’il a obtenus rela-tivement au dégagement de la chaleur produite par lefrottement.

Il est aisé de voir que le tambour de cet appareil avec6on coussinet constitue un véritable frein de Prouy, aveccette seule différence que la pression variable des mâ-choires du frein y est remplacée parla pression con-stante du coussinet sur le tambour due au poids ducoussinet et de ses agrès (ce poids était de 50 kilo#.).Si donc nous nommons L la longueur EL du levier,N le nombre total de tours du tambour, P le poids missur le plateau, on aura 2 77 N P L = T pour la valeurdu travail total dû au frottement

M. Hirn, après avoir établi l’impossibilité d'appré-cier avec un seul appareil d’épreuve, de petite dimen-sion, tel que l’éprouvette de Mac-Naught ou la balance

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de frottement, tontes les qualités mécaniques d’unohuile, donne les préceptes sui\ants :

I. On trempera l’index d’une main dans l’huilequ’onveut éprouver, et l'index de l'autre main dans l'huilequ’on prend pour type de comparaison : des deux cotéset de la même manière, on frictionnera l’index contre lepouce. Si l’huile essayée est plus mauvaise que l’huiletype, on éprouvera d’abord autour de l’index qu’ellemouille un plus fort sentiment de chaleur, et au frotte-ment elle sera plus onctueuse. Si elle est meilleure, lesentiment de chaleur sera moindre qu’avec l’huile type,et au frottement l’huile paraîtra plus rude.

• Une huile est d’autant plus mauvaise qu’elle paraît,à cette épreuve, plus grasse , plus onctueuse. Une très-bonne huile est nécessairement très-rude au frottement.Une huile rude, au contraire, n'est pas nécessairementbonne; c’est-à-dire que ce seul caractère est loin desuffire pour nous permettre d’affirmer sa supériorité.Le caractère opposé est, au contraire, suffisant pour nouspermettre d’affirmer l’infériorité de l’huile. Au moyende quelques exercices comparatifs, on arrive ainsipromptement à un tact qui ne trompe plus en ce sens ;cette épreuve est donc un premier jalon fort utile.

II. En versant successivementun même poids de dif-férentes huiles dans un vase convenable, percé d’unpetit trou à sa partie inférieure, et comparant, à l’aided’une montre à secondes, le temps qu’il faut à chacunepour s’écouler, on aura le rapport de leur fluidité re-lative. Cela posé :

La meilleure huile sera toujours la plus fluide, et laplus mauvaise sera la moins-fluide ; mais ici encore, il11 ’y a que la seconde affirmation qui soit décisive. De cequ’une huile est très-fluide, il ne s’ensuit pas nécessai-rement qu’elle soit très-bonne; cependant ce caractèredevient décisif, lorsqu’on opère sur des huiles d’unemême et bonne espèce : ainsi, de deux huiles d’olive oude deux huiles de spermaceti, la plus fluide sera à coupsûr la meilleure au métier dynamomètre. (Je n’ai pasbesoin d’insister sur ce point : l’expérience au fluidoso-mêtre doit être faite à des températures rigoureusementconstantes.)

III. Après ces deux épreuves préalables, qui nouspermettent déjà de rejeter une huile inférieure à l’huiletype, on opérera sur la balance de frottement, surl'éprouvette de Mac-Naught (ou sur tout autre appareiléquivalent).

On graissera une fois pour toutes l’appareil au com-mencement de l’expérience ; on aura soin que, pourtoutes les huiles, il marche à la même vitesse et reçoiveau début la même dose de lubrifiant ; on aura soin aussique l’appartement ait toujours, du moins à2 ou 3 degrésprès, la même température, si l’on veut s’éviter la peine demesurer la température même de l’appareil .Au boutd’uucertain temps plus ou moins long (scion l’espèce d’huileselon la vitesse, selon la pression, etc.), l’instrumentatteint sa température maxima, et la charge étant de •venue constante, on prend note. Si toutes les précautionsindiquées ont été observées, les charges ininima qu’onobtient ainsi pour différentes huiles donnent déjà unoidéejuste de leurs qualités mécaniques relatives ; mais,comme je l’ai dit, cette comparaison ne répond pas en-core assez exactement aux exigences de la pratique. Enlaissant l'appareil continuer de marcher dans les mêmesconditions, on acquiert ensuite une connaissance pré-cieuse sur la persistance du pouvoir lubrifiant de l’huileessayée ; il est bien clair, en effet, que la charge minimase maintiendra d’autant plus longtemps que l’huile serad’unenature moins siccative, moins résineuse, etc., etc.

Une remarque importante est nécessaire ici cepen-dant, et, faute de s’y arrêter, on courrait risque de portersouvent un jugement défavorable fort injuste contreune huile (c’est ce qui m’est arrivé fréquemment audébut). Dans nos usines, la plupart des pièces sont