Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
272
JPEG-Download
 

272

GRAISSAGE.

GRAISSAGE.

graissées par intermittences assez rapprochées (soit à lamain, soit mécaniquement) ; pourvu donc que le pou-voir lubrifiant se soutienne d’un intervalle à l’autre,notre but est atteint! d’obtenir un frottement minimumpendant tout cet intervalle. Il suffit donc que l’huilesoit d’assez bonne qualité (au point de vue chimique),pour que chaque nouveau graissage enlève le peu decambouis produit, et que celui-ci ne s’accumule pas.En un mot, une huile peut être bien moins persistantequ’une autre sur la balance de frottement, et méritercependant la préférence : c’est ici à la méthode directeà décider. Pour donner cependant ici une indicationpratique, je dirai que, lorsque la charge minima îlepersistait pas au moins deux ou trois heures sur la ba-lance de frottement, je pouvais, de confiance, rejeterl’huile comme impropre au service. Il suffira à chaqueobservateur d’étudier son instrument pour arriver aussià une mesure semblable assez fidèle.

IV. A côté de l’épreuve à la balance peut se rangerun procédé fort pratique, que j’ai vu employer chezMM. Gros, Odier et Roman , à Wesscrling. Quoique jene l’aie pas essayé moi-même, jeme permets de le citer,parce qu’il me semble à la fois commode et passable-ment concluant. Ayant graissé les tournions d’un tam-bour de carde avec l’huile qu’on veut éprouver, on laisse

marcher pendant une, deux, trois.heures ; puis, à

un moment donné, on abat la courroie de commande,et l’on compte le nombre de tours que fait le tambourpour arriver au repos ! . Comme c’est uniquement larésistance de l’air et le frottement des tourillons quiannihilent peu à peu l’impulsion primitive, et que c'estle frottement qui est ici la force accélératrice négative do-minante, on conçoit aisément que le nombre de toursdu tambour donne une idée très-approximative dupouvoir lubrifiant de l’huile.

Il est évident que beaucoup de pièces de nos machinespourraient être employées de la même manière que cetambour de carde. Les résultats seront d’autant plusexacts que le moment d’inertie de ces pièces sera plusgrand, et que cette espèce de volant improvisé offriramoins de prise à l’air.

V. Pour les pièces lourdes qui tournent très-len-tement (tels sont les tourillons des roues hydrau-liques, etc.), une huile très-fluide est certainement àméconseiller.

Pour les pièces qui marchent avec une vitessemoyenne ou grande, avec des pressions moyennes oufaibles, c’est à l’huile de la meilleure qualité mécaniquequ’on devra s’arrêter.

Le même conseil peut encore être donné quant auxtransmissions de fortes dimensions, du moins lorsqu’ony use de la méthode ordinaire de graissage, qui est à lafois logique et sensée. On sait que l’habitude généraleest de placer un morceau de suif (ou autre graisse con-crète) dans le chapeau des coussinets, et puis d'ali-menter, en outre, ceux-ci d’huile, par intermittencesrapprochées, ou d’une manière continue. L’huile icine peut pécher par un excès de bonne qualité (et parsuite de fluidité), car, tant qu’elle lubrifie convenable-ment, les pièces changent peu de température et il seconsomme peu de suif; qu’au contraire, par une raisonou une autre, l’huile soit momentanément expulséed’entre les surfaces en regard, à l’instant les pièces vonts’échauffer davantage et il y affluera plus de suif enraison de sa plus grande viscosité, il séparera davantageles surfaces, et le frottement diminuera. Pour peu qu’ony réfléchisse, on reconnaîtra aisément que l’espèced’équilibre qui s'établit ainsi, par suite du mélangespontané de deux graisses, l’une très-fluide, l’autreconcrète, est précisément tel qu’on obtient un minimum

1 II est bien évident que pour cette opération le tambourdoit être dépouillé de coton.

de frottement. Nous profitons par suite encore ici desbonnes qualités de l’huile employée.

M. Ilirn a cherché à formuler les résultats de sesexpériences sur les frottements entre surfaces abon-damment lubrifiées et pour de grandes vitesses. Ilssont très-différents des lois classiques du frottement,déterminées, il est vrai, dans des conditions différentes,et doivent par suite éveiller l’attention sur cette im-portante question.

1° Au point de vue de la température, il a trouvéque, pour toutes les huiles, si A est le poids qui faitéquilibre au frottement à la température zéro, on aurale poids p faisant équilibre au frottement à la tempéra-ture t par l’équation

• A

v = 4,0492'

et B étant le poids qui correspond à »'<■

B

P — 1,0492 (*-'<>

2" Au point de vue des vitesses, le frottement estproportionnel à la vitesse quand les surfaces sont abon-damment lubrifiées; mais lorsqu’il n’en est pas ainsi,les charges faisant équilibre au frottement sont propor-tionnelles aux vitesses élevées à une certaine puissanceinférieure à l’unité et s’approchant d’autant plus de laracine carrée des vitesses, que la quantité d’huile in-terposée entre les surfaces de contact a plus diminué.

3° Enfin, par rapport à l’étendue des surfaces,M. Hirn dit avoir été conduit à cette conclusion avecune exactitude suffisante pour la pratique, que la va-leur du frottement médiat (avec interposition de corpslubrifiant entre les surfaces de contact) est sensible-ment proportionnelle à la racine carrée des surfaces età celle des pressions, selon que l’on fait varier à lafois l’un ou l’autre de ees éléments, ou tous les deuxà la fois.

Des systèmes de graisseurs .

Les systèmes de graisseurs peuvent se diviser en deuxespèces :

Les premiers sont des applications du siphon ou desrobinets; ils graissent d’une manière continue, quel’arbre marche ou soit en repos. Le graissage qui s’ef-fectue dans ce dernier cas est en pure perte. Les mè-ches (que nous avons décrites à graissage) sont des grais-seurs de la première espèce. Elles ont comme les autresl’inconvénient de graisser pendant les heures de chô-mage aussi bien que pendant la marche ; de plus c’estun graissage d’une surveillance difficile et très-irré-gulier.

Les robinets fixes dont on peut modifier l’ouverturese prêtent à l’emploi de différentes qualités d’huile; cesgraisseurs ont les défauts des mèches, c’est-è-dire degraisser d’une manière continue. On pourrait les fermerpendant les heures de repos; mais cette manœuvre de-vient impossible lorsqu’ils sont employés en grandnombre.

La deuxième espèce de graisseurs est celle où legraissage dépend du mouvement de l’arbre. Cette es-pèce, préférable à la première, comprend les robinets àcapacité variable et à pente mobile, et les graisseurs àchapelet diversement modifiés.

Les robinets ù capacité variable dont il s’agit ici,qui prennent de l’huile en raison du vide que Ton faitvarier en général à l’aide d’une vis, sont mus par lesarbres de la transmission et cessent par suite de fonc-tionner quand l’usine est au repos. Ces systèmes sontbons, mais un peu compliqués.

Les chapelets sont d’une surveillance difficile ; l’ex-périence les a fait abandonner par nombre d’établisse-ments. Un mode de graissage analogue, mais bien pré-férable, est celui de M. Pecoster, qui lubrifie les arbres