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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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HORLOGERIE.

HORLOGERIE.

anciennes fut le bouleversement des systèmes an-térieurs. Tandis que l'impossibilité de produire desmouvements rectilignes d’une parfaite uniformité, etd’une longue durée pour un faible travail, était recon-nue, le pendule vint offrir des mouvements périodiquesd’une uniformité parfaite, difficilement altérable, en unmot tout spécialement propre à la mesure du temps.

Nous étudierons bientôt les lois du pendule; maishistoriquement il importe d’établir que Galilée se ser-vit du pendule seul pour la mesure du temps. Ayantreconnu 1° que les osciMations d’une sphère pesantesuspendue à l’extrémité d’un fil avaient sensiblement lamorne durée, quelle que soit leur amplitude, pourvuque cette amplitude soit petite; 2° que les durées desoscillations des divers pendules sont entre elles dans uncertain rapport avec les longueurs du pendule; il endéduisit la possiblité de Sri servir des oscillations dupendule pour mesurer le temps. Il suffit en effet pourcela de mettre le pendule en mouvement et de compterles oscillations qu’il effectue dans l’intervalle du tempsqu’on veut évaluer. La diminution progressive del’amplitude de ses oscillations n’empêche pas que leurdurée reste la même, comme cela résulte de la pre-mière des lois ci-dessus ; et par conséquent le mouve-ment du pendule .réalise la succession de phénomènesavant durée égale, condition, comme nous l'avons dit,de la mesure du temps. D'un autre côté, la seconde deslois trouvées par Galilée permet, en donnant au pen-dule une longueur suffisante, d’obtenir une durée d’os-cillation précisément égale à l’unité de temps que l’onveut adopter.

Galilée et quelques astronomes après lui em-ployèrent en effet le pendule comme moyen de mesu-rer le temps dans leurs observations astronomiques.Mais l’emploi de cet instrument, si simple en lui-même,présentait des difficultés à cause de la nécessité desuivre tous scs mouvements pour compter ses oscilla-tioins et aussi à cause du peu de temps au bout duquelun pendule abandonné à lui-même cesse d’effectuer desoscillations appréciables.

L’idée d’employer un moyen mécanique d’enregis-trer le nombre d’oscillations du pendule dut se présen-ter à Galilée , et menait à une construction d’horlogesvoisines de celles employées aujourd’hui. M Boquil-lon, en étudiant les Memorie e lettere di Galileo, pu-bliés par Venturi, en 1818, desquels il résulte qu’uncertain Dominique Balcctri aurait travaillé à une hor-loge à pendule sous les ordres de Galilée et de son fils,et en réalisant avec succès la construction indiquée dansces lettres, a démontré avec grande probabilité les droitsde Galilée à la priorité.

Horloges à poids et à pendule. — Quoi qu’il en soit, cesystème a été adopté généralement et l’horlogerie deprécision véritablement créée, lorsqu’on '1673, Iluy-ghens publia son admirable traite d’horlogerie De horo-logio oscillatorio ex Christiano Huygenio^Snins lequel lespropriétés et les conditions d’emploi du pendule sontétablies scientifiquement. C’est dans ce bel ouvragequ’il établit les lois de l’isochronisme, qu’il prouveque l’isochronisme n’existe avec le pendule ordinaireque pour les petites oscillations, qu’il n’existe pour degrandes amplitudes que si le pendule pesant décrit, aulieu d’un cercle, une cyoloïde, courbe curieuse dont ilanalysa, d’une manière complète, les propriétés.

llessort spiral pour montres et chronomètres. — Cequ’avait été le pendule pour les horlogers, le ressortspiral le fut pour les montres et chronomètres, et c’estencore à Huyghens qu’est due cette admirable décou-verte. Voici comment il s’exprimait, dans une commu-nication faite pa* luià l’Académie royale des sciences ,en 1675; nous citons textuellement :

u Le secret de l’invention consiste en un ressort

tourné en spirale, attaché par son extrémité extérieureà l’arbre d’un balancier équilibré, mais plus grand etplus pesant qu’à l’ordinaire, qui tourne sur ses pivots,et par son autre extrémité à une autre pièce qui tient àla platine de l’horloge, lequel ressort, lorsqu’on metune fois le balancier en branle, serre et desserre alter-nativement scs spires, et conserve, avec le peu d’aidequi lui vient par les roues de l’horloge, le mouvementdu balancier, en sorte que, quoiqu’il fasse plus ou moinsde tours, les temps de ses réciproquations sont toujourségaux les uns aux autres. »

Ces éléments sont les hases sur lesquelles reposetoute l’horlogerie moderne, et nous n’avons plus à con-tinuer une étude historique qu’en rappelant, dans ce quiva suivre, les noms des inventeurs en même temps queles travaux accomplis. Nous nous contenterons, pour lemoment, d’un tableau où nous reproduirons, dans l’or-dre chronologique, les inventions les plus importantessur lesquelles nous allons revenir.

Application du pendule

aux horloges.Galilée. — Huyghens .

Ressort spiral.

Compensation du pen-

Huyghens, 4675.

dule à mercure. . . .

Graham.

— :i grille.

Échappement à roue de

Ilarrison.

rencontre.

Henri de Vie, 43/0 ; les hor-logers de Nuremberg .

— à ancre.

Clément (de Londres ), 1700.

— à ressort .

Graham.

— à cvlindro.

Id.

— libre .........

Arnold.—Eamshaw.—Pierre

Leroy.

Théorie des engrenages. I.ahire. — Camus.

Dentures hélicoïdcs. . . llooke. — Whitc, 1821. —L. Bréguet,' 1835 (Taille).

Suspension à ressort. . . J. Leroy (de Varia). — Clé-ment (de Londres ).

Remontoirs d’égalité. . Leibnitz. — Huyghens .Échappements à force

constante.A. Bréguet, 1793.

— à tourbillon.A. Bréguet, 1797.

Mouvements différen-tiels.Mudge, 1767. -Pecqueur, 1827.

Équations.Planétaire de Huyghens, — sa

méthode de fractions con-tenues.

Montres à cylindre. . . Lépine. —A. Bréguet.

— à répétition. . Inventées par Barlow etSquare, 1676.

Chronomètres pour la

navigation.Ilarrison. — Mudge. — Ar-

nold — Pierre Lcrov. —Berthoiul. — A. Bréguet.Pendules sympathiques. A. Bréguet, 1793.

Emploi de l’électricité

pour mettre à l’heure. L. Bréguet, 1857.

Divisions de cette étude de l’horlogerie.L’exécution des appareils chronométriques, des hor-loges, montres, etc , de ces ingénieuses machines danslesquelles le travail moteur n’a d’autres fonctions quede surmonter les résistances intérieures, mais de ma-nière h obtenir la plus grande régularité, cette exécu-tion, disons-nous, est parvenue à ait* haut degré deperfection avant les derniers progrès de la mécaniquemoderne. On est étonné, en étudiant les timides essaisde machines opératrices qui remontent à un siècle, devoir combien leur construction et leurs combinaisonsétaient arriérées relativement à celles des produits dol’horlogerie, comme aussi il est facile de reconnaîtrecombien les ateliers modernes ont utilisé, en lesagrandissant, la plupart des perfectionnements appor-