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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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HORLOGERIE.

HORLOGERIE

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qu’une tension d’élasticité, sans qu’aucune cause doiveengendrer des frottements.

Hoquette. —Puisque c’est la longueur du spiral qui dé-termine l’isochronisme, condition essentielle de sa per-fection, il faut pouvoir faire varier très-lentement cettelongueur pour régler l’appareil. Nous donnons ici lareprésentation de la raquette, qui permet de faire variertrès-simplement la longueur exacte du spiral(fig. 3570). Elle se compose d’une petitepièce qui peut tourner à frottement douxautour du centre du balancier, quand onpousse la pointe A. En B sont placées deuxgoupilles très-rapprochées, qui serrent lespiral près de son extrémité fixeM. La par -tie comprise entre B et M ne vibre donc pas.

Le spiral sera donc allongé ou diminué enraison du mouvement de la raquette, etamené ainsi à la longueur convenable.

Les mouvements en ligne droite n’altèrent pas lamarche des ressorts spiraux ; mais il n’en est pas de memedes mouvements circulaires qui ont lieu dans le plan dubalancier et qui agissent évidemment en accélérant ouretardant son mouvement propre. C’est pour diminuersurtout cette cause d’erreurs qu'on rend très-grande lavitesse de vibration. Le nombre des vibrations est decinq ou six par deux secondes dans les chronomètres.

oo/O.

Du balancier. — Disons encore quelques mots du ba-lancier, du volant régulateur dont la masse déterminela vitesse du mouvement du spiral.

Nous venons d’observer que la vitesse du balancierétait le grand moyen d’annuler l’influence des causesde perturbation auxquelles une montre peut être sujette.Sa force vive, sa masse multipliée par le carré de savitesse, doit donc toujours être très-grande.

Le moyen par excellence pour obtenir l’invariabilitédu frottement qui est la conditiou de perfection essen-tielle, consiste à faire les pivots du balancier très-durs,très-polis, d'un diamètre minimum que comporte la soli-dité et de les faire rouler dans des trous extrêmementdurset parfaitement polis. On satisfait à cette condition enfaisant l’axe du balancier en acier et les trous en pierresdures. Nous verrons quel degré de précision l’on réalisedans les chronomètres surtout; et cependant si les va-riations de résistance altèrent la durée d’une oscillationde àï.JfiTM l’erreur sera de 1 seconde en 24 heures;2 secondes le lendemain et ainsi de suite.

11 est difficile de régler théoriquement les rapportsde la force du spiral et du poids du balancier que l’ondoit imiter de constructions réussies ou déterminer partâtonnement.

Pour analyser ces- rapports, supposons qu’on règleune montre avec deux balanciers, l’un trop léger, l’au-tre trop lourd. Dans le premier cas, le tremblementseul du spiral suffira pour déranger fréquemment lesoscillations, et dans le second cas, la masse énorme dubalancier ayant peu de vitesse, le moindre mouvementdans le jeu du balancier altérera la durée des vibrationspar l’excès de puissance qu’il aura sur le spiral. Nousverrons plus loin la confirmation du principe qu’il vautmieux se rapprocher de la première limite que de laseconde, d’un balancier trop léger que d’un trop lourd,chercher le point qui correspond au maximum de forcevive emmagasinée dans le système régulateur, et quicorrespond évidemment à des arcs fort étendus.

De la suspension du balancier par des cônes. — Lais-sons la parole à A. Bréguet :

Un des plus grands obstacles à la conservation del'isochronisme des oscillations du balancier est le chan-gement dans les frottements de la suspension et parsuite les degrés différents de liberté du régulateur dansson roulement sur ses pivots. On conçoit faciîemert

que, l’isochronisme*absolu étant atteint autant qu'il c&tpossible, malgré l’effet des résistances et des impulsionsde l’échappement et dans les diverses étend jes d’arc,malgré les changements produits par les ter pératures,le frottement des pivots du balancier, si l’une de cc3données change, l’équilibre de ces effets si difficile àobtenir se trouve rompu, et l’isochronisme se perd. Or,les pivots du balancier ne peuvent rouler dans leurstrous, soit en métal, soit en rubis, sans une petite por-tion d’huile qui supprime le contact immédiat des sur-faces et les empêche de s’entre-détruire. Cette précau-tion est inévitable; ruais l’huile s’épaissit à la longueet malgré la réduction du diamètre des pivots qui aureste a des bornes et laisse encore trop de prise àl’épaississement de l’huile.

De fréquentes réflexions sur ce sujet me suggérèrentle moyen de réduire presqu’au dernier point le diamè-tre de la partie en contact des pivots, tout en leurconservant beaucoup plus de force qu’ils n'en ont ordi-nairement.

Ce moyen consiste à donner aux extrémités de l’axeune forme conique, sous un angle donné par l’expé-rience, et à faire rouler la pointe de ces cônes imper-ceptiblement arrondie dans les concavités sphériquesde deux rubis, qui les reçoivent. Ces concavités sphé-riques doivent avoir aussi une dimension donnée, etsont pratiquées au fond d’un cône creux exécuté danschaque rubis, sous un angle beaucoup plus ouvert quecelui des cônes de l'axe.

Pour la précision des effets de l’échappement, on saitque les pivots du régulateur ne doivent avoir- toutjuste dans leurs trous que le jeu latéral nécessaire,pour qu’un peu d’huile s’y introduise, et que le pivotroule néanmoins librement. On donne aussi à l’axe unpeu de jeu en hauteur, pour qu’il ne soit pas gêné parla pression des coquerets, ou des rubis plats sur lesquelsle bout arrondi d’un des pivots s’appuie lorsque le ba-lancier se trouve dans l'une des deux situations hori-zontales. Dans toutes ces dispositions, en un mot, ons’attache à donner aux pivots le plus de liberté pos-sible, sans trop de jeu, et l’on n’eût jamais imaginéqu’ils fussent susceptibles d’éprouver une pressioncontinue, un frottement direct, sans que le balancierperdit, inégalement, une grande partie de son mouve-ment et de sa vitesse, enfin sans faire évanouir toutesles propriétés de l’isochronisme et de l’équilibre généraldes effets par les variations si probables d’un tel frotte-ment. Cependant, l'expérience de notre nouvelle dispo-sition a prouvé le contraire. Il serait impossible, d’a-près ce que nous venons de dire, d’obtenir les effets siprécis de l’échappement, dans les diverses positions, siles pointes des cônes de l’axe pouvaient occuper libre-ment divers points de la concavité sphérique danslaquelle elles roulent. Il a donc fallu les contenir dansle centre par le procédé suivant. Les rubis creusésconiquement sont portés par des ressorts qui pressentsur les pointes de l’axe par une légère tension, régléeen raison du poids du balancier. Cette pression retientles pointes des cônes de Taxe au centre de la concavitépratiquée au fond des cônes de rubis, et il faut quedans toutes les positions du chronomètre l’axe du ré-gulateur ne cesse pas d’être assez pressé et assez éga-lement par les cônes de rubis, pour que son poids nepuisse le faire sortir du centre des concavités sphé-riques, à moins d’une secousse qui, en faisant écarterles ressorts, porterait alors les pointes de l'axe sur lessurfaces coniques des rubis. 11 doit aussi y avoir pource cas des collets de sûreté qui environnent le tigeron ,sans y toucher, afin que, par les secousses, les pointesne puissent sortir du diamètre des cônes de rubis, etque l’action élastique des ressorts les fasse revenir aucentre instantanément. Il doit aussi y avoir, en arrièredes ressorts, des côtoirs avec rappel, qui bornent la