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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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HORLOGERIE.

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HORLOGERIE.

cession des ressorts dans le cas de ces mômes secousses,dans le sens de la longueur de l'axe.

Nous avons éprouvé dans un grand nombre depièces que le balancier pressé dans le sens de sa lon-gueur par des ressorts est aussi libre que dans la sus-pension ordinaire; niais nous avons trouvé qu’il con-servait plus constamment retendue de ses arcs, et que,exempt du ballottage inévitable des pivots ordinaires,par le jeu des trous que l’huile et la liberté nécessitent,il avait une action plus régulière, relativement auxpénétrations de l’échappement dans les diverses posi-tions; que l’étendue de ces points de contact, réduiteainsi à la plus petite expression, laisse beaucoup moinsde prise à l’épaississement de l’huile, et régularise lesfrottements ; mais nous avouons que cette construction,lorsqu’on l’emploie pour la première fois, est difficile,qu’elle demande de grands soins, et qu’il faut plusd’une expérience pour en déterminer les formes et lesdimensions.

De la compensation. — La nécessité qui fait employerdes pendules compensateurs dans les horloges n’existepas moins pour les appareils à ressort moteur que dansles horloges. La difficulté d’effectuer une compensa-tion des effets de la chaleur est toutefois plus grandedans ce cas.

Bcrtlioud s’était proposé d’opérer la compensationpar le spiral, c’est-à-dire d’agir sur lui par un systèmeanalogue à la raquette, en raison de la dilatation d’unelame convenablement située. Ce système qui sacrifiel’isochronisme du spiral n’est pas admissible, et n’ajamais donné des résultats satisfaisants. C’est sur lebalancier qu’on s’est efforcé de pratiquer la compensa-tion, de corriger la variation des amplitudes résultanta la fois de la variation des diamètres du balancier etdu spiral, produite par la chaleur. C’est à quoi l’onest parvenu par l’emploi de lames compensatrices pourle cas où la plus grande précision est nécessaire pourles chronomètres, car pour les montres à l’usage civil,la place manque pour corriger les erreurs par un sem-blable moyen.

Pour bien faire sentir l’effet de la chaleur sur le ba-lancier qui ne parait pas nécessairement devoir être lememe que pour le pendule, nous rapporterons ici uneexpérience que nous trouvons dans les papiers doA. Bréguet.

Un balancier de cuivre portant des spiraux d’égaleforce mis en opposition, sans échappement, a été arméà 180 degrés, successivement à trois températures dif-férentes. On a compté le nombre des vibrations qu’ilfaisait avant que l’axe d’oscillation fût réduit à 60 de-grés. On a eu ainsi les résultats suivants :

A zéro temp. le balancier a perdu 120° d’étendue d’arc

en 78 oscil.

A 10° — — 120° — 80 —

A 30° — — '120* — 811/2

Ainsi la température croissant , le rayon du balan-cier augmentant, sa force vive pour une même ampli-tude angulaire va en grandissant et les pertes d’ampli-tude sont moins rapides.

Lames compensatrices pour chronomètres. — Ce sys-tème est composé de deux lames inégalement dilata-bles, soit que ces lames aient été soudées ensemble, soit(ce qui est défectueux) qu’elles aient été clouées l’unesur l’autre par des rivets très-rapprochés. Supposonsqu’une telle lame soit formée par exemple de zinc et defer, et qu’elle soit droite à la température de 20 degrés,il est évident qu’au-dessus de 2ü degrés elle devra socourber, le zinc étant sur la convexité puisqu’il s’al-longe plus que le fer.

Si on compose la couronne d’un balancier de chro-nomètre d'arcs doubles construits ainsi que nous ve-

nons de le dire, il est clair qu’en même temps quela chaleur allonge les diamètres du balancier, ellefait recourber {fig. 3571) les lames de compensationassemblées aux extré-mités de ces rayons,et que, par suite, lesextrémités II (le ces arcsse rapprochent du cen-tre. On comprend coin •ment cet effet peutcompenser le premieren choisissant des po-sitions convenablesdesmasses a', a’, fixéessymétriquement versles extrémités de cesarcs, et permet d’obte -nir des oscillations iso-chrones malgré les variations de la température, au-tant du moins que peuvent concorder ces effets.

Thermomètre de Bréguet. — L’étude des propriétésdes lames compensatrices a conduit A. Bréguet à con-struire son ingénieux thermomètre, le plus délicat et leplus commode des thermomètres métalliques (fig. 3572),

3572.

11 se compose d’un petit ruban de métal de 1 à 2 mil-limètres de largeur, qui est roulé en spire comme lereprésente la figure. La spire est attachée par son som-met à une pièce de cuivre qui la laisse parfaitementlibre et isolée, et, à son extrémité inférieure, elle porteune aiguille horizontale, très-légère, dont la. pointeparcourt la circonférence du cercle divisé cc’.

Le ruban de l’hélice est compose de trois couchesmétalliques superposées, argent, or et platine : la cou-che d'or qui est au milieu sert à souder les deux au-tres. Ce système, d’abord d’une certaine épaisseur,est réduit au laminoir à n’avoir plus que 1,60 mC demillimètre; la masse du métal étant si minime, l’in-strument peut prendre rapidement l.i température del’air ambiant.

Par l’inégale dilatation du platine et de l’argent, laspire se tord ou se détord, quand la température s’élèveou s’abaisse, et l’aiguille se meut pour obéir à ces mou-vements. On gradue cet instrument en comparant samarche à celle d’un thermomètreàmercure très-sensible,sans qu’on puisse jamais obtenir des marches propor-tionnelles. Mais laissons la parole à l’inventeur pourtraiter la question des lames compensatrices.

Les effets de ces thermomètres ne sont pas sembla-bles entre eux, ni proportionnels à celui du thermo-mètre à mercure. Ils ne paraissent pas libres dans leuraction. 11 est probable que la principale cause de cettedifré rence de progression est causée par la résistanceélastique qu’éprouvent continuellementleslames collées