Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
296
JPEG-Download
 

296

HORLOGERIE.

HORLOGERIE.

ensemble qui ne produisent de mouvement dans les va-riations do température que par leur différence de ten-sion, qui augmente d'autant plus que la températuredevient plus froide; et, en conséquence, il en résulteplus d’effort de la part des lames l’une sur l’autre, etplus d’action absorbée par l’élasticité, ce qui altère d’au-tant la progression naturelle qui existerait s’il n’y avaitni frottement, ni élasticité à vaincre dans l’action deslames au moment où la température varie leur lon-gueur.

On s’en rendra compte mieux encore si l’on suit laconstruction de ces lames composées. On prend un mor-ceau de platine d’une ligne et demie de largeur, et d’unquart de ligne d’épaisseur. On y applique avec une sou-dure forte une lame d’or à 24 karats, d’un huitième deligne d’épaisseur, puis on y soude encore fortement uneplaque d’argent fin d’une demi-ligne. On tire ce mor-ceau composé de ces trois métaux jusqu’à ce qu’il soitarrivé à la dimension la plus mince, sans que le métalsoit endommagé ; ce qui permet de l’amener à deligne d’épaisseur, et de la largeur qu’on juge à propos.Il suffit pour cela d’avoir des filières bien faites et dé-croissant lentement.

Les expériences sur ce^ nouveaux thermomètresdémontré que mes craintes sur la fidélité del’effet des balanciers compensateurs n’étaient que tropfondées, étant tous faits sur les mêmes principes, c’est-à-dire de deux ou trois lames de métaux de dilatationdifférente. Ce» lames sont jointes ensemble par de lasoudure, ou fondues l’une sur l'autre, ou goupillées.Elles ne peuvent agir que par un état forcé, et ne peu-vent se fixer que dans un état d’équilibre ; le malheurest que jamais l’équilibre n’est parfait. Le frottementd’adhérence est toujours auxiliaire d’une des lames.C’est un combat des lames toujours en tendance d’ef-forts pour se séparer, d’où résulte à la longue un s. n-timent de séparation et de déchirement, d’autant plusqu’elles ont été plus longtemps fixées plus près de leursextrêmes de froid et de chaud, d’où résulte dans ce casqu’en partant du froid pour arriver à 10 degrés, ou duchaud pour arriver également à cette même tempéra-ture, ces lames ne se fixeront pas au même point. Euarrivant du froid, elles se fixeront à 9 degrés, et à 11 de-grés en arrivant du chaud. Ce qui tourmente d’autantplus l’artiste, qu’après de longs et ennuyeux tâton-nements il ne sait si les variations qu’il observe lors-qu’on applique les lames bi-métalliques aux chrono-mètres tiennent au défaut d’isochronisme, ou à desfrottements, ou aux lames de compensation, auxhuiles, etc. Les procédés pour faire les lames les moinsdéfectueuses sont connus, mais on n’est pas maître dudegré de feu, de l’homogénéité delà matière.

L’effet du balancier compensateur ne peut pas êtreparfait, car sur un très-grand nombre de thermomètresmétalliques il nous a été impossible de faire dans nosexpériences que la même température, indiquée sur unthermomètre à mercure, ramenât constamment le py-romètre sur la même division, et cela se comprend assezd’après une observation de M. Arago, qui nous dit avoirremarqué, dans des barres métalliques dont il cherchaità mesurer la dilatation, qu’il fallait frapper légèrementla barre pour lui faire prendre la longueur quelle devaitavoir. Autrement elle a une espèce de paresse à opérerson changement de dimension, tant dans un sens quedans l’autre. Aussi notre pyromètre marchait-il quel-quefois par saccades de 4 à o degrés.

Exécution des balanciers compensateurs. —Expliquonsle tour de main à l’aide duquel on exécute aujourd’huiles balanciers compensateurs.

Lorsque l’on veut exécuter un balancier compensa-teur, on prend un disque d’acier fin de deux millimètresenviron plus grand que ne doit être le balancier définitif,

et d’une épaisseur double de celui-ci. On perce un trouau centre de ce disque, on le met sur un arbre, et àl’aide du tour et du burin on creuse une rainure, surune de ses faces, le plus près possible de l’extrémité doson diamètre. Il faut que cette rainure, qui doit êtrefaite carrément, atteigne au moins les trois quarts del’épaisseur totale du disque; puis, lorsqu’il est ainsi dis-posé, on remplit surabondamment la rainure de gre-naille de laiton, on ajoute une quantité suffisante de bo-rax, on pose le tout horizontalement dans le fond d’uncreuset que l’on place sur un feu ardent, et bientôt lachaleur fait fondre le'laiton qui remplit hermétique-ment la rainure aux parois de laquelle il se soude natu-rellement. On remet le disque sur le tour et on diminueau burin son diamètre jusqu’à ce que l’on ait fait dispa-raître l'écorce d’acier restée en dehors et mis à décou-vert le cuivre qui remplit la rainure. Il faut diminueralors l’épaisseur du disque du côté opposé à la rainure,jusqu’à ce que le' cuivre paraisse de ce côté comme ilparaît de l’autre. Cette opération étant terminée, oncreuse au burin, carrément et d’un seul êôté, toute cettepartie du disque qui s’étend depuis le trou central jus-qu’à son rayon extrême, en ne laissant subsister à sacirconférence qu’une épaisseur d’acier équivalente auplus à la moitié de celle de cuivre qui y adhère exté-rieurement. On met ensuite le fond à jour en y réser-vant seulement deux barrettes dont la largeur doit êtreproportionnée à l’étendue et à la pesanteur totale dubalancier. On conserve autour du trou central une ron-delle assez large de diamètre pour pouvoir y fixer l’axeau moyen de deux ou trois petites vis. Lorsque cetteébauche est faite, il faut poser Les masses compensantessur le cercle bi-métallique, comme on le voit dans lafigure ci-jointe. C’est alors que l’on coupe ce cercle àune distance assez rapprochée de chaque barrette. Leslame^ bi-métalliques forment alors doux segments decercle fixes par un bout et libres de l’autre, et chacund’eux se rapproche ou s’éloigne du centre en proportionde la chaleur ou du froid qu’ils éprouvent. Le poids desmasses compensantes est équilibré par les masses ré-glantes qui sont placées à vis sur les petites portions ducercle que l’on voit dans la figure. Les masses compen-santes ne se placent pas indifféremment sur un pointquelconque des segments de cercles bi-métalliques;c’est en éprouvant la marche de la montre par diffé-rentes températures que l’on parvient, souvent aprèsbien des tâtonnements, à trouver définitivement laplace où l’on doit placer ces masses.

Autres systèmes de balanciers compensateurs. — T.acompensation par lames bi-métalliques laisse quelquechose à désirer pour la construction des appareils aux-quels il importe de donner la plus grande précisionpossible, les chronomètres. En elfet, la courbure desarcs bi-métalliques varie suivant une loi bien difficile àsaisir, qui n’est sûrement pas celle qui pourrait fournirune compensation exacte à toute température; ellevarie avec l’état des métaux laminés, leur épaisseurrelative, la force centrifuge qui tend à ouvrir les arcs.A l’aide des masses de position variable dont on garnitleurs extrémités, on parvient à les régler pour deuxtempératures voulues, mais on ne remédie pas aux va-riations qui se passent en dehors ou même en dedansde ccs limites.

Toutefois, avec le peu de place dont on dispose, avecla nécessité de ne pas compliquer, par des pièces juxta-posées , un petit balancier qui doit se mouvoir avecbeaucoup de vitesse et rester toujours bien centré, onn’a encore rien trouvé qui fût préférable aux lames bi-métalliques.

Nous nous contenterons d’indiquer ici, en quelquesmots, les principaux essais tentés en dehors de ceslames.