HORLOGERIE.
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On a essayé de placer sur les rayons du balancier,fait entièrement en laiton , de petites tringles d’unmétal moins dilatable que le laiton, d’acier par exem-ple, qui sont assemblées avec la couronne du balancier,à l'extrémité du diamètre qu’elles forment, et qui, assezlongues, portent à leur extrémité des masses pesantes.Ces niasses, se rapprochant du centre, lors de l’accrois-sement du rayon du balancier par la dilatation , paraî-traient, théoriquement bien construites, pouvoir four-nir toute la régularité du pendule à gril, mais, enpratique, les résultats sont insuffisants. La longueurdu rayon est trop petite, relativement aux différencesde dilatation des métaux que l’on peut employer pourque ce système puisse suffire.
Un second système imité de Pierre Leroy, et procé-dant du compensateur à mercure appliqué aux chrono-mètres, aété tenté plusieurs fois. M. Loscby (deLoudres)amis à l’Exposition universelle de 1851 un balancierdo cette nature pour compléter la compensation obte-nue avec des arcs bi-métalliques. Il forme la massedo compensation avec le réservoir d’un petit thermo-mètre à mercure, dont la tige se dirige vers le centredu balancier en suivant une courbe d’autant moins pro-noncée qu’elle se rapproche plus du centre.
Un allongement d’un millimètre de la colonne demercure aura une influence tout autre s’il se produitdans la partie du tube la plus courbée et qui faitpresque partie du cercle du balancier, ou bien si,comme cela arrive, la température s’élevant, il se pro-duit dans la partie la plus rapprochée du centre. — Cesystème serait bon à cause de la possibilité de fairevarier à volonté les mouvements du mercure par uneproportion et une forme convenable du réservoir et dela tige, si la complication qui en résulte ne faisait naîtred’autres inconvénients, si la difficulté de disposer symé-triquement des appareils identiques autour de l’axe dubalancier n’était très-grande.
§ III. — ÉCIIArrEMENT.
Nous avons vu comment il était possible de réaliserpratiquement l’isochronisme des oscillations d’un régu-lateur qui constitue l’âme de tout appareil chronomé-trique. Tour que cet isochronisme subsiste, une condi-tion indispensable reste à remplir, c’est que le mouve-ment du régulateur ne diminue pas peu à peu ; car parl’effet de la résistance de l’air, des frottements, toutpendule, tout balancier serait bientôt ramené au repos,si des impulsions successives ne venaient lui restituerune force vive égale à celle consommée en chaqueinstant par le travail des résistances. Telle est lafonction principale que remplit le genre d’organe con-stitutif de toute horloge dit échappement qui est chargéde communiquer au régulateur en chaque instant unequantité convenable du travail fourni parle moteur. Leurseconde fonction est de faire naître pour chaque oscilla-tion un élément de chemin ch*culaire, une partie de rota-tion qui rend facile l’enregistrement sur un cadran dunombre des oscillations, par communication entrerouages successifs, et cela en suspendant la productiondu travail moteur, le déroulement du ressortoudu poidsmoteur par exemple, de telle sorte qu’au lieu d’êtreconsommé en un instant, il suffise pendant une longuepériode de temps à surmonter les frottements et résis-tances intérieures de l’appareil à la vitesse normale desorganes.
Satisfaire à ces conditions sans altérer l’isochronismedes oscillations du régulateur, tel est le problème àrésoudre par les échappements. Comme ils consistentessentiellement en un système d’arrêt du mouvementde rotation imprimé par la force motrice, il est faciled’en combiner bien des dispositions, bien des systèmes.C’est une maladie de l’horlogerie moderne que chacuncherche l’échappement parfait capable d’agir sans
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huile, sans frottement, etc. Nous allons voir qu’il y apeu à faire dans cette voie, où tout ce qu’il était pos-sible d’imaginer paraît avoir été fait et où les systèmesadoptés donnent les meilleurs résultats quand l’exécu-tion est convenable, et paraissent se rapprocher beau-coup des limites de la perfection qu’il est possibled’obtenir dans les œuvres qui sortent de la main del’homme.
1° Echappement à recul.
Nous parlerons d’abord de l’échappement imaginéle premier et qui servit longtemps et exclusivementpour tous les appareils servant à la mesure du temps.Cet échappement, dit à palettes, est essentiellement àrecul, condition essentielle du mode d'action du balan-cier régulateur, employé pour modérer le déroulementdu rouage par leur effet d’inertie. Décrivons son moded’action.
Dans Véchappement à palettes '(fig. 3573), le mouve-ment du balancier est communi-qué à son axe placé à angle droitde la roue d’échappement et quiporte des palettes formant entreelles un angle d’environ 90°, ensorte que, lorsque échappe une dentde la roue sur laquelle agit l’unedes palettes, l’autre se présente àune dent diamétralement opposéede la roue, qui l’écarte à son tour,tellement que la roue tournant tou-3573. jours du même côté, le balancier vaet vient sur lui-même, et ses vibra-tions règlent et modèrent la vitesse de la roue.
Cet organe était le seul régulateur des premièreshorloges ; n’agissant que par sa seule inertie, retar-dant le déroulement du rouage en raison de sa masse *il était bien imparfait jusqu’à ce que Huyghens eûtmuni le balancier d'un ressort spiral.
Nous ne parlerons ici que du cas où le balancier estarmé d'un ressort spiral isochrone, et alors, bien quecet échappement soit maintenant abandonné et qu’onlui préféré celui à cylindre, il peut, bien construit,donner de bons résultats. Voici les règles qui doiventêtre suivies pour sa construction, d’après M. Wagner :proportion assurant, pour une montre, un mouvementsuffisant du balancier :
1 ° Ouverture des palettes (angle qu’elles font entreelles), de 100 à 115 degrés ;
2° Longueur des palettes égale à la moitié de l’in-tervalle d’une dent à l’autre ;
3° Inclinaison de la face des dents de la roue parrapport à son axe, 30 à 35 degrés ;
4® Levée totale de 40 degrés, c’est-à-dire que l’es-pace parcouru par T échappement pendant la durée ducontact d’une dent doit comprendre 20 degrés à droiteet à gauche.
Nous n’entrerons pas dans d’autres détails relative-ment à cet échappement aujourd’hui abandonné avecjuste raison. Les ébranlements résultant de chocs nesauraient être le moyen d’action d’un appareil à mesu-rer le temps. Si le mode d’action de cet échappementconvenait assez bien à des constructions imparfaites,grâce à des compensations d’erreurs qui s’y produisaientnaturellement et si son fonctionnement était souvent as-sez satisfaisant sans renouvellement des huiles, les pro-grès de la construction ont rendu bien préférable l’em-ploi des échappements à repos dont nous allons traiteren détail. C’est surtout pour les horloges que ceci estvrai, l’écbappoment à palettes ne pouvant fonctionneravec un pendule décrivant de petits arcs, condition né-cessaire, comme nous l’avons dit, de l’isochronismodu pendule.
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