300
HORLOGERIE.
HORLOGERIE.
le représente la figure 3579; c’est le balancier qui,agissant sur l’extrémité d’un levier, fait engager et dé ■gager le bec de l’ancre, comme le fuit le pendule dansles systèmes précédemment décrits.
A. Bréguet a employé cette disposition dans beau-coup de ses montres et de ses meilleures, mais en em-ployant une ancre embrassant la roue, les palettes étantplacées sur les deux tangentes, condition essentiellepour arrêter les décompositions de force et ne pas fati-guer les pivots.
3580.
Échappement à chevilles. — Nous parlerons mainte-nant d’un autre genre d’échappement à repos, dont lafigure 3580 peutdonner une idée. Onvoit que le mouve-ment régulier dupendule sert à ar-rêter successive-ment les chevilleséquidistantes fixéessur la face de laroued’échappement.
La seule diffé-rence importante quidistingue cet échap-pement de celuidont nous venonsde parler, c’est quepar la forme desdents de la roue,les becs qui les ar-rêtent se trouventplacés d’un mêmecôté de celle-ci ;cette disposition présente sur les autres l’avantagede ne pas agiter dans leurs trous les pivots de Taxe del’échappement : aussi est-ce le système qui a le plusde durée pour les très-fortes horloges où les chevillespeuvent avoir de fortes dimensions.
La position des becs, le tracé des arcs de repos, desplans inclinés se déterminent comme dans le systèmeprécédent. Les chevilles, d’après leur forme même(elles sont demi-cylindriques), portant une partie duplan incliné, il faut dans la détermination de l’anglesupplémentaire tenir compte du demi-diamètre deschevilles.
Lorsqu’on connaît le diamètre de la roue d’échap-pement et le nombre des chevilles, on a, par celamême, la hauteur des deux becs de l’échappement :car elle doit être égale à l’intervalle laissé entre deuxchevilles, moins l’espace réservé entre eux pour laisserpassage à ces mêmes chevilles, c’est-à-dire leur épais-seur.
Il est clair que le prolongement du fuyant duplus long bras, toujours placé à l’extérieur de laroue, comparé à celui du petit bras, passera à une dis-tance du centre plus grande de la différence de lon-gueur entre les deux bras.
Nous allons voir par ce qui suit que les deux brasbien qu’inégaux, tracés pour produire un même anglede levée, donnent des impulsions parfaitement égales.
De la longueur des bras des échappements. Il importede considérer ce qui résulte de la variation de longueurdes bras des échappements, dimension qu’on fixe sou-vent sans motifs. Pour une même levée l'impulsion estla meme que pour des longueurs quelconques des bras de l'é-chappement, puisque l’arc décrit est le même.
Ce qui varie avec la longueur des bras de l’échappe-ment, ce sont des frottements (fig. 3581).
En effet, pour un même angle de levée, les anglesdes arcs supplémentaires sont sensiblement les mêmes ;or, les arcs sont en proportion des rayèns, et comme la
pression de la roue d’échappement est constante, letravail du frottement croit donc sur les arcs supplé-mentaires proportionnellement à lalongueur des bras. Pour les fuyants,il en est de même, puisque leur lon-gueur est sensiblement proportionnelleà la longueur des bras. Par consé-quent, afin de diminuer les frotte-ments, on doit réduire autant quepossible la longueur des bras deséchappements, sans atteindre toute-fois la limite où l’on rencontreraitd’autres inconvénients, tels que desfuyants trop rapides et avec lesquels lamoindre usure, le moindre agrandis-sement des trous des pivots de l’é-chappement viendrait bientôt altérertrès-sensiblement la durée des oscilla-tions du pendule.
M. Wuilliamy, célèbre horlogeranglais , a construit pour la grandehorloge de Windsor un échappementà chevilles dans lequel les altérationsqui peuvent résulter du contact deschevilles et des becs d’échappementsont habilement évitées.
Sachant que le frottement est indé-pendant de l’étendue des surfaces, il a agrandi les plansinclinés de l’échappement et allongé les chevilles, et deplus, comme le moindre dérangement, la variabilité dedilatation des pièces suffit, dans le mode habituel de con-struction, pour être une cause d’usure, par suite de lamoindre obliquité des surfaces en contact, au lieu dese contenter de garnir les chevilles de rouleaux, commeon le fait quelquefois pour ces grandes constructions,il a articulé les touches tant suivant un axe horizontalque perpendiculairement au plan de cette même touche.Comme elles sont ramenées en place par un ressort, ilen résulte une très-grande douceur dans l’action dechaque cheville pour faire prendre à la touche l’incli-naison qu’elle réclame par un contact parfait.
Échappement à cylindre (fig. 3582). Dans ce système,
3581.
358*. I
le plus employé aujourd’hui pour les montres, laroue jd’échappement est garnie de plans inclinés saillants ù jsa partie supérieure. Le balancier est porté par un Iarbre cylindrique, dont une portion est creusée et Iforme un demi-cylindre creux. La roue, en y en-trant, se trouve arrêtée par suite de la rotation dubalancier, qui amène la partie pleine du demi-cy-lindre vers l’extrémité de la dent qui y est entrée. Leretour du balancier la laisse sortir*, et ainsi à chaqueoscillation, aller et retour, une dent entre et sort avecla régularité qui résulte de la perfection du ressort spi-ral qui entoure l’axe du balancier.