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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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HORLOGERIE,

HORLOGERIE.

dents sont taillées en rochet ou en étoile, mais très-longues et fortement espacées. Cet écartement d’unedent à l’autre est nécessaire, afin que, dans le milieu de-cet espace, on puisse chasser une cheville dans le champde la roue, perpendiculairement à sa surface. Ces che-villes sont implantées sur un cercle concentrique à cetteroue, afin qu’elles se trouvent toujours à la même dis-tance de l’axe du balancier.

L’axe du balancier porte un cylindre, qui est ordi-nairement un rubis, ayant une petite entaille, danslaquelle viennent se loger les pointes des longues dentsen étoile de la roue. Au-dessus de ce rouleau est por-tée par le même axe du balancier une grande levée, quiarrive jusqu’aux chevilles, formées par la roue dechamp qui fait corps avec la roue à étoile. Voicicomment fonctionne cet échappement : il faut d’abordconcevoir que la roue marche dans le sens qu’indiquela flèche. La figure montre la dent, engagée dansl’entaille du rouleau; en même temps, la levée estremontée par la cheville, qui la pousse en arrière etimprime la vibration au balancier armé de son spiral ;la dent sort aussitôt de l’entaile, et vient s’appuyer surle rouleau ; le balancier achève sa vibration, et le spi-ral le ramène ensuite jusqu’à ce que la petite entaillese présente devant cette dent; elle s’y engage. Enmême temps, la levée se présente devant la cheville,et elle pousse le balancier en agissant sur la levée,comme dans le premier cas. L’arc de levée est icide 60 degrés. On voit que cet échappement 1° est àrepos ; 2° que le repos se fait sur le rouleau, du côtégauche ; 3° que le balancier ne reçoit qu’une impulsionpar chaque deux vibrations, ce que les horlogers appel-lent coup perdu.

Au lieu de chevilles rapportées, on emploie aujour-d’hui un mode de construction qui donne bien plus deprécision et de solidité, si elle ne peut être exécutéeavec les outils les plus simples. Une couronne saillantesur le champ de la roue est réservée au tour et celle-ci

3586.

divisée en dents égalemeut espacées avec la machine àrefendre, comme le montre la figure 3586.

3° Échappements libres.

Echappement des chronomètres. — Dans les divers sys-tèmes que nous avons passés en revue, la communica-tion constante qui existe entre le rouage et le régulateurfait toujours participer celui-ci aux variations de laforce motrice , par la variation qui en résulte dansles frottements et les résistances. L’isochronisme desoscillations du régulateur s’en trouve donc altéré,et pourtant c’est sur cet isochronisme que repose sur-tout la précision de la marche de l’appareil. Et si,pour les horloges, l’échappement à repos se trouvebien suffisant avec la régularité d’action des poidsmoteurs et de lourds pendules, il n’en est pas demême pour les appareils à ressort. Il' était donc im-portant de chercher un système d’échappement danslequel le rouage et le régulateur fussent rendus indé-pendants, c’est l’échappement libre.

Çet échappement est à repos, mais ce repos diffèrede celui des échappements précédents en ce que laroue, pendant le repos, ne touche ni ne s’appuie suraucune partie mue par le régulateur. Elle est ar-

rêtée par une pièce distincte de celui-ci, fixée aux par-ties fixes, (le telle sorte que le régulateur achève savibration indépendamment de l’éclmppement.

Voici comment il agit : le balancier, en faisantmouvoir Taxe auquel est fixée une petite saillie quirencontre par-dessous un long ressort très-flexible, faitlever cet arrêt qui suspend le mouvement de la roue ;quand il rencontre le ressort par-dessus, il ne fait quecourber ce ressort, qui est très-fin, afin de s’ouvrir unpassage pour terminer son oscillation.

La roue tourne d’une dent à chaque double vibration,et n’est en rapport avec le balancier que pendant qu’ildécrit un arc peu étendu.

Les fig. 3587 et 3588, qui représentent les positions

de l’échappement pendant le repos et quand le mouve-ment a lieu, font bien voir comment les actions sesuccèdent.

Le ressort doit être très-flexible, puisqu’à chaquedouble vibration la dent D le rencontre deux fois,autrement il arrêterait, d’une manière sensible, lemouvement du balancier, et le spiral doit être fort;aussi se fait-il en spirale cylindrique dans les chrono-mètres. Par la même raison, la dent D doit être peuéloignée du centre B, pour que l’élasticité du ressortagisse sur l’axe par un bras de levier moins long ettende moins à nuire à ses vibrations. Si cependant elleétait trop rapprochée de Taxe B, elle n’éprouverait,dans son mouvement, qu’un trop petit déplacement etne dégagerait pas assez le ressort et la dent R pourproduire sûrement la chute de l’arrêt d. Il faut doncadopter, par expérience, des proportions convenables.

Les deux circonférences A et B doivent se couper unpeu ; on fait le rayon de B moitié environ du rayonde A. Enfin la dent d’arrêt R est placée au point decontact de la tangente menée du centre de rotation dela pièce d’arrêt à la roue A, et le rubis ou talon d’ar-