Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
305
JPEG-Download
 

HORLOGERIE.

HORLOGERIE.

celle qui fait partie du rouage, et la roue d’impulsionse meut sur le même arbre, montée sur un canon etréunie à l’autre par un ressort spiral.

Les palettes de la première, ne portant pas de planincliné, abandonnent l’ancre qui rencontre alors la se-conde, et l’impulsion est communiquée en raison de laroideur du ressort. L’avantage do cet échappement,c’est que l’impulsion est constante, ou du moins n’a pasde plus grande variation que celle de la force du res-sort, variation provenant des changements de tempé-rature, et qui est plus faible que les variations causéespar le frottement du rouage; avec cet inconvénient,cependant, qui n’est pas sans importance, que la roued’impulsion tourne avec plus de frottement, puisqu’ellese meut sur l’arbre de l’autre roue, que si elle tournaitsur des pivots comme d’ordinaire. l)c plus le frotte-ment du repos pour le même pendule est plus grandqu’avec la disposition ordinaire.

Cet accroissement de frottement contre-balance lesavantages de cette disposition au point d’avoir empêchél’adoption (le ce système. Il est absolument nécessairepour un régulateur astronomique que le mécanismeen soit le plus simple possible. — Tel qu’il est mainte-nant, il sera difficilement dépassé.

Montres. — Les observations sur les inconvénientsde compliquer le mécanisme s’appliquent entièrementaux montres et il n’y a pas à songer à y appliquer deremontoir d’égalité. Tout au plus une semblable con-struction est-elle admissible pour les pendules, et nousciterons à ce sujet la disposition suivante appliquée auxpendules de voyage.

Pendules. — Cette disposition est duc à M. Boussardet combinée en vue d’améliorer les pendules de voyage,charmants petits appareils à échappement libi*e dont legoût de la précision assure heureusement le succès. Iltransforme les deux barillets de même puissance quigarnissent ordinairement les mouvements du com-merce en deux barillets de puissanoe très-différente.Ainsi l’un de ces barillets est très-fort; le deuxièmebarillet, au contraire, est réduit aux dimensions du ba-rillet d’une grosse montre et devient le remontoir; ilest placé en porte à faux sur le prolongement de l’axedu premier mobile de la sonnerie, qui est en commu-nication directe avec la denture du gros barillet. Lepetit barillet n’a mission que de mouvoir les aiguilles,tandis que le gros doit, d’une part, actionner la sonne-rie, et, d’autre part, remonter le petit barillet chaquefois que la sonnerie fonctionne. Dans ce mécanisme,la constance des efforts, envisagée par période de douzeheures, est absolue, et l’imiformité et la régularité despressions sont circonscrites dans moins d’un douzièmedu développement d’un ressort, qui donne de bons ré-sultats dans une montre où il se développe des six toursentiers.

Ce résultat d’un remontage limité a été obtenu parun mécanisme très-simple, qui consiste à rendre à vo-lonté l’axe du petit barillet indépendant de la bande ounoix d’arrêtage. Cette noix d’arrêtage porte d’un côtéle rochct de retenue, et de l’autre le petit déclic quiisole le ressort dès qu’on veut lui faire dépasser lepoint déterminé auquel il doit fonctionner; en sorteque, quoi qu’on fasse extérieurement, le ressort dumouvement est toujours tendu au même point et fonc-tionne dans les mêmes limites de développement.

Observations sur les remontoirs. — Tous les systèmesdécrits ci-dessus ne sont pas théoriquement, absolu-ment parlant, des remontoirs parfaits, c’est-à-dire quel’action du moteur principal sur l’échappement et lerégulateur ne disparaît pas complètement, et leur ana-lyse détaillée montrerait que 4e notables variationsde la force motrice s’y font sentir. Cela n’a pas d’im-portance dans la pratique pour les appareils de pré-

C.

30b

cision, puisqu’au contraire, la régularité do forcemotrice qu’il est possible d’obtenir est assez grandepour rendre inutile le remontoir. Malgré cela, théo-riquement parlant, la combinaison d’un remontoir plusparfait est fort curieuse. Nous ne pouvons toutefoisque citer ici les systèmes de remontoir partant de l’é-chappement et surtout ceux de A. Bréguet, et la com-binaison de boules et de fils imaginée par M. Vérité,de Beauvais , qu’on ne peut considérer comme devantfréquemment être appliquée dans la pratique, maisqui est néanmoins fort intéressante en théorie.

§ IV. ROUAGES.

Rouages. — Ayant étudié les moyens de faire agirdes forces motrices constantes à l’origine des mouvements d’horlogerie; ayant déterminé d’autre part lesappareils régulateurs qui ayant un mouvement propre,uniforme, sont propres à assurer l’écoulement régulierde cette force constante, à l’aide des échappements,premier organe du système de mouvements circulaires,nous avons à étudier en détail le mécanisme proprementdit (les horloges, les rouages, les systèmes de roues den-tées qui communiquent le mouvement du point où estappliquée la force motrice à celui où agit le régulateurformant arrêt momentané, et font indiquer par des ai-guilles, sur des cadrans, des nombres de divisions pro-portionnels aux nombres d’oscillations du régulateur,partie du mécanisme qui porte le nom de minuterie.

Cette partie du mécanisme des horloges a reçu degrandes améliorations depuis un siècle, grâce aux tra-vaux des géomètres modernes, de Lahire, Camus, Oli-vier, qui ont créé la théorie des engrenages jusque-làinconnue ou réduite à quelques principes pratiques touta fait insuffisants. On en a donné le résumé à l’articlemécanique géométrique de cet ouvrage. Nous n’a-vons pas à y revenir ici comme il nous faudrait le fairepour un ouvrage où l’on voudrait réunir les théoriesspéciales sur lesquelles repose l’art de l’horlogerie ; lesprincipes scientifiques do cette théorie doivent êtroétudiés avec le plus grand soin parce que non-seule-ment ils permettent la précision absolue, dans les casoù elle doit être appliquée, mais aussi parce que, quandcela n’est pas rigoureusement nécessaire à cause de la.petitesse des organes, ils donnent le moyen de 6’enapprocher par des simplifications techniques convena-blement dirigées.

Du mouvement circulaire. — Remarquons d’abordque les rouages dont nous allons parler, comme les ap-pareils adoptés pour communiquer le travail moteur,appartiennent tous au système tour, sont tous des cy-lindres maintenus dans leur rotation par des coussi-nets dans les grosses roues des horloges, par des pivotsdans les appareils de moindre dimension. Les premièresnotions de mécanique indiquent que ce genre de mou-vement ne cause par les frottements qu’une destructionde travail extrêmement faible, celui-ci étant égal à fPl t/“coefficient de frottement pour les substances en con-tact (réduit avec des huiles à 0,05 pour laiton et acier,de 0,25 à sec), P la pression, l le chemin parcouru. Orce dernier facteur égal au chemin parcouru par le mo-bile, dans un mouvement en ligne droite, est diminuédans une proportion énorme relativement au cheminparcouru par un tour de roue, puisqu’il ne représenteplus quelapetite circonférence du coussiuet, est réduit àr

fP —, si Rw = l, et plus encore pour les pivots. Disons

de suite que les pivots dont le diamètre ne dépassepas deux ou trois dixièmes de millimètre le plus sou-vent doivent être faits de l’acier le plus fin, trempé leplus dur possible et montés sur trous et plaques enrubis. L’huile est amenée par la capillarité entre laplaque et le trou, et l'air n’y peut avoir accès.

39