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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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310 HORLOGERIE.

avoir à construire, horloges avec équation du temps,planétaires, etc.

§ V. DES APPAREILS D’HORLOGERIE AU POINT PEVUE PE LA MÉCANIQUE.

Nous avons cherché, dans les études qui précèdent,à ne pas rester exclusivement, comme on le fait tropsouvent dans les traités d’horlogerie, au point de vuedes formes géométriques des pièces. Sans doute ellesont une importance capitale, mais on 11 e doit jamaisoublier qu’un appareil chronométrique est une ma-chine possédant seulement ce caractère spécial que lesforces enjeu y sont minimes, et que les mouvementsdoivent s’y accomplir avec la plus grande régularité.Le cachet principal de ces petites machines, c’estqu’elles n’ont à produire aucun travail utile extérieur,c’est-à-dire que la puissance motrice n’a qu’à surmon-ter les résistances qui s’opposent au mouvement despièces, comme nous l’avons établi en commençant.Nous insisterons un peu sur ces conditions mécaniques,trop négligées habituellement.

Frottement. — La résistance principale est celle quise produit par les frottements, et ce qui importe le plusà la régularité de la marche, c'est, non, comme on le ditquelquefois à tort, la diminution des frottements, maisbien leur constance. Aussi dans quelques cas importe-t-il de les augmenter, bien loin de les réduire, quandpar ce moyen on peut les rendre invariables.

Le travail consommé par les frottements dont nousparlons peut sc diviser en divers modes d’action descorps en contact dans des circonstances diverses, sa-voir :

L’adhésion ou le frottement au départ, plus grandque le frottement ordinaire, suivant une loi analogueet n’en différant pas sensiblement lorsque les pressionssont minimes, ne se produisant que sur des corps pas-sant du repos au mouvement.

Le frottement entre parties en contact dans un mou-vement régulier, dont l’intensité est proportionnelle àla pression.

Enfin le frottement entre parties qui sc choquent, oùse produisent, par suite, momentanément, des pres-sions relativement considérables en quelques points,pouvant entraîner, dans certains cas, des altérations desurfaces.

Du système de succession des rouages dans un ap-pareil chronométrique qui fait que pour un très-petitmouvement du moteur ou obtient un mouvement con-sidérable du dernier mobile,' il résulte que les intensitésdes frottements directs proportionnelles aux pressions(variant en raison inverse des chemins parcourus dans lerapport de 1 à G00 pour le moins) vont en diminuantrapidement du moteur à l’échappement. Il suit de là :

1 0 Que les adhérences ne sont sensibles que près dumoteur qui seul se ment très-lentement, ce qui prouvequ’il y a avantage à ne pas employer de moteur tropfort, qu’autant que possible on doit préférer un moteurléger parcourant plus de chemin à un moteur troppuissant; dans une montre, par exemple, il vaut mieuxemployer un ressort long très-flexible -qu’un ressortcourt et fort.

Dans l’échappement libre il peut aussi se produireune adhérence pendant l’arrêt. On y obvie en partie parl’emploi pour l’arrêt de rubis très-durs qui diminuentbeaucoup l’adhésion et surtout celle résultant de laviscosité des vieilles huiles dont nous parlerons plusloin, huiles qu’on n’est plus obligé d’employer alors.

2° Les frottements proportionnels aux pressions,dont l’intensité décroît rapidement du premier au der-nier mobile, doivent toujours s’exercer sur des surfacesassez grandes pour que l’usure ne puisse jamais avoirüeu par une action prolongée et répétée. Dans lesgrandes horloges, certaines parties doivent être étu-

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diées à ce point de vue, mais on est en général bienau-dessus de cette limite dans les appareils à ressorts.

Si les pressions vont en se réduisant de proche enproche, les chemins parcourus par les frottements vonten croissant, tant ceux produits au contact des rouescomposant les rouages que ceux des pivots des axesqui portent les roues.

Le travail des frottements des dents des roues estd’autant moindre que le nombre des dents est plusgrand, et de plus il est d’autant plus régulier. Il im-porte donc de bien profiter de la réduction des pres-sions transmises par chaque roue faisant partie durouage, à mesure qu’elle se rapproche du dernier mo-bile pour en faire la denture aussi fine que possible,tout en restant bien au-dessus de la résistance suffi-sante et sans atteindre des épaisseurs telles que l’onpuisse craindre que les contacts ne se fassent pas sui-vant la génératrice cylindrique.

Nul besoin de revenir ici sur les accidents gravesqui peuvent résulter d’une mauvaise division des roues,des arc-boutements, etc., dont nous avons parlé entraitant des rouages. Ce sont des cas d’exécution dé-fectueuse auxquels on ne peut remédier que par unchangement complet.

Pivots. — L’emploi des pivots est le grand moyenqu’emploie l’horlogerie légère pour diminuer les frot-tements, et leur placement une des parties les plus dé-licates de l’exécution de l’horlogerie de précision.

Le frottement est sur un coussinet, comme dans lecas des horloges est 2 r. rPf par tour de roue, et seu-4

lement - k rVf pour un pivot, le rayon du pivot étant

bienmoindrequcceluiducoussinet. De plus, par l’emploide pierres dures pour recevoir le pivot, on diminue lavaleur de f ét par suite le travail du frottement. Tou-jours très-gros relativement au poids des pièces, quandon les compare à ceux employés dans d’autres machi-nes, les pivots employés dans l’horlogerie ne peuventproduire tout au plus que pour les derniers mobiles(pour lesquels on emploie les pierres dures) l'usure dumétal qui a forcé de les abandonner dans beaucoupd’autres cas.

Chocs. — Le principe fondamental est que l’on doitéviter les chocs; ainsi, par exemple, que la pulsion deséchappements libres doit avoir une faible chute ; lenombre de dents, le tracé, l’emploi de ressorts, toutdoit concourir à ce but. Tout choc parvient, par sarépétition, à altérer les surfaces entre lesquelles il scproduit et par suite à changer les conditions d’identitéqui sont celles dont la réalisation assure la perfection' des mécanismes qui servent à la mesure du temps.

Le choc produit à l’échappement, si on ne l’amoindritpar un tracé convenable et en faisant cet organe léger,se propage de proche en proche, fait fléchir les pointsd’appui, c’est-à-dire les dents d’engrenage, les pi-vots, etc.

De l'huile. — En parlant des frottements, nous (levon s traiter de l’huile dont l’emploi fournit le moyenpar excellence de les diminuer et de les régulariser.L’introduction de l'huile entre des surfaces en contactsubstitue au frottement de glissement un roulement surles petites sphères du liquide d’une parfaite régularité.

Ce résultat est bien certain pour les premiers tempsde l’emploi de l'huile ; mais, et c’est ce qui fait le dé-sespoir des horlogers, il se produit à l’air une oxyda-tion qui vient l’altérer et la remplacer par une sub-stance collante qui tend à gêner les mouvements.

Bien qu’on ait essayé plusieurs compositions, lameilleure huile paraît être l’huile d’olive, extraited’olives choisies d’une parfaite maturité. Elle doit êtreconservée plus d’une année avant de s’en servir, et