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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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HORLOGERIE.

HORLOGERIE.

Labiles artistes, en‘admirables appareils de précision,cheminant avec douceur, n’interrompant le silence deslieux où ils sont installés que par le léger bruit insé-parable de la chute de l’échappement et de la prépu-ration de la sonnerie.

Nous donnons ici les dessins (fig. 3598) et le plan(fig. 3599) d'une horloge de M. Wagner neveu, l’éléva-tion prise en arrière; nous retrouverons dans cette con-struction l’application de la majeure partie des perfec-tionnements que nous venons d’énumérer.

Le châssis est un simple carré long, d’une seulepièce de fer fondu, ayant ses parois de champ', et por-tant toutes les roues et les détentes. Les roues sontépaisses et en laiton fondu; les plus grandes portentenviron 30 centimètres de diamètre, quoique cettehorloge soit des plus fortes et comporte des timbresou cloches de cinq à six mille. J.a longueur du pen-dule est celle du pendule à secondes; les pignons dedouze, dix et neuf; enfin, placées en arrière, sontles voues dites de temps, qui ne contribuent qu’à ladurée de la marche. La plupart des grosses horlogesne marchent d'ordinaire que vingt-quatre ou quarante-huit heures, avec l’excédant ordinaire, pour être re-montées chaque jour ou tous les deux jours. Ce n’estpas que l’on ne puisse au besoin les faire marcher pluslongtemps, mais alors elles exigent des sorns plusgrands.

La tringle qui transmet le mouvement aux aiguillesdu cadran ou des cadrans peut se projeter dans toutesles directions au moyen d’engrenages d’angle ; la miseà l’heure de ces aiguilles est accusée par le petit cadranintérieur du haut de l’horloge représenté sur la figure.Le mouvement étant groupé séparément des rouagesde sonnerie, chaque partie se démonte à part, en levantles coqs qui tiennent les axes en cage. La sonneriedes heures est à droite, celle des quarts à gauche dumouvement de l'horloge.

Le mécanisme de cette dernière est le meme quecelui de la sonnerie des heures. Il suffit d’employer,pour compléter ainsi l’horloge, deux marteaux à la placed’un, et-de placer une garniture de chevilles de plus surla roue do la sonnerie pour les lever. S’il s’agit de fairesonner les quarts sur deux cloches, on peut construirecette roue parfaitement semblable à la roue de la son-nerie des heures, ayant seulement deux garnitures dechevilles placées sur ses côtés opposé.», de manière àlever les deux marteaux alternativement. Mais s’il y aquatre cloches ou plus, la roue de sonnerie est rendueplus épaisse de manière à former un cylindre de carillon,avec des chevilles en ressortant comme le barilletd’une boite à musique, et ces chevilles lèvent succes-sivement les marteaux, qui sont tous placés sur unmême axe.

La position des marteaux qui frappent sur les clo-ches est controversée : les uns veulent, pour faciliterle départ du rouage de sonnerie, que le marteau, aurepos, pende perpendiculairement au bout de sonlevier, et qu’il présente, à mesure qu’il est soulevé,une résistance progressivement croissante pour ve-nir ainsi en aide au volant à ailettes chargé de mo-dérer le déroulage du rouage qui tend à s’accélérer;d’autres prétendent que la position du marteau au dé-part doit être telle, qu’il perde de sa pesanteur à me-sure qu’il est soulevé pour compenser les inégalitésd'effort que le rouage de sonnerie éprouve quand larésistance augmente et que la puissance diminue parsuite des modifications de rapport entre les pièces desmécanismes agissant comme leviers (fig. 36UÜ); d’au-tres encore veulent que les efforts restent constants,et remplacent les rouleaux par des cames calculées defaçon à maintenir la résistance et la puissance dans unerelation compensée ; c’est ce que préfère le savantM. Dcnison, ce qu'il a fait appliquer dans l'horloge

exécutée par M. Dent, sous ses inspirations, pour lepalais de Westminster .

Observations. — Nous signalerons encore en termi-nant quelques progrès dans la construction des hor-loges de clocher.

Nous avons déjà parlé de la diminution de la partiede l’appareil qui sert à la mesure du temps et par suitede l’accroissement de précision qui en résulte ; et celasans diminuer les proportions des sonneries qu'il s’agit

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surtout, le plus souvent, d’avoir très-fortes, sans l’in-convénient de réactions fâcheuses de ces deux partiesde l’appareil mises en rapport par des roues dentées etdes vis sans fin.

Dans les dernières grosses horloges célèbres, ona adopté l’échappement à chevilles perfectionné, soitpour éviter les ruptures possibles, soit surtout pourdiminue! 1 l’usure, par le perfectionnement dû à M. Vul-îiamy, habile horloger de Londres , de construire lespalettes de l’échappement avec une certaine mobilité,de telle sorte que les chevilles, qui ne peuvent êtretoutes absolument parallèles entre elles, s’appliquentsans produire d’usure sur des pièces qui, toujours enaction, sont les premières usées. L’horloge de Wind-sor, établie d’après ce système, a donné d'admirablesrésultats.

Eclairage du cadran des grosses horloges. — M. Doré,du Havre, a trouvé la solution la plus satisfaisante, jodirais presque la plus merveilleuse de ce problème.Grâce à lui, les navigateurs peuvent, de plusieurs ki-lomètres de distance, voir l’heure que leur indiquel’horloge de la municipalité du Havre, avec ses ai-guilles de feu, sur un cadran à chiffres ardents. Pen-dant le jour cependant, le cadran de cette horlogen’offre d’autre aspect que des aiguilles et des chiffresblancs très-visibles sur un cadran à fond noir.

Ce merveilleux éclairage, qui fait l’étonnement detous ceux qui le f oient pour la première fois, est basésur la propriété qu’ont les corps opaques d’arrêter lalumière à son passage, tandis que les corps transpa-rents se laissent traverser.

M. Doré forme son cadran d’un disque de glacesons tain sur lequel il fixe des chiffres découpés dansdu verre dépoli ou opaque et maintenus en place parline très-légère sertissure métallique. Les aiguilles sontcomposées de même. 11 place derrière son cadran unécran de velours noir; il installe, dans un plan plusbas que le bord inférieur du cadran, entre l’écran et lecadran un puissant éclairage dont .;s rayons lumineuxsont dirigés vers le ciel; les aLuilles et les chiffres,arrêtant seuls la lumière à son passage, s’illuminent,le cadran transparent se laisse traverser, et, ne faisantvoir que l’écran noir, placé derrière lui, reste complè-tement obscur. Disons pourtant, et pour la faire mieuxcomprendre, que cette très-ingénieuse manière d’éclai-rer un cadran n’est praticable que pour des localités où. le cadran ne doit être consulté d’aucuns points ciilini-