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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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INCRUSTATIONS .

INCRUSTATIONS .

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Moyens chimiques. — Comjiositions dèsincrus-tantes. — Tes moyens chimiques, qui sussent avecles eaux douces pour éviter l'adhérence des dépôtsde carbonate de chaux, n’ont pas réussi à la nier;ceux qui paraissent avoir eu quelques succès par-tiels, le sel de soude et le tan, par exemple, devien-nent trop coûteux par la grande quantité qu’il est né-cessaire d’employer à la mer, et que'double encorel’extraction considérable de la pompe'de désaturation.

On peut établir qu’une condition essentielle d’unematière anti-incrustantc est d’être insoluble, de sedéposer sur les surfaces métalliques, de manière à setrouver en position d’agir aussitôt que l’incrustationcommence. C’est le résultat de ce que nous avons établici-dessus.

D’un autre côté, on peut établir que les seuls pro -cédés qui aient donné des résultats de quelque impor-tance à la mer sont les deux suivants :

Le premier est le graissage du fond de la chaudière.Tant que la moindre parcelle de graisse persiste, aucundépôt terreux ne peut le recouvrir sans que, par suitede l’accroissement de température qui en résulte pourla paroi métallique qui cesse d’être en contact avecl’eau, cette graisse ne se décompose, brise et pénètrela matière incrustante qui cesse d’être adhérente.Malheureusement il est bien évident que l'effet dugraissage de la chaudière, effectué à la main lors dudépart, ne peut durer que quelques jours.

Le second moyen consiste dans l’emploi de l’argile,qui a la propriété de rendre les matières déposéesboueuses, et ect effet est assez prononcé pour qu’uninstant on ait annoncé que l’argile allait remédier iltous les défauts des incrustations. Malheureusement ila été bientôt reconnu que l'argile entraînait des incon-vénients graves qui devaient la faire rejeter complète-ment, ou pour le moins (et c’était l’avis du plus petitnombre ) en restreindre l’application à l'emploi dequantités insuilLantes pour combattre efficacement lesincrustations. L’argile, rendant l’eau visqueuse, estentraînée avec elle dans les tiroirs et dans les cylindreset est bientôt une cause de destruction.

Toutefois, il nous semble que les résultats ci-dessusmettent sur la voie d’une solution complète, et c’estpour cela que nous sommes revenus sur ces procédés.Leur réussite partielle parait indiquer Remploi d'unsavon alumineux, formé de corps gras et d'alumine engelée, pouvant (sauf quelques difficultés de répartitionégale dans la masse, dans les moyens d'assurer unedensité convenable, par mélange, ce qui demande quel-ques expériences) faire disparaître les incrustations ,tant par l’action de la graisse qui lubrifierait les facesde la chaudière, que par celle de l'alumine, qui donneà l’argile ses propriétés anticristallines, grasses,boueuses. Il y a là une magnifique question à résoudre,du plus liant intérêt pour la navigation à vapeur.

Surchauffe de l'eau -— M. Cousté, ayant remarqué quele sulfate de chaux, qui formait exclusivement la base desincrustations, était entièrement insoluble à 150°, a pro-posé de chauffer l’eau à cette température (sans la lais-serse vaporiser), puis de la filtreravant delà faire puiserpar la pompe alimentaire. La disposition qu’il a propo-sée, à cet effet, nous paraît d’une application pratiqueassez difficile, et le nettoyage du surchauffeur presqueaussi compliqué que celui de la chaudière ; mais l'idéen’en est pas moins parfaitement logique, et il n’y apas théoriquement de perte de chaleur à échauffer l’eauqui doit être vaporisée ensuite. On peut donc espérerque cette idée portera ses fruits.

C’est par un effet de cette nature que peuvent s’ex-pliquer les curieux effets de la chaudière à dia-phragmes de M. Eoutigny d’Evreux , qui fournit peut-être le moyen pratique cherché par M. Cousté. L’eau,tombant sur les premier? diaphragmes, pavait chauffée

assez brusquement à l’état d’eau, sans se vaporiser,pour que toutes les matières incrustantes se déposentsur ceux-ci. et que par suite leur facile changementeffectue le nettoyage-de la chaudière.

11 est constaté aujourd’hui que le premier effet deRéchauffement de l’eau est de faire déposer d’afiord lescarbonates, tenus en dissolution dans l'eau j nr l’acidecarbonique qui sc dégage, puis les sulfates, si on atteintdes températures plus élevées. C’est ce que Ton con-state facilement, pur exemple, dans les tubes réchauf-feurs des chaudière^ Earcut. 11 semble, d'après cela,qu’en prenant pour l’eau d’alimentation partie de celledu condenseur, puis la réchauffant par un jet de va-peur vers 80 degrés, après y avoir ajouté une pot i toquantité de chlorure de barium, produit aujourd'hui àbon marché, enfin en faisant traverser à l’eau un filtreconvenable avant de la faire arriver à la pompe ali-mentaire, on approcherait bien près de la solution com-plète de l’important problème de supprimer les incrus-tations à la mer.

Condenseur de flaal. — Un système fort séduisant etauquel on n’a renoncé qu’après Ravoir appliqué à plu-sieurs reprises et sur une grande échelle, consiste àcondenser la vapeur d’eau, non plus par le contactdirect de l’eau de condensation, mais par son actionindirecte, par l’intermédiaire de surfaces métalliquesrefroidies par cette eau. Le produit de la condensation,c'est-à-dire de l’eau distillée, retournarit dans la chau-dière pour l’alimenter, toute la question des incrusta-tions eût été résolue, toutes les difficultés qui peuventrésulter de Remploi de l’eau de mer eussent été levées,puisque c'eût été une même quantité d’eau distillée,successivement vaporisée et condensée, qui eût effectuéle travail dans la machine.

Ifaal disposait son condenseur sous forme de longstubes enroulés (de plusieurs milles de longueur pourde puissantes machines), recevant la vapeur à con-denser à l’intérieur et plongés dans l’eau enlevée àmesure de Réchauffement par la partie supérieure. Ilpensait avoir reconnu qu’une surface condensante de•1 m .(j8 était suffisante par force de cheval. Un laborieuxinventeur, M. Sauvage, a récemment établi un con-denseur de ce genre, dans lequel une surface de 0 m .50était suffisante par force de cheval, en faisant marcherl’eau condensante en sens inverse de la vapeur ren-fermée dans un tube placé à l’intérieur du tube quicontenait l’eau.

11 n’y aurait rien à désirer de mieux que ce système,s’il fonctionnait toujours, après quelque temps de ser-vice, comme lors de la mise en tram. Malheureusementles dépôts que l’eau de mer fait sur les tuyaux, et aussila graisse qui tapisse leur intérieur et qui provient dela vaporisation de celle qui a servi à lubrifier les or-ganes de la machine, font que le contact entre lavapeur et Reau n’est plus seulement gêné par un pas-sage à travers des corps métalliques bons conducteursde la chaleur, mais encore à travers des substances qui3a conduisent fort mal et qui s’opposent à une rapidecondensation.

En pratique, le système de Haal, fort bien accueillipar l’amirauté anglaise, a été abandonné après biendes essais, et les appareils de condensation à surfacesupprimés. Nous avons proposé de les adopter partiel-lement (voir bateau a vapeur), c’est-à-dire de modi-fier les dispositions, de manière à pouvoir nettoyer lessurfaces de condensation, en faisant passer Reau dansdes tubes verticaux analogues aux tubes à fumée deslocomotives dans lesquels on peut faire passer un écou-villon. L’expérience n’a pas encore prononcé sur ccsys-tème, qui ne paraît applicable que sur une échelle res-treinte, à cause de Rembarras et de la difficulté dunettoyage.

1 Refroidissement de Veau de condensation, — M. Cousté