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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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INDUCTION.

INDUCTION.

soubresauts, comme cela a toujours lieu dans les indi-cations de mouvements de cette nature; la force d'at-traction magnétique ne pouvant agir pour mouvoirl’aiguille que sous une certaine obliquité, après avoirappliqué l'aiguille sur le tableau, et l’inertie du corpsen mouvement lui faisant dépasser quelque peu lepoint correspondant à la plus petite distance. Il n’enrésulte, au reste, aucun inconvénient dans la pratique.

INDUCTION (courants i>’). Les courants électri-ques dits d'induction jouissent de propriétés remar-quables, faciles à constater à l'aide d’un ingénieux ap-pareil construit par M. Ruhmkorff, qui permet de lesproduire facilement. Nous en donnons ici la descriptiond’après M. E. Becquerel.

On sait (pic, lorsqu’on aimante un barreau de ferdoux, il se manifeste, dans un 1U conducteur enrouléautour de lui, un courant induit instantané et dirigé ensens inverse des courants que l'on suppose devoir cir-culer dans l’aimant d’après la théorie d’Ampère ; lorsde la désaimantation de ce barreau, il se produit dansle même fil un courant induit, également instantané,mais en sens inverse du précédent, c'est-à-dire dans lemême sens que ceux que la théorie indique comme par-courant le 1èr aimanté, et que nous nommerons cou-rant direct. Si, maintenant, l'on provoque une succes-sion rapide d’aimantations et de désaimantations dansle fer, par un moyen quelconque, il se produira simul-tanément, dans le fil conducteur voisin, des courantsinduits dans les deux sens; mais l’expérience a prouvéque l’état électrique du circuit, au lieu d'être nul, estsemblable à celui qui serait donné par une successionde courants directs, c’est à-dire produits lors des diffé-rentes désaimantations du barreau de fer doux. Lescourants induits directs sont donc prédominants et parleur excès de tension masquent l'effet des courants in-verses que donnent les diverses aimantations.

MM. Masson et Bréguet ont observé, les premiers,que les courants d’induction avaient une tension assezgrande ; ils parvinrent ainsi à charger un condensateuret à produire des effets lumineux dans le vide, maisn'obtinrent pas l’étincelle à distance dans l'air. Ce ré-sultat a pu être réalisé par M. KuhmkorfF à l’aide del'appareil d’induction à la construction duquel il a ap-porté toutes les connaissances d’une personne .verséedans l’étude de l’électricité et tous les soins d’un con-fit ructeur habile.

Cet appareil (fig. 3614) consiste en une longue bo-

mantation de la masse centrale en fer doux. Sur cepremier circuit se trouve enroulé un fil de cuivre en-touré de soie, mais d’un très-petit diamètre et dont lalongueur varie entre K et 4 0 kilomètres ; car la longueurdu fil, par la résistance qu’il oppose à la transmission del’électricité, est la première condition pour que celle-ciacquière une grande tension. Ce second fil est, en outre,isolé avec le plus grand soin par un vernis à la gommelaque, et ses extrémités aboutissent à deux colonnesisolantes en verre. Dans l’axe de la bobine se trouve unfaisceau de fils de fer dont la surface oxydée no per-met pas de communication d’un fil à l’autre de manièreà éviter que des courants d’induction circulant autourdo la masse de fer ne diminuent la rapidité de trans-mission des courants induits dans le circuit intérieur.

On voit donc que le principe de l'appareil consiste àfaire passer, à des intervalles très rapprochés, une suc-cession de courants électriques dans le premier circuitou dans le gros fil inducteur; le faisceau central enfer doux, en s'aimantant et se désaimantant, réagira,par induction, sur le circuit de fil fin, et produira unesérie de courants induits donnant lieu aux étincelles etaux effets d’inflammation dont on parlera plus loin.

Tour produire cette succession rapide de courantsdans le fil inducteur, M. Ituhmkorff a employé lesystème d'interrupteur, utilisé par MM. Neef et Dela-rive : il est disposé de façon à être mis en jeu par lecourant électrique qui anime l’appareil. Pour atteindrece but, le faisceau central de fils de fer est terminé parune rondelle de fer doux qui fait saillie hors de la bo-bine et qui est destinée à attirer une petite masse dofer doux toutes les fois que l’aimantation a lieu ; cettepetite masse de fer doux, attachée à un bras de leviertrès-mobile, est terminée, à sa partie inférieure, parune lame en platine qui repose, dans les conditions or-dinaires, sur un morceau do cuivre également couvertde platine. Or comme la masse de fer doux communi-que à une des extrémités du fil inducteur et que le mor-ceau de cuivre touche à l’un des pôles du couple oude la pile qui produit le courant, il en résulte que lecircuit sera fermé toutes les fois que les deux massesmétalliques seront en contact; mais, quand cela auralieu, les fils de fer s’aimanteront, le morceatl de ferdoux sera attiré et le circuit sera rompu; aussitôt lecourant cessant de passer, le fer doux retombera, tou-chera de nouveau le cuivre, d’où résultera un nouveaupassage de l’électricité ; de là nouvelle attraction, non-

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bine en carton mince avec rebords en verre ou en bois,recouverte d’un premier circuit formé par un fil de cui-vre isole gros et court, lequel doit donner passage aucourant électrique inducteur destiné à provoquer l’ai-

velle rupture du circuit, et ainsi de suite. On comprenddès lors qu'il se produira une succession très-rapide dopassages du courant attestée par des étincelles éclatantentre le marteau de fer et le morceau de cuivre; mais