INDUCTION.
comme ces masses métalliques sont recouvertes de pla-tine, il ne se produit pas d’oxyde entre les surfaces decontact, et l'action peut se continuer ainsi pendant plu-sieurs heures.
Quand l’appareil fonctionne de cette manière, onpeut, en faisant usage d’un ou deux couples de Bunsencomme source électrique, avoir un courant induit ca-pable de donner, entre les deux extrémités du fil fin,des étincelles de plusieurs millimètres. Quand la pileest plus puissante, les effets statiques augmentent d'in-tensité. On doit remarquer que l’extrémité du fil parlaquelle l’excès de tension est donné quand on en ap-proche un corps conducteur est celle qui forme les der-niers tours de spire, c’est-à-dire l’extrémité extérieuredu fil fin; l’autre extrémité, ou l’extrémité intérieurene produit aucun effet de ce genre.
M. Ruhmkorff a adapté à son appareil d’inductionun condensateur dont on met les deux faces en rapportavec le& deux extrémités du fil inducteur ; ce conden-sateur, en réagissant sur l’cxtra-courant qui passe dansce fil, ainsi que l’a montré M. Fizeau , augmente lalongueur des étincelles éclatant dans l’air entre lesbouts du fil induit. Cet effet provient d’un excès detension plus considérable de l’électricité induite, quiacquiert alors plus de facilité à vaincre les résistances.Ce condensateur est formé d’une bande de taffetasgommé jde 3 mètres environ de longueur, sur les deuxfaces de laquelle sont fixées des lames d’étain ; le toutest replié et mis dans le support de l’appareil.
Enfin M. Foucault, en montrant le moyen de faireagir simultanément plusieurs appareils, en a accru sin-gulièrement les effets.
Un grand nombre de physiciens ont déjà fait, aumoyen de cet appareil d’induction, des recherches fortintéressantes. C’est ainsi qu’on a pu étudier la lumièreélectrique dans le vide', les apparences lumineuseset les différences des actions calorifiques aux deuxpôles.
L’appareil dont il s’agit n’offre pas seulement un in-térêt purement spéculatif, si l’on considère les servicesqu’il a déjà rendus et ceux qu’il peut rendre à l’art desmines. Les procédés employés jusqu’à ce jour pour en-flammer la poudre dans les mines sont impraticablesdans certains cas, et le plus souvent insuffisants et dan-gereux. L’incandescence d’un fil métallique interposédans un circuit voltaïque avait déjà permis de provo-quer une explosion à distance à un moment donné ;mais quelques imperfections de cette méthode et l’em-barras de la disposition des couples, dont le nombredépend de la longueur du circuit à parcourir, étaienttels, que l’on n’a pas utilisé la puissance calorique del’électricité voltaïque. L’appareil de M. Ruhmkorff 11 ’offre plus les mêmes embarras de manipulation ; aulieu d’une pile de plusieurs éléments, il n’en exigequ’un seul, et encore pourrait-il être remplacé par unemachine magnéto-électrique toujours prête à fonction-ner. Quand on veut opérer, on place, là où l’explosiondoit avoir lieu, une fusée de Stateham; puis le circuitest formé à l’aide de deux fils enduits de gutta-percha,ou même d’un seul fil et de la terre, qui joignentles deux extrémités du fil de l’appareil d’inductionavec les deux fils qui terminent la fusée. Un grandnombre d’essais ont été faits par MM. Ruhmkorff etVerdu, parM. Savart, et l’on a expérimenté successi-vement sur une longueur de fil variable de 400 mètresà 26 kilomètres, et le succès a toujours été complet.M. du Moncel, qui s’est également occupé de ce sujet,a pu, par une ingénieuse disposition, produire simul-tanément l’inflammation de plusieurs fourneaux demines très-considérables faites pour les travaux de larade de Cherbourg . Ainsi à la sécurité et à la facilitéque présente l’emploi de cet appareil pour provoquerl’explosion de la poudre vient se joindre l’avantage de
C.
INJECTEUR. 337
pouvoir opérer simultanément l’inflammation en despoints différents.
INJECTEUR rouit l’alimentation des chau-dières a vapeur. Inventé par M. H. Giffard. —.Cette curieuse invention, déjà passée d’une manièresérieuse dans la pratique industrielle, malgré sa nou-veauté, mérite autant d’intérêt au point de vue théo-rique qu’au point de vue pratique; car, comine nousessayerons de le montrer, il est presque impossible dene pas conclure qu’elle conduit au mouvement per-pétuel, si on n’applique pas convenablement la théoriedynamique de la chaleur que je m’efforce de formulerdans cet ouvrage.
Décrivons d’abord cet appareil et indiquons sonimportance industrielle.
Un appareil simple, économique et sûr, pouvantremplacer les pompes alimentaires et les retours d’eau,fonctionnant seul, une fois réglé, était bien désirablepour la pratique industrielle. C’est le rôle que remplitTinjecteur de M. Giffard.
La vapeur sort de la chaudière par le tuyau AB(fig. 3615) muni d’un robinet d’arrêt ; elle pénètre dans
3615.
—A)
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un second tube C, perpendiculaire au premier, par depetits trous : ce second tuyau est terminé en cône ducôté de la chaudière.
L’extrémité du tube C est conique en dedans eten dehors, et elle peut être rapprochée ou écartée dela pièce H, qui est conique intérieurement, par le jeudu levier L ; celui-ci agit sur une vis à pas rapide, etfait marcher le tuyau C, avec tout son système,
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