INJECTION.
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leur surface, noyée dans la traverse, un commence' iment de décomposition, si la substance injectée a été 1du sulfate de cuivre. Cela se comprend aisément. 11 enrésulte que ces chevilles prennent si fortement racinedans les traverses qu’il n’y a pas d’autre remède quede les briser dans un remaniement de la voie ferrée,quand il s’agit d’un changement de coussinets. Il n’enest pas ainsi pour la créosote ni pour le sulfate debaryte.
Après avoir énuméré la plupart des substances pré*servatrices qui ont été essayées par l’industrie dansl’injection des bois, il convient de jeter un coup d’œilsur les moyens qui servent à opérer l’introduction deces substances dans le tissu ligneux.
Le bois semble être formé d’une suite de cellules àparoi ligueuse, placées l’une au bout de l’autre, de ma-nière à former, du pied de l’arbre à la cime, comme unfaisceau de conduits capillaires. C’est par ces conduitsque la plante distribue la sève des racines jusqu'à l’ex-trémité des feuilles. C’est par ces conduits aussi quel’industrie arrive à introduire ses réactifs dans le corpsdu bois et qu’elle va atteindre l’albumine végétale, soitpour la chasser, soit pour la modifier.
L’albumine, en effet, de concert avec les autres prin-cipes azotés que la séve transporte, est considérée commela cause principale de l’altération que les végétauxéprouvent, aussitôt que, par une cause quelconque, ilsse trouvent soustraits aux conditions de leur existence.C’est par l’albumine que la fermentation se transmetet se développe dans les bois coupés. Elle sert, en ou-tre, d’aliment ou d’engrais aux végétations cryptoga-iniques, d’amorce et de nourriture aux vers et aux in-sectes, qui concourent tous à la destruction anticipéede la plante.
On comprend donc l’importance qu’il y a d’enleverau bois les principes azotés qu’il retient dans les cellulesde son tissu. Les arbres plongés dans le lac de l’Ago-raia démontrent surabondamment cette vérité. C’est ausimple lavage de l’albumine par les eaux pures du lacque ces arbres doivent leur état de conservation.
Mais si la simple soustraction de l’albumine suffîtdéjà pour donner au bois, dans des positions spéciales,une durée indéfinie, il convient, en outre, de préserverle tissu ligneux de nouvelles absorptions, capables del’altérer, en le mettant à l’abri par des préparationschimiques possédant tout à la fois la propriété de trans-former l’albumine qui n’aurait pas été éliminée et cellede résister elles-mêmes à l’action des milieux où lebois doit être employé.
Il était utile de bien caractériser ce double mouve-ment d’endosmose et d’exosmose, d’absorption et d’ex-pulsion auquel on peut soumettre, le tissu ligneux et quia lieu dans le sens de la longueur de la plante, jamaisou rarement du moins d’une couche annulaire à l’autre,pour bien faire comprendre les moyens et les appareilsimaginés pour l’injection.
Le moyen le plus simple qui a du se présenter à l’es-prit pour imbiber le bois d’une substance préservatricea été l’immersion dans un bain de cette substance,comme le prouvent les expériences du baron deChampy,qui fit digérer ses bois dans un bain de suif fondu,maintenu à 130® de température.
La plus grande portion de l’eau engagée dans letissu ligneux fut chassée par la chaleur du bain ; et lespièces soumises à l’expérience purent absorber en suifjusqu’au cinquième de leur poids.
L’immersion a été employée par M. Knab pour in-jecter au sulfate de cuivre, soit à froid, soit à chaud,les traverses déjà débitées des chemins de fer.
Un des appareils dont M. Knab a fait usage mérited’être signalé par son originalité : c’était dans un bas-sin en caoutchouc qu’il disposait son bàin. Cela luipermettait de transporter facilement son chantier d’in -
jection sur tous les points d’une voie ferrée en con-struction et de l’établir là où il y avait des traverses àopérer. 11 lui suffisait, pour changer de place, de plierson bassin et de le charger sur un simple churiot.
D’ailleurs, le caoutchouc avait l’avantage sur lesvases de fer de ne pas introduire le sulfate de fer dansle bois. On sait, comme M. Bréant l’a fait connaître,que ce sel à l’état de protosulfate surtout conserve uneréaction acide, qui par son action prolongée sur le tissuligneux finit par y déterminer des effets de désagrégation.
Aussi, quand on fait usage, comme substance d’in-jection, du sulfate de cuivre, doit-on tenir la dissolu-tion dans des récipients de cuivre même, comme l’onttrès bien compris MM. Logé et Fleury-Pironnet dansleur appareil perfectionné.
Quelques injecteurs, en présence du prix trop élevéde ce métal, se soïit contentés de revêtir de bois la tôlede fer dont ils font usage, afin d’empêcher le contactimmédiat de la dissolution cuivreuse avec le fer. Maisnous doutons que ce moyen soit d’une efficacité irré-prochable, surtout dans le cas d’injection à vase clos etpar pression.
L’injection par pression et à vase clos semble avoirété employée pour la première fois par M. Bréant, dansle but d’obtenir une pénétration plus profonde et plusparfaite du tissu ligneux par les substances préserva-trices.
La pression peut être exercée par la différence deniveau du liquide injectant, ou par l’entremise d’unepompe foulante.
Il est évident que si on ajoute au vase d’injectionun tube plein delà dissolution voulue, la pression qu’onexercera dans l’intérieur de ce vase sera proportion-nelle à la hauteur du tube au-dessus du bain. Mais lesélévations nécessaires pour obtenir une pression supé-rieure à une atmosphère sont trop considérables pourque le système soit, en fait, d’une application facile..Avec la pompe foulante, on peut arriver jusqu’à 10 et12 atmosphères.
M. Bréant ne tarda pas, dans ses expériences, às’apercevoir que lorsque les vaisseaux capillaires dubois étaient engorgés naturellement, ils présentaientune résistance souvent invincible à l’injection ; il pensadonc à leur enlever avant tout les gaz et les liquidesqu’ils pouvaient receler. Pour cela faire, il commençapar opérer le vide au moyen d’une pompe aspirante,dans le vase clos où il enfermait ses bois ; puis le videopéré, il ouvrait le robinet de communication avec lerécipient du liquide injectant. Le vase clos en étaitbientôt rempli. Il fermait alors .cette communicationpour soumettre son appareil à la pression voulue.
C’est par ce moyen qu’il parvint même à faire péné-trer dans le bois l’alliage fusible de Darcct.
Toutefois, les appareils de M. Bréant étaient exécu-tés sur une échelle trop modeste pour être parfaitementindustriels. MM. Rethcl et Payn, en Angleterre, con-struisirent sur de grandes dimensions un cylindre d’in-jection, où le vide s’obtenait par un jet de vapeur qu’onsoumettait ensuite au refroidissement et même à l’ab-sorption d’une pompe aspirante, afin que le résultat enfût plus parfait. Mais ce refroidissement, en contrac-tant les pores du bois, ne nuisait-il pas à l’opération?
Nous ne décrirons pas cet appareil, parce que, ayantété encore perfectionné dans ces derniers tempes enFrance par MM. Legé et Fleury-Pironnet, il est inutileque, décrivant celui de ces derniers inventeurs, nousfassions une description qui se trouve nécessairementcomprise dans l’autre.
L’appareil de MM. Logé et Fleury-Pironnet consistedans un cylindre horizontal de 12 mètres de long sur1 “,60 de diamètre, en cuivre laminé, puisque ces deuxinventeurs emploient le sulfate de cuivre comme li-quide injectant.