Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
347
JPEG-Download
 

INJECTION.

INJECTION.

347

Après avoir décrit les deux moyens d'injection quisemblent prédominer aujourd’hui, il nous reste à direquelques mots sur les systèmes mixtes, dont on a tropipéconnu l'importance, selon nous.

Nous avons vu, par l’expérience du baron Cliampy,que la pénétration de l’huile dans le bois avait été pro-fonde par simple immersion.

Il est évident que la pénétration plus ou moins faciledu bois dépend non-seulement de la nature de sontissu ligueux, mais encore des qualités du liquide in-jectant : ainsi l’infiltration du sulfate de fer est plusrapide que celle du sulfate de cuivre ; les acides s'in-jectent plus aisément que les sels; la soude et la po-tasse sont facilement absorbées.

Si donc le procédé d’infiltration, d’une part, et celuid’injection par la pression à vase clos, de l’autre, peu-vent être nécessaires pour certaines substances et pourcertaines qualités de bois, il n’en est pas de même pourd’autres, pour lesquelles on peut employer d’autresmoyens.

D’ailleurs on arrive très-bien à injecter au sulfatede cuivre le hêtre, par exemple, si, en plaçant les piècesdebout dans le bain et la tête dehors, on ajoute l’ac-tion de la chaleur à la pression du liquide, qui, à partmême le secours de l’absorption capillaire du tissuligneux, tend à prendre son niveau dans les conduitsverticaux des sujets soumis à l’expérience.

Quelques personnes ont ajouté £ l’injection par infil-tration le vide à l’extrémité opposée à celle par laquellele liquide est introduit dans une plante, que ce videfût fait à l’abri d’une ligature imperméable et bienétanche, au moyen d’une pompe aspirante, ou plussimplement par la combustion de matières légères etflambantes en vase clos. Pendant la combustion, onlaisse ouvert un robinet, que l’on ferme dès que l’air durécipient est raréfié.

Mais ce dernier procédé, excellent d’ailleurs, exigequ’on opère sur chaque pièce séparément, et demande,par conséquent, un grand nombre d’appareils simulta-nés, et beaucoup de bras ou beaucoup de temps.

Pour opérer l’injection des bois par double décom-position, dont nous avons exposé les avantages au dé-but de cet article, il n’est pas de système préférable àcelui de. l’immersion mixte, pratiquée d’après les règlesque nous allons indiquer, et qui constitue avec lessubstances qu’on y emploie un procédé tout nouveau,*proposé par nous.

On a une première cuve en tôle, plaquée de plombà l’intérieur, pour recevoir un bain contenant 1 pour100 d’acide sulfurique, auquel on ajoute 1/2 pour 100d’un agent variable suivant les qualités spéciales quel’on veut donner au bois, et pris dans la série des sul-fates et des aluns.

Cette cuve est munie à sa partie inférieure d’unfourneau, accompagné de sa cheminée verticale commeune locomotive. Le tout, d’ailleurs, peut être monté surdes roues et former chariot.

Une autre cuve de même modèle, maisdesimple tôle,est destinée à recevoir un bain de chlorure de barium.

La grandeur de ces appareils est variable. Toute-fois, on peut en fixer la hauteur intérieure à la lon-gueur d’une traverse, 2 m ,60; la largeur, à 1 m ,60, et lalongueur, à 5,30.

On place les traverses à injecter debout, dans despaniers quadrangulaires en fort treillis de fer, et quisont faits de manière à s’adapter au vide de la cuve.La hauteur de ces paniers est égale à celle de la caisse ;ils sont larges à peu près comme elle, 1 œ ,üo, et pourl’autre dimension ils ont 1 m ,25.

On les enlève au moyen d'un truck suspendu pourles plonger, l’un à la suite de l’autre, dans le baind acide sulfurique, dont le niveau, d’abord peu élevé,se déplacé par suite de cette immersion. Des barres

d’arrêt, mises transversalement dans l’intérieur de lacuve, à 10 centimètres environ au-dessus du fond,empêchent les paniers de descendre plus bas.

Le bain est déjà chaud au moment de l’immersion.On peut ensuite pousser la température jusqu’à 100“.

On maintient d’ailleurs la hauteur du bain dans lacuve jusqu’au bord, en y faisant arriver la dose conve-nable de nouvelle dissolution à mesure que le niveaubaisse par suite de l'absorption du liquide de la partdes traverses.

Il faut peu de temps pour que cette première injec-tion ait lieu. Aussitôt qu’on reconnaît sur les têtes destraverses qui surmontent le bain que le liquide injec-tant y est parvenu, on retire les paniers, nous allionsdire les quatre paniers, pour les immerger dans la se-conde cuve, placée latéralement à côté de la première,et qui contient la dissolution de chlorure de barium.

L’immersion dans cette seconde cuve peut avoir lieude deux manières : avec les pièces luises toujours de-bout, comme dans la première opération, ou avec lespièces couchées et noyées dans le liquide.

Si on place les pièces debout, comme il est impor-tant que la pression du nouveau liquide dans les tubescapillaires du bois ne chasse pas le premier liquide sansréagir sur lui, il faut qu’au moment de l’immersion lebain de chlorure ait son niveau très-bas et à la hauteur,tout au plus, des barre3 transversales. Puis, on ne leremplit que lentement pour le faire monter jusqu’aubord du bassin.

Si on préfère coucher et noyer les traverses dans lebain, on commence par renverser les paniers sur unpont établi à cet effet entre les deux cuves; on les sai-sit ensuite avec les crochets du treuil du truck par desanneaux disposés dans ce but sur les milieux latérauxdes paniers, et l’on descend ensuite ceux-ci dans l«acuve au chlorure de barium, où. on les laisse séjour-ner le temps voulu, en maintenant le bain à une tem-pérature de 60 à 100°.

S’il faut trois heures pour faire la première injectionà l'acide, il en faut bien six pour la seconde au chlorure.

Chaque cuvée, avec les dimensions données ci-des-sus aux récipients, pouvant représenter un mouve-ment de 100 traverses à la fois, nous aurions donc200 traverses d’injectées en douze heures de temps,plus, une nouvelle cuvée en train, qui, dans la succes-sion des opérations, peut être évaluée, pour la véritédes appréciations, à 50 traverses au moins; ce quidonne, en tout, 250 traverses pour douze heures detravail.

D’ailleurs, les divers procédés d’injection en usagepeuvent s’appliquer au système de double décomposi-tion.

On peut infiltrer l’acide sulfurique par le procédéBoucherie, comme on peut se servir, pour l’introduc-tion de cette substance dans le bois, des appareils deMM. Legé et Fleury. Seulement, dans l’un et dansl’autre cas, on doit faire éprouver une modification à laseconde opération de la double décomposition, c’est-à-dire à l’injection du chlorure de barium. On doit secontenter, pour cette dernière, de l’immersion avec ousans pression. Nous avons déjà vu que l’on peut sup-primer à volonté dans l’appareil Legé et Fleury l’opé-ration clu vide, pour obtenir l’injection par immersionavec pression.

Un moyen très-simple pour effectuer la double dé-composition, et qui est emprunté au système d’infiltra-tion, consiste à injecter d’abord l’acide sulfurique parle procédé Boucherie, comme nous venons de le dire,en faisant usage du plateau do fermeture sur l’une desextrémités de la pièce. On laisse couler .par l’autreextrémité le liquide séreux que l’injection cliasae, et,quand l’acide commence à apparaître seul, on couvrecette autre extrémité par un second plateau de ferme*